Shanghai

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samedi 23 juin 2007

La rue de Nankin

Qui n'a jamais entendu la ritournelle "Watch, Bags, DVDs, Massages" n'a jamais véritablement foulé la rue de Nankin à Shanghai.

La partie Est de cette rue qui s'étend de la Place du Peuple jusqu'au Bund accueille son lot de touristes et d'hommes d'affaires pour le plus grand bonheur des colporteurs de la ville rompus à l'exercice de la vente éclair.

Il suffit de passer dans le viseur d'un vendeur à la sauvette pour que celui-ci accoure immédiatement à vos côtés avec la certitude absolue d'avoir identifié le besoin de consommer qui sommeille secrètement en vous :

- Hello my friend, you wanna watch, bags, DVDs. vous récite t'on en vous collant sous les yeux un catalogue aux pages froissées

Bien souvent on est tenté de répondre

- No my friend, comme tu peux le voir, je suis présentement en train de déambuler sur la rue de Nankin

Le vendeur entre alors dans une phase d'analyse. Visiblement, vous n'êtes pas un fêlé du sac à main, ni un fétichiste de la montre-bracelet. Celui-ci reformule alors sa proposition de valeur afin de cerner un peu mieux vos attentes.

- So you wanna massage ?

Généralement, à ce stade avancé de l'acte de vente, il y a toujours un mérou plus dodu que vous pour passer dans la zone radar de votre vendeur. Le travail d'identification de votre besoin s'arrête alors séance tenante. Pas le temps d'écouter votre réponse assurément négative. Le devoir l'appelle ailleurs, à peine le temps de se ressaisir de son filet à papillons et le voilà déjà reparti à la rescousse d'un nouveau-futur-ex-client qui s'ignore encore. La boucle est bouclée.

De toute évidence les vendeurs de la rue de Nankin rencontrent de véritables (insurmontables ?) difficultés pour identifier de vrais prospects prêts à leur confier tout ou partie de leur budget "sac à mains". Finalement, il y a fort à parier que ceux-ci perdent beaucoup de temps avec des clients peu intéressés et peu intéressants.

Aussi, avec Gaetan - l'homme qui murmurait à l'oreille des piverts - nous avons eu l'idée de développer un concept destiné à assister les vendeurs de la rue de Nankin dans leur démarche de prospection. Ce concept novateur - je crois qu'on peut le qualifier ainsi - se matérialise sous forme d'un T-shirt à enfiler à chaque fois que vous entrez dans une zone de turbulences, la rue de Nankin par exemple.


Les montres,
Les DVDs,
Les massages,
Je n'en veux pas !
Merci de votre coopération

Économies d'énergie, efficacité décuplée, bénéfices assurés.


Et ça marche !


Julien,

Ambassadeur de la coopération entre touristes et vendeurs à la sauvette.

lundi 27 mars 2006

Décollage horaire

Lorsque l'on revient en Chine après un séjour en Gaule, la punition est toujours la même. Soit il est difficile de terminer sa journée la tête haute, soit il est difficile de la commencer.

Hier matin, retour de Lutèce, capitale de la Gaule.
Comme tout gémeau ascendant hibou qui se respecte, je n'échappe pas à la règle.
Vlan, panne de sommeil en cours de nuit.
Il est quatre heures du matin, et voilà que je me retrouve en carafe au bord de mon lit.

Je me sens alors investi d'une mission de la plus haute importance.
C'est décidé, je vais aller photographier la Place du Peuple au lever du soleil.

Bien entendu, je n'ai pas d'idée très précise sur l'heure exacte du lever du soleil.
Cependant de mémoire je crois me souvenir que le soleil fait son apparition dans le ciel aux alentours de quatre heures et demie.

Le temps de tomber mes chaussons fourrés et de troquer mon pyjama contre une moumoute d'ours polaire, et me voilà devant les portes de l'ascenseur.
Il est 4 heures 37 minutes, je salue brièvement les gardiens de la résidence en train de piquer un roupillon sur le canapé de l'accueil et m'engouffre dans le froid matinal.

"Je vais punir de la pellicule photo ce matin" me dis-je juste avant de constater "qu'il fait quand même bien nuit".
Une chose est sûre, le soleil ne se lève pas aux alentours de 4 heures 30 minutes, ni même aux alentours de "4 heures passées de 37 minutes".


Je ne me laisse pas démonter et pars en recherche du meilleur spot pour admirer le pestacle.
Mis à part deux policiers désoeuvrés vadrouillant sans conviction sur leurs meules tous gyrophares sortis, je croise assez peu de monde.

Je finis par me poser à côté du musée prêt à prendre en chasse toute forme de lever du soleil.
Pendant trente bonnes minutes, j'attends comme un gland dans le noir le plus complet accoudé à une barrière.
J'ai la sensation que le soleil se paie de ma tête.

5 heures passées de 11 minutes, le ciel commence à prendre des couleurs.
Je change de spot et me rapproche du Jardin du Peuple.
Le gardien m'indique que le parc ouvre à six heures pétantes.

J'attends patiemment.
Dans la semi pénombre je distingue une mamie qui fait une partie de badminton avec elle-même. Original...
A côté, un jeune homme - spadassins aux pieds - s'étire et balance des coups de savate en l'air.


Les minutes passent, le ciel s'éclaircit et je découvre que je ne suis pas seul dehors.
Des régiments de lève tôt se pressent devant les grilles du parc.
A six heures précises, les portes du jardin s'ouvrent enfin et je m'y engouffre aux côtés de mes compagnons shanghaïens également tombés du lit.

Je m'isole afin de prendre quelques photos du paysage et de ne déranger personne.
Un petit papy se pointe tout sourire derrière moi.
Pas de doute, il a envie de papoter.

"Il faut faire de l'exercice" me lance t'il avant d'exécuter une danse endiablée façon oulahop.
"Regarde bien, tout mon corps bouge, y compris mon cou, et ma tête reste immobile".
"Viens donc par ici, je vais te montrer".


En moins de temps qu'il ne faut pour le dire, je me retrouve face à lui en position pour effectuer un premier exercice consistant à se tenir droit les guitares légèrement écartées tout en scrutant l'horizon façon sioux observant des signaux de fumée.
J'essaie d'avoir l'air aussi spirituel que possible.
En retour, il me fait vite comprendre que je me tiens comme une patate.

"Rentre ton bide."
"Baisse moi ces épaules"
"Regarde tout droit bon sang !"

Tandis que le vieil homme se lance dans l'exécution d'une session d'enchaînements dont la technicité me dépasse, je décide de m'écarter discrètement pour me placer en position d'observateur.
Quelques petits coups de savate par ci, quelques manchettes par là, il n'en faut pas moins pour me fasciner.

- "Quel âge me donnes tu ?" me demande t'il à la fin de son exercice

J'essaie généralement d'éviter ce genre de situation. En effet, j'ai le don pour répondre à côté de la plaque par rapport aux attentes de mon interlocuteur.

- "Euh, 60 ans"
- "Plus"
- "61 ?"
- "Beaucoup plus"

L'homme a en réalité quatre-vingts deux printemps et me révèle que si il tient aussi bien la route c'est en grande partie parce qu'il pratique le tai-chi depuis quarante ans.

"A demain alors ?"


samedi 25 février 2006

Doryphore à roulettes

Ces derniers jours, je dois reconnaître que j'ai un peu forcé sur les siestes à l'arrière de la charrette de ma bicyclette.


Fini de rigoler, je reprends la situation en main.
D'ailleurs ça tombe plutôt bien, aujourd'hui même je suis tombé sur un cas à la limite du paranormal.

Cet après midi, dans le hall d'accueil de la résidence je croise une personne - probablement une voisine - accompagnée d'un piaf tout noir et tout fin.
Alors que je m'apprête à les dépasser, un gloussement à la limite du conventionnel attire mon attention.

En effet il me semble avoir entendu l'ornithorynque parler chinois.
Ceci dit, il y a quelques jours j'ai rêvé qu'Amanda parlait français comme une vraie gauloise.

Ornithologue comme pas deux, je m'approche donc du doryphore à sonnettes afin de dissiper le doute.
Il n'en faut pas moins pour que sa propriétaire se lance dans une démonstration aussi troublante que convaincante.

Pour l'occasion j'ai le droit à une présentation complète de l'engin.
Effectivement, il s'avère que sa chouette parle chinois comme un pékinois.


Si l'animal sait dire "Bonjour", "Au revoir", "Merci", il sait également dire des phrases bien plus spirituelles.
J'ai relevé en vrac "Bien bien bien", "Je sais parler", "Maman est partie", "Maman revient", "Bonne année et bonne santé"...

A mon avis il doit être possible de passer une soirée - pas trop longue non plus - sans fondamentalement s'ennuyer en compagnie de ce faucon.

J'en viens à l'élément le plus hallucinant du curriculum vitae du bipède.
Croyez-moi ou non, il a appris à répondre à l'interphone : "Allo, bonjour ! C'est au 302".

D'après sa propriétaire, aujourd'hui l'animal était un peu intimidé...
Lorsqu'on le consulte en privé il semblerait qu'il ait une tchatche de vendeur de tapis.

Best regards,
Julien D.
Maître fauconnier.

dimanche 29 janvier 2006

Guerre civile

Shanghai est un vrai Bronx des familles ce soir.

On m'avait un peu mis au parfum...
J'étais au courant qu'il allait y avoir une petite sauterie pour fêter l'arrivée du Chihuahua, mais j'étais bien loin de m'imaginer pareil dossier.

Une fois n'est pas coutume, je vais vous laisser regarder les vidéos en me taisant.

Elles ont été prises vers minuit, et je trouve qu'elles retranscrivent assez fidèlement l'ambiance ahurissante qui régnait dans notre quartier.
Si je peux me permettre un petit conseil, mettez le son bien fort !

Il me reste à vous souhaiter plein de bonnes choses pour cette nouvelle année.
Que le chihuahua soit avec vous !

Ouaf ouaf !









mercredi 25 janvier 2006

Chihuahua

Le nouvel an chinois arrive au grand galop.

Nos compatriotes d'adoption sont gais comme des pinsons en cette période de fin d'année.

Si l'on s'en réfère au calendrier lunaire, aujourd'hui nous sommes le 26 décembre.
De quelle année je ne sais pas exactement... mais j'ai l'impression que ce n'est pas très important.

Quoiqu'il en soit, d'ici quelques jours l'année du coq prendra fin pour laisser place à l'année du chihuahua.



L'effervescence est palpable.

Que ce soit à la banque ou dans le hall de la résidence, au salon de massage, tout le monde est très prévenant et prend soin de me demander si je rentre au bled pour fêter ça en famille.
Je n'ose pas trop leur répondre qu'en France le nouvel an chinois est au moins aussi célébré que la Saint Morêt.

Une chose est sûre, ça trippe à fond les melons du côté chinois.
Nos voisins qui habituellement sont de tempérament plutôt citadin se prennent pour des paysans du Hunan à l'approche des fêtes.
Canards et chaussettes font bon ménage côte à côte sur le fil à linge.


samedi 12 novembre 2005

Visite à la banque


Aujourd'hui, petite visite chez l'Ecureuil de Shanghouze.
Ici l'Ecureuil ne s'appelle pas l'Ecureuil, mais 浦东发展银行 et il est même ouvert le dimanche.

Lorsque j'ai commencé à chercher une banque à qui parler et accessoirement où poser mes sioux, Pierre m'a conseillé d'aller faire un tour du côté de la 浦东发展银行, car "c'est la meilleure banque de Shanghouze".
La meilleure ? Nul ne sait pourquoi, mais c'est comme ça.

Ma 浦东发展银行, c'est une banque de grand papa.
Je pense qu'elle est presque aussi moderne que celles que les Daltons braquent dans les albums de Lucky Luke.

Sur le comptoir, pas de Rantanplan, mais un boulier bien en évidence.
Je n'ai encore jamais vu un employé s'en servir, mais ça fait couleur locale.

A côté du boulier il y a la patate de tampons, qui pour le coup servent.
Chaque opération au guichet se solde par une dizaine de coups de tampons, trois signatures et un sourire.

Votre visite se termine obligatoirement par l'évaluation du travail de l'employé de banque qui vous a servi.
On vous présente une imposante calculatrice équipée de trois touches.

Sachant que 满意 (ManYi) veut dire "satisfait", vous devez exprimer votre feeling du moment en pressant l'une de ces touches :
- "ManYi"
- "ManYi bof bof"
- "Pas ManYi du tout, mais alors vraiment pas ManYi &@#!".

Afin de dissuader d'éventuels bandits de faire sauter le coffre, deux gardiens à l'allure débonnaire surveillent les entrées et sorties des clients.
Leur tâche ne se limite pas à la surveillance des lieux.
Ils prennent également en charge les photocopies de passeports, la gestion des files d'attentes ainsi que l'évaluation du travail des employés lorsque vous partez sans le faire.

Aujourd'hui je me pointe au guichet de la 浦东发展银行 avec la ferme intention de faire changer des sioux.

J'explique donc à l'employée "Moi vouloir changer sioux, moi vouloir R'n'B".
"No problemo monsieur" me répond elle dans la foulée, "Puis-je voir votre passeport ?".
Crotte de bique, je l'ai oublié à la maison.

Heureusement, mon pote le gardien arrive à la rescousse pour lui expliquer quelque chose dans le style "Nom d'une pipe, c'est 朱利安 (朱利安, c'est Zhulian mon nom chinois), il est 16h45 on peut faire une petite entorse au règlement."

Le pouvoir de persuasion de mon pote le gardien étant ce qu'il est, j'ai du finalement retourner chercher mon passeport.
Au moins je suis sûr que si quelqu'un se pointe au comptoir déguisé en Julien, il ne pourra pas me voler mes sioux.

A la 浦东发展银行, on est vigilant avant tout.

mercredi 19 octobre 2005

Siestus maximus

L'immeuble en face de chez nous est en plein ravalement de façade façon révision des 5000.
Echaffaudages en bambou accrochés avec des bouts de ficelle, ouvriers avec des chapeaux chinois, ... Un peu plus et on se croirait en Chine voire à Shanghouze.

Saurez-vous trouver les cinq ouvriers qui se sont discrètement échappés du chantier pour piquer un petit roupillon ?
Je vous livre juste un indice, ne perdez pas votre temps à chercher des ouvriers assoupis en mode "position de la crotte".


La réponse est dans les commentaires.
L'image originale en grand format ici.

mardi 20 septembre 2005

Zhejiang Lu



Il faut que je vous parle d'une bizarrerie de la nature qui sévit dans notre quartier : la Zhejiang Lu (浙江路).
La Zhejiang Lu est une petite rue qui passe juste à côté de notre demeure.

Zhejiang Lu veut dire "rue de la province du Zhejiang".
Cette rue, hormis le fait d'être équipée de trottoirs des deux côtés, possède une propriété physique remarquable.
Elle est climatisée sur une centaine de mètres.

D'ailleurs nous ne l'appelons que très rarement "Zhejiang Lu".
Nous préférons le nom "La rue climatisée".
Vous pouvez demander à n'importe quel chauffeur de taxi de vous conduire à "la rue climatisée", il comprendra (ou pas).

Des questions ?
Non, la Zhejiang Lu n'est pas le nouveau triangle en bermuda chinois.
Il se trouve que les centres commerciaux qui jonchent cette rue fonctionnent en mode portes ouvertes toute la journée.
Ainsi, l'air frais produit par les climatiseurs à l'intérieur des magasins se fait la malle vers l'extérieur.
Comme dirait Lorie, "C'est la Zhejiang Lu attitude".

Nous n'avons pas encore passé notre premier hiver à Shanghouze.
Cependant il me semblerait logique que cette rue soit chauffée lorsqu'il fait froid.
Je plane déjà à imaginer les passants déambuler en slope dans la Zhejiang Lu en plein mois de janvier alors que dans les rues à côté ça turbine en terme de marrons chauds, moufles et compagnie.

Si vous cherchez un endroit où il fait bon vivre à Shanghai en toute saison, je vous recommande la Zhejiang Lu sans hésitation.
L'hiver c'est Brazil, tutus roses, ma que calor et huile au monoï, alors que l'été c'est l'Alaska, distribution d'eskimos, et lâcher d'ours polaires.

jeudi 15 septembre 2005

Kaiser



Lui c'est mon pote Kaiser.
Il vient du grand Ouest de la Chine, le Xinjiang.
Il appartient à la minorité ouïgoure.

A en croire la Wikipédia, la République Populaire de Chine identifie officiellement 56 groupes ethniques différents.
Les ouïgours sont l'un d'entre eux.
Ceux-ci parlent le chinois ainsi qu'un mélange de turc et de mongol. Ils ont la particularité de ne pas ressembler physiquement aux chinois "Han" représentant 92% de la population, soit 1,1 milliards d'individus.

Revenons à notre ouïgour.
Musique orientale à fond les melons, armé de son éventail pour entretenir la braise, il fait cuire des brochettes de moutons en bas de chez nous.
Il fait partie des têtes connues dans le quartier.

Un soir, alors que je m'apprétais à descendre pour lui acheter le traditionnel combo "Bouquet de 10 brochettes + 1 galette de pain à emporter", j'ai pensé à prendre mon guide touristique favori, le Lovely Satellite.
Je me suis dit qu'il était temps de briser la glace avec cette figure de proue du quartier et de passer la seconde avec lui.
J'ai sorti mon guide et le ouïgour, pas farouche pour un sou s'est volontiers prêté au jeu.
Je lui ai demandé d'où il venait exactement : Yining (伊宁) au bord de la rivière Yili (伊犁河)
Coup de bol, ce petit village de 216.000 habitants coincé entre le Kazakhstan et la Russie, figurait dans le guide.
Je lui ai montré la carte de sa ville et en lui énumérant la liste des auberges et hôtels du coin.
"Ah cette auberge, elle est juste derrière chez moi ! Celle là est vraiment nulle, les carpettes sont cradopoulos !".
De trip en aiguille la communauté ouïgoure du quartier s'est attroupée autour de moi, et le guide a fait le tour des mains.



Dans la série résolutions pour la nouvelle année je vais ajouter "apprendre à parler ouïgour" à ma liste.

lundi 12 septembre 2005

Huanpgu Breakdown

Notre quartier se trouve dans ce que l'on appelle le 黄浦区 (Huangpu district).
C'est un endroit agréable à vivre et pour ne rien gacher il est peuplé d'une myriade de lutins plutôt avenants et sympathiques.

J'ai choisi d'ouvrir une rubrique "Vie de quartier" afin de vous faire partager l'ambiance qui règne aux alentours.
Pour l'inaugurer j'ai trouvé un rap de Shanghai - Huangpu breakdown - interprété par un certain 布轧 (Buga) : tiens ça me rappelle quelqu'un...



D'où j'sors d'une ronde Huangpu Breakdown (3x)

Tout part et vient d'ici
Tu contestes ? Prépare ton testament gars
Huangpu fleuron des quartiers shanghayoos
Coincés entre le Bund et la Concession
On est pas les plus à plaindre
À domicile comme à l'extérieur
On sévit sur les criquets comme le Baygon

D'où j'sors d'une ronde Huangpu Breakdown (5x)

Pour l'heure chacun s'occupe
Comme il peut à représenter le quartier, ouais le quartier
Certains font du KalaOK,
Et d'autres sont champions de Kung Fu, ou élèvent des criquets
Tout ça sort de la rue
Hein ? Qui l'eut cru ? Pas eux en tout cas

D'où j'sors d'une ronde Huangpu Breakdown (5x)

La nuit est calme sur l'ensemble de mon front, sauf quand il y a des typhons
Pas de rêve, gars une trêve, dort très peu
Les ouïgours sont sur le qui-vive
On n'est pas à l'abri d'une sale crachat
Beaucoup resquillent dans les queues et ça cause
Autour de schloppes bien tassées que l'on n'peut oublier
Impossible aussi d'oublier les riz sautés
Bons ou mauvais
On en garde un souvenir impérissable
Si un jour j'deviens vieux
Ce dont je doute avec la vie qu'je mène
J'écrirais un bouquin sur ce quartier
Huangpu...

D'où j'sors d'une ronde Huangpu Breakdown (5x)
Huangpu Breakdown