Shanghai

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dimanche 15 avril 2007

Bisons futés


Les gardiens de notre résidence m'ont récemment fait remarquer - à juste titre - que les français se saluaient de façon bien curieuse.

- "Ah vous les français, vous êtes romantiques, vous vous embrassez pour vous saluer" m'a soufflé l'un d'eux hilare alors que je venais de saluer un groupe d'amis devant l'entrée de notre résidence.

Quelques recherches en ligne sur le sujet m'ont mené à la lecture d'un bulletin d'information d'une université chinoise adressé à ses élèves partant étudier en France. Voici ci-dessous une libre traduction de quelques passages qui m'ont particulièrement plu.

"En réalité, s'embrasser fait partie intégrante de la vie des français, c'est une façon de se saluer"

Le décor est posé...

"[...] les femmes saluent les femmes et les hommes saluent les femmes ainsi".

... on rentre ensuite dans les détails...

"[...] le mode opératoire est le suivant : les deux personnes qui se saluent se collent joue contre joue, d'abord du côté droit, puis du côté gauche. Lors du contact entre les deux joues, les lèvres n'effleurent pas les visages, en revanche celles-ci produisent un son de baiser. Le plus fort étant le mieux, cela permet alors d'exprimer la proximité."

... viennent alors les exceptions...

"Les hommes ne se font généralement pas la bise entre eux, ils se serrent la main pour se saluer. [...] Cependant, entre membres d'une même famille ou entre très bons amis, il arrive que les hommes se fassent la bise entre eux."

... puis quelques règles élémentaires à suivre...

"Le nombre de bises a une signification bien précise. Des amis lambda se font généralement deux bises alors que des amis très proches s'en font quatre."

... pour glisser en douceur de la théorie à la pratique...

"[...] si on imagine qu'une petite sauterie comporte en moyenne une vingtaine d'invités, et si l'on compte les deux bises distribuées au début puis les deux bises distribuées à la fin par chacun d'entre eux, cela représente alors en tout pas moins de 80 bises par personne [...]"

... enfin l'analyse se corse légèrement au milieu du dernier paragraphe...

"Mais les français ne s'embrassent pas qu'entre membres de la famille et amis, ils embrassent également leurs animaux domestiques"

Sur ces bonnes paroles, je ne vous embrasse pas, laissez moi plutôt vous envoyer quelques poignées de mains viriles,

Julien

samedi 31 mars 2007

Les étranger's

Au Starducks café à Shanghai, si vous semblez être de confession chinoise, on vous demande votre nom de famille lorsque vous passez en caisse. Le cas échéant, on préfère ne rien vous demander, c'est plus sûr ainsi.

Une fois votre commande réglée, on inscrit votre nom sur un gobelet qui est aussitôt transmis à un maître caféier à qui incombe la tâche de préparer votre arabica en coulisse. Aussi, pas de confusion possible lorsque l'on vous remet votre breuvage caféiné.

"Le caramel frapatto de Mademoiselle Zhang est prêt !" annonce ensuite le serveur pour signaler à Mademoiselle Zhang qu'elle peut venir retirer son café au comptoir.

Moi, je ne colle pas trop au profil, du coup au Starducks jamais personne ne me demande mon nom de famille chinois, et jamais personne ne s'amuse à inscrire mon nom de famille chinois sur mon gobelet. Pourtant j'imagine que je serais plutôt content de répondre que je m'appelle Monsieur Zhu (朱), à ne pas confondre avec Monsieur Zhu (猪).

Personne n'inscrit jamais mon nom sur mon gobelet... mais d'aussi loin que je me souvienne, jamais erreur de routage ne s'est produite. Comme par magie, une fois ma commande passée, il suffit que je me présente au comptoir sans piper mot pour que l'on me remette toujours dans les plus brefs délais mon gobelet... celui que j'ai commandé et pas celui de Mademoiselle Zhang.

Dimanche dernier, je vais prendre un café avec Olivier, et une fois de plus lorsque nous nous présentons à la caisse pour passer commande, on oublie de nous demander nos noms, mais quelques inscriptions sont gribouillées à la hâte sur nos gobelets.


外's - autrement dit "étranger's" - peut on lire sur nos gobelets en carton.

Hum, je crois que je comprends mieux maintenant.

samedi 24 mars 2007

Le morning toast

Une invention épatante a récemment fait son apparition sur les étagères de la boulangerie coréenne de la rue Hubei, le Morning Toast au beurre.


Le Morning Toast au beurre se présente sous la forme d'un classique pain de mie tranché dans un sachet plastique.

Rien d'exceptionnel ? Vous seriez bien naïfs de vous fier à votre première impression, n'allez pas croire que le Morning Toast n'est qu'une queue de chien montée sur une peau de zibeline, 狗尾续貂 comme le dit le proverbe chinois.

Le Morning Toast, c'est bien plus qu'un toast... En tout cas, c'est le message que s'efforce de véhiculer une réclame placée en tête de gondole à l'attention d'éventuels clients sceptiques.

Le Morning Toast répond à la fois aux besoins d'une clientèle pressée mais soucieuse de son alimentation.

"Le Morning Toast au beurre, plus besoin de beurrer la tartine" annonce le titre de la réclame

Un petit cercle rouge à côté duquel sont inscrits les mots "Contient du beurre" invite le futur client à admirer les particules de beurre - invisibles à l'oeil nu - pré intégrées par on ne sait quel procédé au sein même de la structure de la mie du toast.

Vous l'aurez compris, le Morning Toast au beurre est une tartine pré beurrée.

Je vous laisse imaginer le temps gagné le matin, modulo le fait qu'il n'est plus nécessaire de salir un couteau, ni même de racler la plaquette de beurre dure comme du béton.

Pour ma part, 安如泰山 aussi stable que le mont Taishan, je reste de marbre en matière de Morning Toast... enfin j'essaie de le rester.

A quand les Morning Toasts, pré tartinés à base de particules de pâté invisibles à l'oeil nu ?

samedi 3 mars 2007

Prise de bec

Samedi matin, 6h21.


Ce matin j'accompagne Gaetan et son pivert, un huamei 画眉 dont il a fait l'acquisition le mois dernier du côté de la vieille ville. Aujourd'hui, Gaetan a un plan pour aller voir des combats de huameis.

Entre parenthèses, le huamei c'est le genre d'oiseau correctement pénible, façon tamagochi, auquel il faut impérativement donner un bain tous les jours entre onze et quinze heures sous peine de le voir déprimer.

Il est sept heures du matin, nous sommes samedi, et nous voilà tous les trois - Gaetan, son pivert, et moi - à la recherche de la salle où sont censés se dérouler les combats de huameis. Nous de disposons que de très vagues indications, un nom de rue et un indice... les combats ont lieu dans un salon de thé.

Bien entendu une fois sur place, pas de salon de thé.

Il est cependant difficile de ne pas prêter attention au ballet permanent d'hommes accompagnés de leurs piverts convergeant vers un restaurant du Hunan. Futés comme des bisons nous poussons la porte du hunanais qui semble fermé, nous traversons la salle principale et empruntons un escalier au fond de l'établissement.


A l'étage, nous découvrons une salle enfumée dans laquelle siège une cinquantaine d'hommes attablés tel des écoliers. Ils attendent en compagnie de leurs piverts, sérieux comme des pontifes. On ne sait d'ailleurs pas trop ce qu'ils attendent.


Un homme avenant nous fait alors une petite place sur une table au fond de la salle et nous nous retrouvons assis en rang - comme à l'école - aux côtés de trois acolytes, piverts bien alignés devant nous. La fine équipe.

Il va sans dire qu'avec l'épaisse fumée de cigarette qui flotte ainsi que le pépiement incessant des piverts, il règne une atmosphère pour le moins particulière. Pour mieux communier avec le reste de la salle, nous engageons alors à notre tour un processus d'attente. Tic, tac, tic, tac...


On vient assez rapidement nous parler, on s'enquière de la santé du pivert qui nous accompagne, quel âge a t'il ? Il est bien trop jeune et trop frêle pour combattre nous fait on remarquer à droite. A l'arrivée de l'automne il va muer et perdre toutes ses plumes souligne t'on à gauche.

Nous apprenons que les combats de huameis ne sont pas fréquents. Certains jours comme aujourd'hui il n'y en a d'ailleurs pas.


Peu avant huit heures du matin, un homme fait son apparition dans la salle pivert à la main et pyjama de soie sur le corps. Alors qu'il passe devant nous, on nous souffle discrètement que cet homme est un gros cador. Rien que l'année dernière son pivert lui a rapporté près de 350.000 yuans - 35.000 euros - en paris sur ses combats.

Ciel, 老天 !

Ce samedi est un jour béni des dieux, on nous fait une faveur en nous apportant deux oiseaux que l'on fait spécialement combattre devant nous. Le mode opératoire est assez simple, les oiseaux se prennent le bec sans toutefois s'entretuer. Le protocole reste plutôt bon enfant.

Et puis, après deux bonnes heures passées dans l'arrière salle de ce restaurant du Hunan à refaire le monde avec la salle, et sachant que trop de pivert tue le pivert nous jugeons plus raisonnable de prendre la poudre d'escampette.

dimanche 18 février 2007

C'était de la dynamite...

A l'occasion du passage à l'année du Porcinet Doré hier soir, tous les galopins de Shanghai étaient de sortie pour mettre le feu aux poudres aux quatres coins de la ville.

Une chose est sûre, personne n'a perdu la main depuis l'année dernière.



Hum, je crois que le devoir m'appelle.


Que le cochon soit favorable et prospère...
... Excellente année à toutes et à tous !

samedi 17 février 2007

C'est de la dynamite...


Voilà plusieurs semaines que le nouvel an chinois se fait désirer du côté Shanghai.

D'ici quelques heures nous allons dire au revoir à l'année du Chien pour entrer dans l'année du Cochon, et pas n'importe lequel... ce soir nous célébrons l'arrivée du Cochon Doré.

L'année du Porcinet Doré est une année d'autant plus exceptionnelle qu'elle ne pointe le bout de groin que tous les soixante ans. 1 + 1 font 2, le prochain ne reviendra donc qu'en... 2067.

Bien entendu, les canards séchés ont refait leur apparition sur les fils à linges des balcons de nos voisins.

Quelques riverains un peu chauds du briquet ont d'ailleurs d'ores et déjà entamé quelques répétitions avant le grand soir. Depuis quelques jours on peut en effet entendre de nombreux bâtons de dynamite exploser en toute discrétion avant l'heure.

A ce propos, à l'entrée des cages d'escaliers de notre résidence, des écriteaux rappellent aux habitants quelques règles élémentaires à observer pour le bon déroulement de la soirée du nouvel an. Nous avons l'interdiction formelle d'allumer le moindre pétard, le moindre feu d'artifice ou encore le moindre objet cylindrique surmonté de la moindre mèche sur nos balcons.

Hier soir, mon gardien favori m'a interpellé dans le hall de notre résidence pour me serrer la pince et me souhaiter une prospère année du Cochon d'or. Il m'a ensuite demandé avec ses petits yeux brillants si nous serions à Shanghai pour cette fameuse soirée, si j'avais bien pensé à acheter mes feux d'artifices, si je n'avais pas omis de procéder à une révision du bon fonctionnement de mes briquets et tout le tralala.

Vous l'aurez compris, il se trame une grosse sauterie du côté de Shanghai, et je ne louperais cela pour rien au monde !

Je vous souhaite une excellente année du Cochon Doré, groin groin.

A vos mèches,... prêts,... feu,... partez !

samedi 10 février 2007

Amourettes à la campagne

Voilà bientôt deux ans que je n'ai pas visionné le moindre épisode de "Joséphine Ange Gardien", ni même le moindre petit morceau de "Sous le soleil" ou encore de "Louis la Brocante".

Dur dur de satisfaire mon insatiable appétit pour ce genre de programmes dont la fraîcheur n'a d'égal que la bonne humeur.

Dur dur.... jusqu'au week-end dernier où la zapette m'a mené - par un hasard providentiel - sur la piste du 31ème épisode d'une série chinoise répondant au doux nom de 乡村爱情, autrement dit "Amours à la campagne".


"Amourettes à la campagne" dépeint la vie d'une gentille ferme familiale, les petits malheurs et les grands bonheurs de ses habitants.

Le 31ème épisode est consacré au cas du petit 永强 Yong Qiang, honnête cultivateur de son état et accessoirement épris de la belle 王小蒙 Wang Xiao Meng.

Tout roule pour eux, jusqu'au jour où un responsable du parti se pointe à la ferme, bourse d'études dans la besace, pleinement déterminé à extraire Yong Qiang des champs et in fine à l'éloigner de la ravissante Wang Xiao Meng.


Choix cornélien.

Le papa de Yong Qiang - le petit moustachu ci-dessous - voit là une formidable opportunité et exhorte son fiston à quitter l'insouciance de la vie au grand air pour aller rejoindre les bancs de l'université.


A l'inverse Yong Qiang n'entend pas les choses de la même façon que son paternel et se ferme comme une huître à chaque fois que le sujet revient sur le tapis. Toute la ferme finit par essayer de manger le cerveau de Yong Qiang, l'enjeu est de taille, il est hors de question qu'il laisse passer sa chance.

S'ensuit une discussion à bâtons rompus avec sa chère Wang Xiao Meng - juge de paix - à base de :

- Pars à l'université ! Cela t'ouvrira des portes, je sais que tu as toujours rêvé de décrocher un travail à la ville lui glisse t'elle
- Oui, mais j'ai deux rêves... Dans le premier j'ai un travail de papa à la ville, et... dans le deuxième tu es à mes côtés répond il habilement


On s'y attend, Yong Qiang finit par se faire bouffer le cerveau et prend l'ultime décision, celle de partir.

Il fait la tournée des popottes pour dire adieu à ses camarades... papa fier comme bar tabac se frotte les mains et allume moultes ribambelles de pétards dans la cour de la ferme... et sa tendre Wang Xiao Meng lui offre un téléphone portable pour garder le contact.


Le dernier soir avant son départ il ressasse ses souvenirs dans sa chambre, seul, sniff, sniff.

Le matin du départ, sac au dos, tel un condamné à mort, il attend le coeur gros comme une patate l'estafette du responsable qui va l'emmener à l'université... loin de sa dulcinée.

Il va sans dire que je retiens mes larmes et que j'ai également le coeur gros comme une patate... Quand soudain, notre héros reçoit un SMS éploré de sa douce qui le fait vaciller et revenir sur sa décision... Il n'ira pas à l'université.

A ce moment là, on imagine très bien le papa de Yong Qiang qui s'arrache les cheveux et la moustache en coulisse.


Les nuages s'écartent alors pour laisser place au soleil, et Yong Qiang s'enfuit à travers champs tel le chien de la publicité Royal Canin et termine sa course dans les bras de la femme de sa vie.


Ainsi s'achève le 31ème épisode.

Yong Qiang ne va t'il pas s'en mordre éternellement les doigts ?
Comment va réagir le responsable du parti ?
Vous le saurez en regardant le prochain épisode de 乡村爱情 sur CCTV4 vendredi prochain à 19h30.

mardi 16 janvier 2007

Tei Kong


Tiens, aujourd'hui j'ai encore pris un drôle de taxi.

A peine le temps de refermer la portière passager que le chauffeur me demande d'où je viens. Je m'empresse de répondre que je suis français.

S'ensuit alors une conversation passionnée sur la France. Le sympathique homme semble plutôt bien maîtriser son sujet. Il me parle de son fils parti étudier à Lyon, de l'amitié franco-chinoise, des bagnoles françaises et Jean passe.

Puis il déclare un brin amusé

- Tu sais, je ne sais dire qu'une seule phrase en français

Je m'attends à ce qu'il me lâche un conventionnel "Bonjour" ou "Salut", mais que nenni celui-ci opte plutôt pour un

- Tei kong

A cet instant là je me dis que quoique cet homme veuille signifier, il faut avoir l'imagination d'un escargot de Bourgogne pour ne pas interpréter son "Tei kong" par un bon vieux "T'es con" de derrière les fourrés.

Par acquis de conscience je procède tout de même à une petite vérification avant de me bidonner en coeur avec lui

- Hum, vous avez bien voulu dire "T'es con"...?
- Ah oui, oui, c'est bien ça, "Tei Kong, Tei kong, Tei kong !"

jeudi 31 août 2006

Soyez mignons

La ville de Shanghouze exhorte ses citoyens à observer un comportement exemplaire.


"Soyez des shanghaïens mignons" nous dit le panneau bariolé suspendu au poteau à droite sur la photo ci-dessus.

Non, vous n'avez pas rêvé, il ne s'agit pas là d'une traduction fantaisiste de ma part. 可爱的上海人 inscrit en gros caractères rouges sur le panneau signifie bien "shanghaïen mignon".

Si le terme "shanghaïen mignon" peut paraître un poil cucul la praline, il n'en reste pas moins que le message délivré invite le citoyen à être aussi sympa qu'un bisounours lorsqu'il se trouve sur la voie publique.

Un chewing gum collé sous votre pompe ?
Une perte de face qui se dessine à l'horizon sous l'oeil bienveillant de Ronald ?

Ne laissez pas la colère prendre le dessus, pensez aux bisounours tournez vous plutôt en direction du premier panneau "Soyez des shanghaïens mignons". Le sourire devrait alors revenir illuminer votre visage.

Satisfait ou remboursé.

Je suis un shanghaïen mignon, je suis un shanghaïen mignon, je suis un shanghaïen mignon.

vendredi 30 juin 2006

J'ai perdu la face

Eh bien voilà, cela m'est arrivé dans un restaurant Macdonald's sous le regard vitreux de ce cornichon de Ronald.


En plus d'un an de vie à Shanghai - croyez le ou non - j'ai eu le temps d'étudier la carte des restaurants Macdonald's en long et en large au point d'en maîtriser les subtilités les plus tenaces. Je sais lire le menu en chinois les yeux fermés, éviter de me faire servir un cornet de maïs à la place des frites, commander un double cheeseburger avec l'accent de Shenzhen, ou encore moucher les inconscients qui tenteraient de me dépasser dans la queue.

Pis, j'ai étudié toutes les combinaisons possibles dans l'enchaînement des questions posées par les serveurs au moment de la commande afin de pouvoir répondre sans réfléchir.

Vous l'aurez compris, je suis devenu un sacré papa en vocabulaire chinois lié à la problématique du hamburger.

Bien sûr au début les choses n'ont pas été évidentes. On m'a renvoyé me rhabiller N+1 fois (N tendant vers l'infini), et nombre de mes tentatives sont parties en queue de boudin. Et puis avec le temps j'ai gagné en confiance au point de ne plus douter de rien.

Vendredi midi, lorsque j'ai poussé la porte du Macdonald's de la rue Fuzhou je n'ai rien senti venir.
Je me suis dirigé vers le comptoir et j'ai lancé un 你好,给我来巨无霸餐 - Bonjour, envoie moi donc un menu Big Mac (*) - à l'attention de la serveuse.

En temps normal ces quelques syllabes suffisent à mettre en branle la mise en production d'un menu Big Mac bien dodu.
Vendredi midi j'ai plutôt observé mon interlocutrice se décomposer sous mes yeux et me filer entre les doigts.

Elle m'a regardé un brin paniquée et surtout sincèrement désolée de ne pas être en mesure de comprendre mes paroles, puis elle est promptement partie chercher de l'aide.

- Allo Ronald ? J'ai un sérieux problème. Tu ne vas pas le croire, mais j'ai devant mes yeux un étranger qui parle une langue qui s'apparente au javanais. Pourrais-tu m'envoyer un interprète au plus vite ?... Non, non, je t'assure ce zigotto est infoutu de parler anglais.

Sentant la perte de face s'abattre sur ma personne, je suis resté droit dans mes bottines et j'ai répété invariablement 你好,给我来巨无霸餐 (Bonjour, envoie moi donc un menu Big Mac).

Bien évidemment cela n'a en rien amélioré ma situation, et j'ai définitivement perdu la face quand prise de panique elle m'a achevé sur son comptoir avec un 听不懂 (je ne comprends pas ce que j'entends).

Dérobage de sol sous ses pieds, pédalage dans la choucroute, bouffées de chaleur, apparition de gouttes de sueur bien salées sur mon front...
... Et puis je me suis rendu à l'évidence...
... J'ai perdu la face au Macdo...
... Allons donc voir au KFC si elle y est !

Tiens pour la peine, vous me conjuguerez 100 fois le verbe perdre la face au passé composé.

J'ai perdu la face.
Tu as perdu la face.
Il a perdu la face.
Nous avons perdu la face.
Vous avez perdu la face.
Ils ont perdu la face.

Julien D.

(*) Le "Envoie moi un menu Big Mac" peut certes paraître un peu brut de décoffrage. Ne voyez là aucune mauvaise intention de ma part, en Chinoisie on ne s'embarrasse pas avec des montagnes de politesses, les relations sont volontiers plus franches qu'en Gaule.

lundi 22 mai 2006

Les playboys

Je suis propriétaire d'une grosse berline de marque allemande.
Le genre de grosse berline qui ne passe pas inaperçu... Enfin vous devez voir de quoi je veux parler.

Ce week-end, des raisons techniques m'ont contraint à la laisser au pressing.
Une conséquence en entraînant une autre, j'ai hérité d'une bécane trois roues.
Je ne vous raconte pas la classe...


Je vous l'accorde, l'engin est complexe à manipuler dans les tournants si bien que l'on n'est jamais à l'abri d'une petite sortie de piste de derrière les fagots.
La navigation en mode "roues arrières" reste d'ailleurs assez peu recommandée.

Cependant, une chose est sûre : l'estafette à trois roues est un authentique aspirateur à minettes comme on n'en fabrique guère plus.

On ne se rend pas très bien compte sur l'image, mais la foule - exclusivement féminine, inutile de le préciser - est compacte autour de moi.
La demande est forte, les sollicitations pour un "ride" (un tour) sont nombreuses.

Attention les places sont chères et ne grimpe pas qui veut dans ma chariote de compète.


Moi j'ai un piège à filles, un vélo trois roues
Avec une chariote, qui fait crac boum hu
Tralala...

Julien Dutronc, avec un D comme Dutronc.

dimanche 7 mai 2006

Médor

Vous pensez que les chinois mangent leurs chiens avec des baguettes ?

Il est grand temps de revoir votre copie.

Le dimanche à Shanghai, la race canine a droit à une double ration de bain moussant assortie du bonus sèche cheveux (sèche fourrure ?).


Ouaf, ouaf.

jeudi 30 mars 2006

Comment s’occuper le samedi soir ?

Les soirées les plus hypes de Shanghai par Amélie & Amélie

Pendant que Jules se la coule douce en Gaule, la vie continue à Shanghai, et nous en profitons pour vivre des “expériences”.

Ce samedi avait commencé (tôt !) par une visite de la nouvelle maison, pour ensuite écumer tous les magasins de meubles de la ville. Enfin tous les magasins, disons tous ceux de la même chaîne, aux 4 coins de Shanghai !
Nous cherchions l’indispensable pour pouvoir survivre dans une nouvelle maison, nous avons donc commencé par une table basse et 2 chaises de bureau, logique non ?


Thomas, un charmant collègue de Gabriel qui parle à la fois chinois (mandarin), shanghaien (mieux pour négocier à Shanghai), français et anglais nous avait gentiment accompagnés pour nous aider dans les négociations ardues.

Il donne à Gab 2 places de concert pour le soir même, qu‘Amélie D range sagement dans son sac sans poser plus de questions. Elle tente quand même de savoir de quoi il s’agit mais Gab n’en savait visiblement pas beaucoup plus.

Bref, arrive la fin de journée, nous voilà dans un taxi pour aller dîner. Thomas nous dit alors qu’il a une place aussi pour Amélie F. Cool.

Et là il nous explique un peu le concept : nous allons assister aux victoires de la musique chinoise.
L’idée nous plaît trop !!! Surtout quand une fois arrivé sur place on se rend compte qu’on est les seuls Lao Wai (blancs) de l’assistance. Nous allons donc vivre une expérience quasi unique.

Et surtout nous allons rendre Julien terriblement jaloux de ne pas avoir assisté au spectacle.

On rentre dans une salle comble et déjà effervescente en ayant au préalable pris un gros paquet de pop corn :-)! On vire 3 personnes de nos places et nous voilà installer pour … 3 heures de spectacle.


La première heure nous étions euphoriques : des chanteurs pop au look improbable, plein de midinettes hurlant des prénoms au mégaphone et brandissant des panneaux lumineux avec le nom de « l’artiste », de la grande musique ! Bref de l’ambiance.

Faut bien avouer qu’on ne captait pas grand-chose de ce qui se passait. On a seulement remarqué que l’animatrice avait 2 robes qu’elle changeait alternativement entre chaque chanson. Etrange. On a même pu chanter un peu de KTV (karaoké) sur les paroles d’une chanson, les paroles étant : « dadidadidadidadi ». Mais le voisin de Gab était définitivement plus fort que nous.


Bref au bout d’une heure trente on avait tout vu. Mais comme nous étions invités, nous n’osions pas trop partir. C’est là qu’Amélie D a eu l’idée du siècle : se baisser pour fouiller dans le sac en papier qui traînait par terre et là, elle a trouvé l’arme fatale : les ballons qui font du bruit quand on les cogne l’un contre l’autre (la description paraît tout de suite très très nulle mais si, ça marche super bien et ça a vite remis les Amélie dans l’ambiance).


En effet, notre voisin de derrière, a eu pitié de nous et nous en a donné une autre paire, nous voilà donc reparti pour 1h à taper dans nos ballons, à exploser l’oreille de nos voisins (là nous nous vengions de la voisine qui nous avait pas mal cassé les oreilles pendant le début du spectacle).

Gab est remis dans l’ambiance et rigole de nous voir taper comme des malades dans nos ballons.

On tient encore une heure, mais à 22h30, on n’en pouvait plus ! Vite trouver une excuse pour pouvoir partir sans vexer Thomas : on lui dit que ça serait bien de ne pas sortir en même temps que tout le monde afin de choper un taxi facilement. On le remercie et on sort…puis on rentre en métro.

On espère y retourner l’année prochaine.

Quelques vidéos pour vous laisser apprécier le spectacle.




mardi 13 décembre 2005

Crème pour les mains

Je viens de découvrir une nouvelle crème pour les mains.

D'après la notice, la crème a été élaborée à partir d'huile de jojoba et de poudre de tapioca.

C'est une marque japonaise. Aussi tout me laisse à penser que l'on ne trouve pas facilement cette crème en France.
Si cela peut intéresser certain(e)s d'être vous - pour offrir à Noël ou tout simplement pour en faire une consommation personnelle - je peux vous en faire parvenir quelques caisses en colissimo.

Par la force du Graal ancestral, je vous souhaite une bonne journée !

lundi 28 novembre 2005

Un nouveau compagnon

Ce midi je suis passé devant une boutique de chats chinois porte bonheur.
Ca faisait longtemps que je rôdais devant l'établissement.
Aujourd'hui J'ai poussé la porte de la boutique, et fatalement j'en suis ressorti avec un nouveau compagnon dans les mains.

Je pense que je vais l'offrir à Amélie, elle adorait regarder Téléchats sur Antenne 2.
D'ailleurs, si vous le lui demandez gentiment, elle se fera un plaisir de vous chanter le générique en faisant clac clac avec ses bottines (comme le voisin de palier d'Hesiem).


Cela ne se voit pas sur la photo, mais l'animal a la patte gauche qui oscille façon mouvement perpétuel.

Ne me demandez pas combien ça m'a coûté.
Lorsqu'il s'agit de faire rentrer le bonheur en personne dans ma maison, je ne compte pas.

Tiens j'en profite pour vous souhaiter un joyeux 27 octobre.
Selon le calendrier lunaire, le 28 novembre - aujourd'hui donc - tombe en fait un 27 octobre.
Cela explique pourquoi les chinois fêtent toujours leur nouvel an à la bourre soit 1 mois après nous, ou encore 11 mois avant nous.