Shanghai

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mardi 7 mars 2006

Plaque de cador

Récemment, je suis passé devant une petite échoppe où l'on façonne avec amour des plaques professionnelles et autres panneaux signalétiques.
Curieux comme le castor, j'ai poussé la porte du magasin, et j'ai accompli un vieux rêve.

Il suffit d'indiquer avec précision ce que l'on souhaite, et la commande part en production.

Ce sera quoi pour le monsieur ?
Une étoile de shérif ? Une plaque certifiant l'obtention de la troisième étoile en 1987 ?

Sans tergiverser, j'ai opté pour le module "super papa".

Mettez moi 总经理 (Président Directeur Général) en noir sur fond blanc.

Il est entendu que j'ai refusé catégoriquement qu'ils inscrivent la transcription en anglais.
En cas de faute de frappe - ce n'est pas si rare - on a vite fait de se retrouver avec la mention "General Banager" à la place de "General Manager".


J'ai récupéré le morceau cet après-midi.
Il présente des dimensions plutôt indécentes.
Si je le pose sur mon bureau, plus de place pour caler un clavier d'ordinateur.

Maintenant il va falloir lui trouver une utilité à cette plaque !

vendredi 3 mars 2006

Les aventures de Westalito

Voici l'histoire d'un gringo un brin à l'Ouest.
J. Delerue... Non, ne révélons pas sa véritable identité, appelons le plutôt Julien. D.

Ce midi Julien D. sort déjeuner en ville non loin de Jingan temple.
Le temps est radieux, la vie lui sourit.
Le déjeuner terminé, il retourne en direction de son port d'attache, autrement dit People's Square.

Julien D. s'engouffre tout sourire dans la rame de tromé, et en sort deux stations plus loin comme d'habitude.
Les tourniquets franchis il constate que les couloirs du métro ont été repeints.
De son côté le Pizza Hut semble s'être allongé depuis son dernier passage.
Ceci étant dit, rappelons que la scène se déroule à Shanghai, la capitale du pyjama... Alors que la structure du Pizza Hut de la station People's Square soit légèrement modifiée... So what ?


Insouciant comme un champ de blés, Julien D. poursuit sa course dans les couloirs du métro à la recherche d'un passeport vers l'air libre.
La station People's Square est immense, si bien qu'il est impossible d'énumérer la liste de ses multiples sorties vers l'extérieur.
Les jours de schkoumoune on a d'ailleurs vite fait de se planter et de ressortir du mauvais côté de People's Square.

"Nom d'une pipe, ça c'est fort de café !" s'exclame t'il interloqué en découvrant au détour d'un couloir de métro l'entrée d'un nouvel hypermarché gigantissimus maximus.

Il s'engouffre tout feu tout flamme dans cet hypermarché inconnu.
Alors qu'il traverse le rayon balayettes il passe un coup de bigot à Amélie F. pour lui faire part de sa découverte sans précédent.

- "C'est ouf, j'ai trouvé un hypermarché gigantissimus maximus camouflé dans la station de métro de People's Square à deux pas de chez nous !"
- "N'hésites surtout pas à acheter un balai et du papier toilette" lui répond elle.

Le papier toilette et le balai réglés à la caisse, le voilà à nouveau parti à la recherche d'une sortie.
Au fond de lui, il sait que plus vite il sera rentré chez lui, et moins longtemps il passera pour un plouc avec son balai et son assortiment de dix rouleaux de papier toilette qu'il ne peut pas camoufler au fond d'une pochette en plastique.


N'en déplaise à l'image de marque du héros de l'histoire, le centre commercial est interminable. Chaque galerie donne naissance à une nouvelle galerie et ainsi de suite.

Aussi improbable que cela puisse paraître, après de longues minutes passées à user les semelles de ses savates, une sortie finit par se présenter sur sa trajectoire.

Le temps d'activer le pas et le voilà enfin à l'extérieur.
Un décor pour le moins inhabituel s'offre à lui.
Des maisons façon tipis mongols ont remplacé les gratte ciels ainsi que les guirlandes de tralalas de People's Square.
Décidemment Shanghai ne tourne pas rond aujourd'hui !
En face des portes du centre commercial il aperçoit même les caractères zhong et shan, zhongshan...

Zhongshan... Zhongshan... Zhongshan...
En voilà une drôle de coïncidence, il y a justement une station de métro qui s'appelle Zhongshan sur la même ligne... mais dans la direction opposée.

- "S’il vous plaît, Monsieur ! La sortie pour People Square c’est où ? C’est pas affiché, là !"
- "Ca m’étonne pas, ici, on est à Zhongshan !"
- "Ben écoutez, j’suis pas fou ! Sur mon billet, tenez, y a écrit People Square, c’est mes yeux ou quoi ?"
- "Je crois que ça doit être vos yeux!"
- "Ah, ouais, c’est mes yeux, ouais !"


mardi 6 décembre 2005

Gling gling gling

Sapristi.

La semaine dernière, gros soleil, artillerie lourde en compagnie.
En somme nous avons souffert d'un temps plutôt clément.
Insouciant tel la cigale, j'ai déjeuné en terrasse en mode T-shirt le 1er décembre.

Dimanche, bim, le beau temps s'est fait la malle avec le tiroir caisse.
Gling, gling, gling.
Perte d'une douzaine de degrés, repassage en catastrophe des pyjamas en moumoute, révision du système ABS du traîneau et de la tuyauterie du troupeau de huskies, gonflage de la yourte de survie, et Jean Passe.

Vous l'aurez compris, le serre-tête oreilles de Mickey rembourrées n'est plus facultatif.

Pas folles les cigales, nous avons souscrit à une police d'assurance anti-congélation dont vous trouverez un exemplaire ci-dessous.


Bon, je vous laisse il faut que je retrouve mon pagne en feuilles de bananes.

vendredi 25 novembre 2005

Qui veut du poulet ?

J'ai un plan "poulet dégriffé" à tarif d'usine, mais il faut se dépêcher. Cela risque de ne pas durer, il n'y en aura pas pour tout le monde.
Il suffit d'aller voir Ronald de ma part, il déstocke son poulet, plus rien de ne doit rester.


Si tu m'achètes un sandwich au pou laid, je t'en offre un deuxième avec ce coupon.
Les coupons sont bien évidemment cumulables, rien ne doit rester.
Tu veux un bisou de la part de Ronald ou quoi ?
Mon ami c'est ma dernière offre, débarrasse moi d'un sandwich au pou laid, je ne t'en donnerai pas deux mais trois - tu as bien entendu, TROIS - pour le même prix.

Ronald duck, si tu m'entends sous ta moumoute rouge, je salue cette initiative courageuse par les temps qui courent.

samedi 5 novembre 2005

Massache


En République Populaire de Chine, le massage se dit 按摩 (anmo), mais quand l'étranger pointe le bout de son nez c'est "massache".

按摩 est l'association des caractères 按 (an) "presser" et 摩 (mo) "gratter, caresser, frotter".
A la réflexion, cela colle pas mal à la réalité.

Vous trouverez généralement deux types de massaches traditionnels : le massache chinois, et le massache de pieds.
Ne pas confondre les salons de massache traditionnels avec les établissements éclairés avec des néons roses.
Ceux-ci se positionnent sur des segments très spécialisés en proposant à une clientèle essentiellement masculine une carte de massaches plus touffu(e/s).

N'allez pas croire que l'on peut s'improviser masseuse ou bien masseur sans efforts.
Faire claquer ses doigts en faisant du tamtam sur un bout de jambon ne s'apprend pas par voie céleste.
Tous les masseurs et les masseuses (de mon âge tralala) s'accordent à dire que trois mois d'études sont nécessaires pour décrocher un diplôme de masseur professionnel.

Le massache de pieds dure en moyenne une heure.
Je sais qu'en été, les novices ont généralement un peu honte d'arriver avec des chaussettes humides et fumantes.
Inutile de se faire du mouron, avant toute prise en main votre pied est mis à tremper dans une bassine de thé.

Si vous avez de la moquette sur les pattes, vous ferez sans aucun doute rêver votre masseuse.
En Chine, avoir du poil au pattes, c'est un peu comme avoir un labrador en France, cela permet de briser la glace et d'engager la conversation.

Après le nettoyage au thé, le massache est une succession de pressions sur différents points d'acupuncture, de grattages de plante des pieds, et autres claquages d'orteils.
Curieusement l'heure de soins relaxants passe à toute berzingue et une fois terminés on ressort en marchant sur un tapis de nuages.

Le massache corporel dure également une heure.
On vous prête un pyjama chinois imprimé de nounours et des tongues pour pouvoir déambuler en toute liberté sans crotter la moquette.
Vous êtes ensuite installé sur un lit équipé d'un trou pour la tête. Cela permet d'y loger son pif lorsque l'on est sur le ventre.

En général la masseuse commence à vous remuer un peu le gras et vous demande si tout va bien.
Si vous trouvez qu'elle y va trop fort, l'erreur de débutant consiste à dire par politesse que tout se déroule comme sur des roulettes. Le summum de la crispation apparaît généralement lorsqu'elle commence à vous fouler le dos avec ses pieds.
Au cas où vous tomberiez sur une furieuse du massache, pas de panique, il suffit de lui signifier que vous êtes une chochotte et que vous n'auriez rien contre le fait qu'elle y aille un peu plus mollo.

Une heure de massache corporel suffit généralement à vous bouddhaïser pour le reste de la journée / soirée.

En plus du massache corporel et du massache du pied, certains établissements proposent le "ear candle massache".
Literralement cela signifie "oreille bougie massache".
Une photo mettant en scène une femme allongée et visiblement pétrie de bonheur avec une bougie allumée plantée dans l'oreille est censée convaincre le client indécis.

J'ai beau me livrer en patûre avec plaisir à tous les concepts les plus débiles, là je braque.
J'ai consulté le ternet afin de m'informer sur la question.
Le "ear candling" consisterait efectivement à se planter une bougie dans l'oreille et à l'allumer pour laisser couler la cire à l'intérieur.

Les sites des établissements qui pratiquent la chose racontent que pour déboucher les oreilles il n'y a pas meilleure expérience.
A l'inverse les personnes qui y ont goûté ont l'air de plaider en faveur de l'abolition du "ear candling massache".

Et vous où en êtes vous avec le "ear candling massache" ?
Si quelqu'un peut éclairer ma bougie sur la question qu'il se manifeste maintenant ou se taise à jamais.

Julien en pyjama nounours avec une oreille dans sa bougie vous souhaite un excellent WE.

jeudi 3 novembre 2005

Statistiques


Ne vous est il jamais arrivé de vous demander combien de chinois naissent par jour ?
J'en ai rêvé, le NBS l'a fait.

Le NBS, c'est le "National Bureau of Statistics", le roi du boulier en Chine.

En l'an de grâce 2003, année du bouc, en moyenne 44.000 petits chinois sont venus au monde tous les jours.

Toujours en 2003, à la rubrique mariages et divorces, 22.000 couples se sont quotidiennement juré fidélité alors que 3647 ont quotidiennement décidé de rompre les liens sacrés du wedding.

A part ça au rayon produits frais, je peux vous révéler les chiffres suivants : 19.000 tonnes de barbaque - soit environ 95 milions pavés de rumsteak - sortent quotidiennement des boucheries chinoises.

samedi 1 octobre 2005

Vacances nationales

Depuis hier soir les chinois sont gais comme des pinsons.
En effet, comme tous les ans à la même époque, une semaine de vacances s'abat sur le pays entier.

Du coup, hier soir tout Shanghai s'était donné rendez-vous dans notre quartier pour fêter ça.
Kermesse à base de pattes poulets, queues de crapauds et gencives de poulpes pour remplacer merguez et barbes de papas.


N'ayant pas été alerté de façon officielle que cette petite sauterie se déroulait dans notre quartier, j'ai correctement halluciné en sortant hier soir.
Vif comme l'antilope, j'ai assez vite remarqué que n+1 bachibouzouks se baladaient armés de gourdins et d'ailes d'anges gonflables. Il se trouve qu'hier soir n n'était pas d'humeur à tendre vers -1.

A quoi servent ces gourdins ?
A se savater entre amis naturellement.

On ne sait jamais, les Shanghayoos pourraient décider de casser du blanc bec à coups de tatanes sur la calebasse.
En conséquence, je n'ai pas hésité un seul instant avant de me procurer un attirail d'auto-défense.
J'ai opté pour un gourdin violet, et je n'ai pas lésiné sur les options, j'ai pris celui avec des épines.


Un soir comme celui-là, montrer que l'on possède un bourrier pareil, c'est annoncer à la populace que l'on est prêt à distribuer des coups de gourdin en cas de problème.
Faut pas me chercher !

Soit, je réécris un peu l'histoire.
La principale raison de mon acquisition a en réalité été motivée par l'irresistible envie de vivre l'expérience de parader dans la foule, gourdin sur l'épaule tel un australopithèque des temps modernes.

Si j'ai eu l'air d'un plouc avec mon gourdin cactus d'un mètre de long ?
Je veux ouais !
Je dois bien avouer que j'ai compris que j'avais fait une mauvaise affaire lorsque j'ai aperçu quelques centaines de mètres plus loin un vendeur de haches gonflables géantes. Elles étaient sensiblement plus hautes que leur vendeur... Elles devaient bien mesurer 1 mètre 50.

Les combats de haches gonflables se sont prolongés jusque tard dans la nuit, et aujourd'hui les guerriers urbains semblent avoir rendu les armes.

Je vais terminer sur ces quelques paroles empruntées à Jack Dutronc qui avait tout compris avant tout le monde.
Pour radio gourdin, Julien en costume à épines pour vous servir.

Il est 5 heures,
Shanghai s'éveille,

Les gourdins à épines sont dégonflés,
Les shanghayoos sont savatés,
Kaiser va se raser,
La clim de la Zhejiang Lu va se rallumer,

Il est 5 heures,
gling gling, tralala, shanashan !

PS : le premier qui sort une blague graveleuse sur les gourdins dans les commentaires aura le privilège de faire connaissance avec le mien.

mercredi 17 août 2005

Wacances

Ce soir décollage direction Lutèce et les Xiang Sheulixiés.
Nous allons visiter cinq pays d'Europe de l'Ouest en dix jours avec un groupe de chinois excités du bulbe.

Grève du bol de riz à l'horizon les enfants.

Rassurez-vous, j'ai pris soin de placer ma sauterelle verte dans une famille d'accueil sélectionnée pour son sérieux et son savoir faire en matière de sauterelles.

Pierrot va jouer les papas sauterelle ce soir.

Gaetan papy sauterelle et Elodie mamie sauterelle devraient ensuite prendre le relai.

J'ai laissé des consignes très strictes et je procèderai à un état des lieux approfondi sur la personne de ma sauterelle dès mon retour à Shanghouze.

Elodie, Gaetan et Pierrot, si il devait arriver malheur à ma sauterelle, n'essayez pas de la remplacer par une sauterelle lambda qui lui ressemblerait vaguement, je verrais tout de suite l'entourloupe.
N'est pas né celui qui me roulera dans la farine en matière de sauterelles.
En conséquence, pas la peine de me raconter des salades je préfère entendre la vérité, même si elle brute de décoffrage.

Rendez-vous au mois de septembre !

Oune besõs, si !
Julien

samedi 13 août 2005

Un cadeau

Cet après-midi c'était la révision des 5000 kilomètres pour notre système de climatisation.
Un coup de fil me prévient le matin que le réparateur va passer à treize heures trente.
Treize heures trente et zéro seconde, la sonnette retentit.
La représentante des propriétaires se trouve déjà en chaussettes derrière notre porte.
Elle est prête à rentrer.

J'en profite pour vous présenter cette dernière.
C'est une petite Mamie Nova chinoise. Elle a l'air rigide et dure en affaires. N'est pas encore né celui qui va la rouler dans la farine.
Lors de notre première rencontre - la phase de négociation du contrat de location - nous l'avons vu arriver chaussée d'une paire de bottes en caoutchouc. Oui oui, les mêmes que celles de Mimi Cracra.
J'imagine volontiers cette polissonne sortir par temps de pluie pour sauter dans les flaques d'eau.
Elle aurait très bien pu arriver avec une montre Flik Flak et son cartable "t'as ton Tann's" que cela n'aurait choqué personne.

Lors de cette première entrevue, nous nous sommes installés autour d'une table de l'agence immobilière et avons commencé à relire le contrat de location.
Alors que j'en étais à l'alinéa 4.3.b, notre petite représentante a ouvert le gosier façon "lion qui baille" et a laissé s'échapper un rot bien sonore.
Si nous n'avions pas été en Chine, aucune chance pour elle de s'en sortir en faisant croire que la chaise grince.
Ici, il se trouve que cela n'émeut ni ne fait poiler personne.
Tout cela pour dire que la représentante de nos propriétaires, c'est un sacré numéro.
Revenons à nos moutons.

Treize heures trente et zéro seconde, ladite représentante arrive, tire la chevillette et ne manque pas de faire cherrer la bobinette.
Le garagiste en charge de la réparation de la climatisation n'étant toujours pas arrivé, je l'invite à entrer et à s'asseoir dans notre canapé.
Elle ne se fait pas prier et une fois assise, elle ouvre son sac.
Elle en sort une sorte de cendrier de combat en verre poli devant peser son quintal et le pose sans aucun complexe sur notre table basse.



Le vétérinaire finit par arriver pour réparer la climatisation, et pendant que la représentante discute avec ce dernier, j'en profite pour jeter un coup d'oeil à l'horrible accessoire (le monstrocendrier) qu'elle vient de poser sur la table.
Comment peut on fabriquer pareils engins ?

Le coiffeur ayant terminé son affaire avec la climatisation, notre petite représentante remballe ses affaires et oublie son affreux cendrier.
Je m'aperçois de l'entourloupe qui se profile à l'horizon, et avant qu'elle ne s'échappe je lui dis : "Chère madame ! Vous avez oublié d'embarquer votre joli cendrier !"
Maligne comme un renard, elle me répond à toute berzingue un truc vraiment incompréhensible dans le dialecte de son village. Très probablement celui utilisé par les anciens de sa terre natale pour communiquer au coin du feu dans les yourthes bifidus.
Ce à quoi je réponds un poil déconcerté par un "haha, haha" en prenant bien soin de hocher du bulbe pendant qu'elle s'échappe.

Résultat, nous voilà avec un cendrier de mauvais goût entre les mains.
Je commence à envisager très sérieusement l'hypothèse du cadeau.
A moins que ce ne soit plutôt une façon d'évacuer un cendrier devenu indésirable chez elle. Gonflée Mamie Nova ! Ceci dit, je faisais souvent cela étant plus jeune. Lorsqu'un bibelot devenait indésirable dans ma chambre, ou alors qu'il m'encombrait, j'allais rendre visite à ma petite soeur et oubliais par mégarde le bibelot dans sa chambre. Comme j'étais vilain.
Dernière hypothèse, nous sommes espionnés par le gouvernement et le cendrier est truffé de micro-espions...

Au fait cela n'a rien à voir avec le reste, mais je profite de cet article pour lancer un avis à tous les collectionneurs amateurs de bon goût.
En effet, pour des raisons personnelles je dois me débaras... séparer à regret d'une pièce rarissime.
Il s'agit d'un magnifique cendrier en verre poli.

Voici sa photo.



N'hésitez pas à me contacter pour plus de renseignements.
Toute ressemblance avec des cendriers déjà evoqués ne serait être que fortuite.


dimanche 7 août 2005

Typhon Matsa

台风“麦莎”

Hier il a a neigé à Shanghai !

Je plaisante.
En réalité, la température a juste baissé de 10 degrés, le vent s'est levé et une pluie tropicale nous est tombée sur la cafetière.

Curieux non ?...
Nous sommes en plein mois d'août, et cela fait une paye que nous ne vivons plus sans climatisation.

Hier après-midi, j'ai fini par comprendre pourquoi la météo était si dure en affaires ces jours-ci.

Après avoir abondamment saucé Taiwan, le typhon Matsa se promène au dessus de la mer de Chine tout en se dirigeant vers la East Coast chinoise (ouaich) à une vitesse proche de celle de "l'escargot unijambiste" (15 km/h).
Notre ami Matsa n'est pas venu les mains vides, il a pensé à fourrer moultes trombes d'eau et bourrasques de vent dans sa gibecière.

Image : tom.com 新闻中心


Il semblerait que les Shanghaiens aient reçu la consigne de rester chez eux de la part de l'observatoire de la météo de Shanghai.
Pour notre part, n'étant pas connectés à l'observatoire de la météo de Shanghai 24/24, nous avons été mis devant le fait accompli façon "Tiens tiens, il pleut vraiment très fort, quelque chose ne tourne pas rond ici".
Tout cela pour dire que nous n'avons pas eu le temps de nous dire "C'est marrant, c'est très marrant, un typhon nous fonce dessus".

Image : tom.com 新闻中心


D'après l'agence de presse Xinhua, les deux aéroports de Shanghai ont été fermés entraînant l'annulation de près de 1000 vols nationaux et internationaux.
Toujours d'arpès l'agence Xinhua, et 100.000 personnes ont été mobilisées.
J'imagine bien 100.000 paysans en colère attendant le vilain Matsa fourches au poing avec la ferme intention de lui envoyer une volée de bois vert.

Fait assez intéressant, les chiffres varient du simple au centuple selon les sources d'informations.
L'ambassade française raconte qu'un million de personnes ont été préventivement évacuées des zones côtières du Zhejiang alors que l'agence Xinhua raconte que ces évacuations concernent seulement 69.000 personnes, tandis que le site des affaires consulaires canadien parle de 510.000 personnes.
Quoiqu'il en soit, ça fait quand même moultes et moultes évacuations.

Le petit père Matsa est finalement passé hier (samedi) à 230 kilomètres de Shanghai vers 16 heures, puis il est parti voir ailleurs.
D'ailleurs c'est très compliqué de savoir où il se trouve exactement à l'heure qu'il est.
Peut être qu'il en a eu ras la casquette de tourbillonner et qu'il est parti se coucher...

Je me suis intéressé au phénomène cyclonique, me voilà maintenant un vrai papa en typhons cyclones et compagnie.

En réalité un typhon n'est rien de plus qu'un bête cyclone.
Selon la région où il se développe, il s'appelle ouragan (Caraïbes), typhon (Nord Ouest Pacifique), ou cyclone tropical (Réunion).

Lorsque la vitesse des vents créés est supérieure à 63 km/h (bizarre bizarre comme chiffre), on attribue un prénom au cyclone : ici son petit prénom c'est Matsa (ou 麦莎 mài shā en chinois) .

Un cyclone fait tourner des masses d'air de façon circulaire autour d'un centre appelé l'oeil du cyclone.
Contrairement à l'idée reçue que j'avais, le centre du cyclone est un endroit très calme ou il fait bon vivre. C'est lorsque l'on s'éloigne de l'oeil du cyclone que ça barde sec.

Il n'est pas possible de prévoir avec certitude la formation d'un cyclone plus de 24 heures à l'avance.

Au passage je vous livre un concept intéressant : l'avion chasseur de cyclones.
J'imagine qu'il s'agit d'un avion équipé de supers pouvoirs pouvant envoyer des sorts aux cyclones qu'il croise.
Dans la vraie vie, il doit plutôt s'agir d'avions équipés de supers capteurs permettant de traquer la formation de cyclones.

Pour papatiser comme moi en cyclones, il suffit de lire cet article sur le site Météo France.

Aux dernières nouvelles, dans la région de Shanghai le typhon Matsa ne semble finalement avoir dévasté que quelques brushings.

Image : tom.com 新闻中心


"Monsieur le typhon", vous n'avez pas fait assez de dégâts chez nous. Vous comprendrez bien que nous sommes dans l'obligation de vous renommer "Mini tempête tropicale de rien du tout".
C'est ainsi que notre brave Matsa est passé dans la presse du statut de "Typhon" à celui de "Forte tempête tropicale".
C'est peut être mieux ainsi !
Information, ou salades pour rassurer les gens ? Je ne peux pas trancher...

Toujours est t'il qu'hier nous avons bravé la tempête et avons franchi plusieurs flaques d'eau à la nage pour sortir boire une mousse en terrasse (protégée par une tente) dans un espèce de "Bier Garten" bien teuton.
Curieusement, le bar était vide, et les serveurs plutôt amusés par l'incapacité de la toile de tente de leur Bier Garten à retenir les trombes d'eau.
Sur le chemin du retour, trempés pour trempés, nous avons mis un point d'honneur à profiter de la pluie tropicale façon "Singing in the rain" et "Tahiti douche".

Fin de l'histoire.

samedi 30 juillet 2005

Picnic à la campagne

Le WE dernier, nous avons fait main basse sur le lieu le plus branché de notre bonne vieille cité de Shanghai.

Pour planter le décor, nous avons fait un crochet par le Lotus, un supermarché aux dimensions dinosauresques.
On y trouve un rayon import un peu comme à la FNAC, sauf que là il n'est pas question d'importer des vinyls mais plutôt des meules de fromage, de la choucroute, ou encore du pâté...

Hold up au Lotus.

Au rayon "Fromages", après avoir tâté des coulants Président pas tellement baraqués et durs comme des briques en terre cuite, nous avons opté pour une mimolette.
J'aurais bien pris un tartare ail et fines herbes à la place, mais le peuple en a décidé autrement.
Ach, démocratie tu me rends ouf quand tu me fais manger de la mimolette...

Nous avons ensuite filé au rayon vins.
L'offre locale en rouge n'étant pas pléthorique, cela nous a facilité la tâche en matière de prise de décision collégiale.
Pas de choix cornélien à base de "Je prends une meule de gouda ou bien de mimolette...", nous avons pris sans tergiverser l'option bouteille de rouge cuvée du patron, autrement dit le Chang Yu à 50 balles de R'N'B.

Sacs plastiques à la main, nous nous sommes enfin dirigés vers le bord du Huangpu (la Seine de Shanghouze), et tels des cools de collégiens séchant un cours de dessin, nous avons installé notre campement sur la pelouse faisant face au Bund (les Xiang Cheulisiés de Shanghouze).

Au début nous avons un peu stressé en voyant des agents de la paix en uniforme parcourir de long en large l'allée longeant notre pelouse.

Tiens d'ailleurs vous tombez bien, je vais en profiter pour ouvrir une parenthèse sur les agents de la paix chinois.

La police c'est "Jing Cha" et les caractères chinois correspondant à "jing" et à "cha" sont d'une compléxité déconcertante.
En gros si vous apercevez deux caractères chinois pleins de traits partout sur une voiture blanche avec des gyrophares et des pékins en képi dedans, il y a fort à parier que ces caractères veuillent dire "Police".
Croyez moi ou non, mais cette méthode de reconnaissance de caractères est fiable à 99%.

Les policiers de Shanghai sont assez rigolos.
Ceux qui circulent en vélo ne sont pas très méchants et n'attrapent que des vélos ou des scooters à l'arrêt.
Les plus cools d'entre eux sont souvent débraillés façon chemise sortie de leur pantalon, et aiment à deviser gaiement clope au bec.
Ceux qui ont envie de pratiquer leur anglais (rien de tel pour garder son niveau) aiment bien gronder les étrangers.

Toujours est il que ce soir là, tous les policiers qui sont passés devant nous devaient être très affairés et devaient avoir pleins d'autres gens à gronder.
Nous avons eu une paix céleste sur notre pelouse.

Nous voilà installés sur notre pelouse.
Oui je sais, j'ai le visage luisant comme la peau d'un cochon sauvage.
On a du prendre la photo sans flash, je réflechissais trop la lumière. A la réflexion, pour ce qui est de luire sur la photo, Gaetan est lui aussi un sérieux compétiteur.
Applaudimètre !
Tout cela pour dire que le dossier des luisances sonores n'est toujours pas classé !

En passant la loupe sur la photo de droite on peut voir Amélie qui sourit.

Ah j'oubliais, nous avons trouvé des plaques de saumon fumé à un prix scandaleusement bas au Lotus.
Sinon l'herbe ça gratte un peu les pattes quand on est en short.
La prochaine fois faites moi penser à prendre un hamac.

dimanche 17 juillet 2005

Un dîner d'affaires

Une fois n'est pas coutume, à mon tour de prendre la plume (ou le clavier???) pour vous faire partager mes aventures. Il faut dire que ce que je m'apprête à raconter est une véritable experience culturelle!

Au debut de la semaine, je reçois un mail m'indiquant que je suis cordialement invitée, ce jeudi 14 juillet à partir de 18 heures, à diner avec tout le Departement Finance. D'accord me dis-je, voilà une bonne occasion de partager un moment avec mes collègues et de les découvrir en dehors du cadre du travail. Eh bien, je n'ai pas été décue!

Le jour dit, l'excitation est à son comble dès le matin. Il semble que ce ne sera pas une journée très productive, tout le monde attend avec impatience l'événement du soir. L'organisation des voitures par exemple semble beaucoup plus importante que la comptabilité!

A 17h45, nous voilà donc partis pour le restaurant. A 17h55, nous recevons un coup de fil inquiet nous demandant pourquoi nous ne sommes pas encore arrivés. Vers 18h05 (oupss nous sommes en retard!) nous sommes conduits dans une salle privée, où deux grandes tables ont été dressées pour nous.

C'est vraiment dommage que je n'ai pas de photos, car vous auriez pu voir un diner traditionnel chinois: une grande table ronde, avec un plateau tournant au milieu. Les plats sont disposés tout autour du plateau, et quand l'on veut se servir, il suffit de le tourner. C'est à mon avis une manière très conviviale et respectueuse de manger, chacun se sert un petit peu, en prenant soin d'en laisser pour les autres.

Au moment des entrées j'avoue que j'ai eu un peu peur: les pattes de poulet et la méduse, ce n'est pas trop mon truc! Heureusement, les plats étaient bien meilleurs: des coquillages, des escargots (eh oui, les chinois aussi mangent des escargots et des grenouilles, il n'y a pas que les français!!), des asperges.

Mais, et c'est là que ça se corse, tout cela se mange accompagné d'un (mauvais) vin. Et qui dit vin, dit gan bei...c'est-à-dire que tout d'un coup quelqu'un te regarde et crie "Amélie, Gan Bei!" et là, tu es obligé de trinquer avec lui et de boire ton verre cul-sec. Il est impossible d'y echapper. Au début, j'ai pensé naïvement qu'étant une fille je n'y aurai pas droit, eh bien si!!! J'avoue que par moment, j'ai eu l'impression de me retrouver dans des diners d'intégration à l'Ecole...

Attention, je n'ai pas encore raconté le pire, il se trouve que les chinois adorent chanter. Ils sont fans de karaoké, et n'ont aucun complexe (d'ailleurs ils auraient tort d'en avoir). Il n'est pas rare d'entendre des gens chanter à tue-tête des airs d'Opéra dans les magasins d'électronique, pas de souci, ils ne font que tester le micro qu'ils comptent acheter. Bref, revenons à nos moutons: inciter les gens à boire n'est pas suffisant, maintenant il faut chanter. La technique est la même, quelqu'un te regarde et crie "Amelie, une chanson", et là l'angoisse monte. Il faut savoir que déjà je ne chante pas bien, mais en plus passer après un véritable chanteur lyrique, c'est très difficile. Je me suis finalement resignée à chanter "Au clair de la Lune", et ceux qui me connaissent savent que c'est vraiment la pire chose que l'on pouvait me demander de faire! Enfin, je me dis qu'après ça, je peux tout faire ;-)

J'ai découvert ensuite qu'il y avait un moyen d'y échapper: troquer sa chanson contre un gan bei! A condition d'être prêt à passer 20 minutes à négocier, en chinois bien sûr, on peut accepter de trinquer avec quelqu'un et en échange il chantera à notre place. Pour cela il faut trouver quelqu'un qui aime à la fois boire et chanter, mais ce n'est pas le plus difficile!

Bref, de nombreux verres et quelques chansons plus tard, le dîner prend fin, et chacun rentre chez soi. La mission est accomplie, ce dîner m'a permis de sympathiser avec mes collègues et de mieux les découvrir.

mercredi 4 mai 2005

Mes pantoufles



Coming out

Voilà... Il m'arrive de porter des pantoufles nounours.

Cela dit, ce ne sont pas les miennes, je les ai trouvées dans un petit placard de notre appartement.
Sans doute appartiennent elles au propriétaire des lieux....

So what comme on dit dans le milieu ?
Next step : trouver un pyjama chinois pour me balader avec dans les rues de Shanghai.

mercredi 27 avril 2005

Shanghai, j'aime ta maille



Message insignificus pour dire qu'on est bien arrivés.
Dans le fond, vous pouvez apercevoir le Bund, eh ouais !
Le Bund est un peu l'équivalent des Champs Elysées de Shanghai.
La photo est prise de Pudong, de l'autre côté du fleuve.
Pudong est le nouveau quartier d'affaires, où de nouvelles tours sont construites tous les jours.