Shanghai

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mardi 16 janvier 2007

Tei Kong


Tiens, aujourd'hui j'ai encore pris un drôle de taxi.

A peine le temps de refermer la portière passager que le chauffeur me demande d'où je viens. Je m'empresse de répondre que je suis français.

S'ensuit alors une conversation passionnée sur la France. Le sympathique homme semble plutôt bien maîtriser son sujet. Il me parle de son fils parti étudier à Lyon, de l'amitié franco-chinoise, des bagnoles françaises et Jean passe.

Puis il déclare un brin amusé

- Tu sais, je ne sais dire qu'une seule phrase en français

Je m'attends à ce qu'il me lâche un conventionnel "Bonjour" ou "Salut", mais que nenni celui-ci opte plutôt pour un

- Tei kong

A cet instant là je me dis que quoique cet homme veuille signifier, il faut avoir l'imagination d'un escargot de Bourgogne pour ne pas interpréter son "Tei kong" par un bon vieux "T'es con" de derrière les fourrés.

Par acquis de conscience je procède tout de même à une petite vérification avant de me bidonner en coeur avec lui

- Hum, vous avez bien voulu dire "T'es con"...?
- Ah oui, oui, c'est bien ça, "Tei Kong, Tei kong, Tei kong !"

dimanche 7 janvier 2007

L'institution


- D'accord on y va, mais pas longtemps, juste deux ou trois chansons et puis on rentre

Ainsi commence généralement une bonne soirée au KTV, autrement dit au karaoké.

- Allez, un dernier Backstreet Boys pour la route et puis on rentre

Ainsi croit-on que la soirée va s'achever quelques heures plus tard.

- Allez, encore un dernier Backstreet Boys pour la route et puis on rentre pour de bon

Ainsi s'achève finalement pour de bon la même soirée beaucoup, beaucoup, mais alors beaucoup plus tard.

Les novices d'un naturel méfiant objectent d'ailleurs assez souvent aux invitations à aller chanter par un habile

- Tu sais, moi chanter ce n'est pas vraiment mon truc

Ce genre de déclaration ne leurre pas grand monde. L'expérience prouve que les plus réticents finissent toujours par devenir de véritables ayatollahs du KTV.

Attention, le karaoké chinois n'a pas grand chose à envier à son adaptation française. Ici on ne badine pas avec le micro, le KTV est une affaire d'état.

Pour planter le décor, le karaoké chinois se pratique dans des pièces privatives équipées de canapés, d'écrans placentas ainsi que de paires de micros pour les duos. Il est bien loin le temps du KTV de grand papa.

Et comme chanter Barbie Girl peut dans certaines circonstances faire beaucoup de mal à un micro, on vous fournit des petits bonnets en mousse à usage unique à placer sur la tête de l'appareil afin de protéger celui-ci jusqu'au bout de la nuit.

Comble du luxe, certains établissements mettent des bruitages pré-enregistrés à votre disposition. Ainsi, confortablement installé dans votre canapé, vous n'avez qu'un seul bouton à actionner pour reproduire les sifflets ou les applaudissements d'une foule en délire.

Un vidéoclip des Backstreet Boys, une moumoute sur le micro, et zou c'est parti.

Tell me why, ain't nothing but a heartache,
Tell me why, I never wanna hear you say,
I want it that way...