Cannibale
Par Julien, mercredi 9 août 2006 à 16:11 :: Tortues :: #137 :: rss
Un plat fumant trônait au milieu de la table.
- Une tortue est un mets particulièrement recommandé aux hommes d'un certain âge, fatigués de surcroît chuchota Peiqin à l'oreille de Yu.
C'était une tortue énorme, monstrueuse. Avec sa tête coupée et sa carapace parsemée de tranches de gingembre et d'oignons hachés, elle répandait dans la pièce un arôme enchanteur.
Ainsi s'achève le livre "Encres de Chine" de l'écrivain Qiu Xiao Long.

Allons bon, encore une histoire de tortue !
Non pas tout à fait... Enfin si presque... A vous d'en juger après tout.
L'histoire se déroule au fond d'un bistrot chinois.
Une poignée de cordiaux lurons - pouet pouet - une table surmontée du plateau en verre qui va bien, il n'en faut généralement pas plus pour passer un bon moment.
Un serveur fait irruption derrière moi, prêt à griffonner notre commande sur son petit carnet. Admirablement dévoué, il m'aide à tourner les pages plastifiées de la carte de l'établissement et prend un soin tout particulier à me désigner les plats les plus chers.
"Ami étranger tu devrais choisir ce plat,les touristes les gens comme toi aiment bien".
Au détour d'une page j'aperçois la photo d'une tortue délicatement caramélisée trônant au sommet d'un monticule de riz.
Bien évidemment, la fin du bouquin de Qiu Xiao Long me revient immédiatemment à l'esprit.
Si je suis un homme d'un certain âge ? Affirmatif.
Si je suis fatigué de surcroît ? No comment, ouh, ouh, ouh.
A peine le temps de demander l'avis de la tablée que le coup part... et hop, la tortue caramélisée vient rejoindre la chair de crabe, les asperges frites et les raviolos sur le petit carnet du serveur.
Pas question d'échapper au protocole, on me colle sous le nez une tortue vivante afin que je puisse vérifier de mes propres yeux l'état de santé de la bestiole. Caroline ayant déjà suffisamment de copains, je ne sauve pas l'animal qui est aussitôt expédié en cuisine avant de refaire son apparition une demi heure plus tard confortablement installé au sommet de son petit monticule de riz fumant.
Roulement de tambour... Tatata...

Verdict, la tortue est un mets délicieux.
La chair a la consistance du poisson, la saveur du poulet et la finesse du chien (*).
A la fin du repas on me présente une facture détaillée que je relis avec attention afin signifier au personnel de l'établissement que Julien veille au grain.
Ne parvenant pas à retrouver quelconque caractère en relation avec l'univers de la tortue (乌龟), je fais aussitôt part de mon étonnement à une serveuse passant à proximité de notre table.
- Je l'attendais cette question ! Je regrette monsieur, nous ne servons pas de tortues ici.
- Ah bon ?
- Monsieur confond probablement "tortue" (乌龟) et "poisson à carapace" (甲鱼).
Décidemment, je ne me lasserai jamais de ces petites subtilités de la langue chinoise. Une chose est certaine, notre tortue domestique Michaelangelo - curieusement moins prompte que son maître à digérer les finesses de la langue chinoise - n'a rien voulu entendre à ces salades de poisson à carapace.
- Ce n'était pas une tortue mais un vulgaire poisson à carapace que nous avons mangé...
- Barbare !
- Je t'assure, c'était juste un poisson qui essayait de se faire passer pour une tortue !
- Cannibale !
(*) Bien évidemment je plaisante... La viande de chien est bien moins fine que la viande de tortue.
- Une tortue est un mets particulièrement recommandé aux hommes d'un certain âge, fatigués de surcroît chuchota Peiqin à l'oreille de Yu.
C'était une tortue énorme, monstrueuse. Avec sa tête coupée et sa carapace parsemée de tranches de gingembre et d'oignons hachés, elle répandait dans la pièce un arôme enchanteur.
Ainsi s'achève le livre "Encres de Chine" de l'écrivain Qiu Xiao Long.

Allons bon, encore une histoire de tortue !
Non pas tout à fait... Enfin si presque... A vous d'en juger après tout.
L'histoire se déroule au fond d'un bistrot chinois.
Une poignée de cordiaux lurons - pouet pouet - une table surmontée du plateau en verre qui va bien, il n'en faut généralement pas plus pour passer un bon moment.
Un serveur fait irruption derrière moi, prêt à griffonner notre commande sur son petit carnet. Admirablement dévoué, il m'aide à tourner les pages plastifiées de la carte de l'établissement et prend un soin tout particulier à me désigner les plats les plus chers.
"Ami étranger tu devrais choisir ce plat,
Au détour d'une page j'aperçois la photo d'une tortue délicatement caramélisée trônant au sommet d'un monticule de riz.
Bien évidemment, la fin du bouquin de Qiu Xiao Long me revient immédiatemment à l'esprit.
Si je suis un homme d'un certain âge ? Affirmatif.
Si je suis fatigué de surcroît ? No comment, ouh, ouh, ouh.
A peine le temps de demander l'avis de la tablée que le coup part... et hop, la tortue caramélisée vient rejoindre la chair de crabe, les asperges frites et les raviolos sur le petit carnet du serveur.
Pas question d'échapper au protocole, on me colle sous le nez une tortue vivante afin que je puisse vérifier de mes propres yeux l'état de santé de la bestiole. Caroline ayant déjà suffisamment de copains, je ne sauve pas l'animal qui est aussitôt expédié en cuisine avant de refaire son apparition une demi heure plus tard confortablement installé au sommet de son petit monticule de riz fumant.
Roulement de tambour... Tatata...

Verdict, la tortue est un mets délicieux.
La chair a la consistance du poisson, la saveur du poulet et la finesse du chien (*).
A la fin du repas on me présente une facture détaillée que je relis avec attention afin signifier au personnel de l'établissement que Julien veille au grain.
Ne parvenant pas à retrouver quelconque caractère en relation avec l'univers de la tortue (乌龟), je fais aussitôt part de mon étonnement à une serveuse passant à proximité de notre table.
- Je l'attendais cette question ! Je regrette monsieur, nous ne servons pas de tortues ici.
- Ah bon ?
- Monsieur confond probablement "tortue" (乌龟) et "poisson à carapace" (甲鱼).
Décidemment, je ne me lasserai jamais de ces petites subtilités de la langue chinoise. Une chose est certaine, notre tortue domestique Michaelangelo - curieusement moins prompte que son maître à digérer les finesses de la langue chinoise - n'a rien voulu entendre à ces salades de poisson à carapace.
- Ce n'était pas une tortue mais un vulgaire poisson à carapace que nous avons mangé...
- Barbare !
- Je t'assure, c'était juste un poisson qui essayait de se faire passer pour une tortue !
- Cannibale !
(*) Bien évidemment je plaisante... La viande de chien est bien moins fine que la viande de tortue.
Commentaires
1. Le vendredi 11 août 2006 à 06:46, par Camillenchine
2. Le vendredi 11 août 2006 à 06:53, par Julien
3. Le vendredi 11 août 2006 à 08:59, par Julius
4. Le vendredi 11 août 2006 à 09:03, par Julien
5. Le vendredi 11 août 2006 à 10:34, par Jen
6. Le vendredi 11 août 2006 à 11:29, par Philippe
7. Le vendredi 11 août 2006 à 11:42, par Julien
8. Le lundi 14 août 2006 à 04:22, par Caroline
9. Le lundi 14 août 2006 à 18:56, par Guy-Lux
10. Le mercredi 16 août 2006 à 17:33, par Xiao Ma
11. Le jeudi 17 août 2006 à 15:44, par UcCaBaRuCcA
12. Le vendredi 18 août 2006 à 08:35, par Jerome
13. Le dimanche 20 août 2006 à 09:52, par Julien
14. Le mardi 22 août 2006 à 11:14, par anne-laure
15. Le mardi 22 août 2006 à 11:36, par Yoda
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