Shanghai

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vendredi 30 juin 2006

J'ai perdu la face

Eh bien voilà, cela m'est arrivé dans un restaurant Macdonald's sous le regard vitreux de ce cornichon de Ronald.


En plus d'un an de vie à Shanghai - croyez le ou non - j'ai eu le temps d'étudier la carte des restaurants Macdonald's en long et en large au point d'en maîtriser les subtilités les plus tenaces. Je sais lire le menu en chinois les yeux fermés, éviter de me faire servir un cornet de maïs à la place des frites, commander un double cheeseburger avec l'accent de Shenzhen, ou encore moucher les inconscients qui tenteraient de me dépasser dans la queue.

Pis, j'ai étudié toutes les combinaisons possibles dans l'enchaînement des questions posées par les serveurs au moment de la commande afin de pouvoir répondre sans réfléchir.

Vous l'aurez compris, je suis devenu un sacré papa en vocabulaire chinois lié à la problématique du hamburger.

Bien sûr au début les choses n'ont pas été évidentes. On m'a renvoyé me rhabiller N+1 fois (N tendant vers l'infini), et nombre de mes tentatives sont parties en queue de boudin. Et puis avec le temps j'ai gagné en confiance au point de ne plus douter de rien.

Vendredi midi, lorsque j'ai poussé la porte du Macdonald's de la rue Fuzhou je n'ai rien senti venir.
Je me suis dirigé vers le comptoir et j'ai lancé un 你好,给我来巨无霸餐 - Bonjour, envoie moi donc un menu Big Mac (*) - à l'attention de la serveuse.

En temps normal ces quelques syllabes suffisent à mettre en branle la mise en production d'un menu Big Mac bien dodu.
Vendredi midi j'ai plutôt observé mon interlocutrice se décomposer sous mes yeux et me filer entre les doigts.

Elle m'a regardé un brin paniquée et surtout sincèrement désolée de ne pas être en mesure de comprendre mes paroles, puis elle est promptement partie chercher de l'aide.

- Allo Ronald ? J'ai un sérieux problème. Tu ne vas pas le croire, mais j'ai devant mes yeux un étranger qui parle une langue qui s'apparente au javanais. Pourrais-tu m'envoyer un interprète au plus vite ?... Non, non, je t'assure ce zigotto est infoutu de parler anglais.

Sentant la perte de face s'abattre sur ma personne, je suis resté droit dans mes bottines et j'ai répété invariablement 你好,给我来巨无霸餐 (Bonjour, envoie moi donc un menu Big Mac).

Bien évidemment cela n'a en rien amélioré ma situation, et j'ai définitivement perdu la face quand prise de panique elle m'a achevé sur son comptoir avec un 听不懂 (je ne comprends pas ce que j'entends).

Dérobage de sol sous ses pieds, pédalage dans la choucroute, bouffées de chaleur, apparition de gouttes de sueur bien salées sur mon front...
... Et puis je me suis rendu à l'évidence...
... J'ai perdu la face au Macdo...
... Allons donc voir au KFC si elle y est !

Tiens pour la peine, vous me conjuguerez 100 fois le verbe perdre la face au passé composé.

J'ai perdu la face.
Tu as perdu la face.
Il a perdu la face.
Nous avons perdu la face.
Vous avez perdu la face.
Ils ont perdu la face.

Julien D.

(*) Le "Envoie moi un menu Big Mac" peut certes paraître un peu brut de décoffrage. Ne voyez là aucune mauvaise intention de ma part, en Chinoisie on ne s'embarrasse pas avec des montagnes de politesses, les relations sont volontiers plus franches qu'en Gaule.

jeudi 22 juin 2006

Taiwagne, ça vous gagne

La semaine dernière, six pays voisins de la Chine ont été conviés à participer à une petite sauterie dans notre chère municipalité de Shanghai.
Sur le papier ça se présentait un peu comme un apéroblog, à la différence près que cela rassemblait des gros papas du monde asiatique.

Une conséquence en entraînant une autre, par souci de sécurité Shanghouze a été bouclée, et des congés providentiels ont été distribués à la foule en liesse.
Comme tout le monde nous avons ramassé quelques jours de congé par terre, et nous sommes allés nous faire fabriquer des billets d'avions en quatrième vitesse.

A peine le temps de placer Michaelangelo en lieu sûr - chez Gabriel et Amélie les éleveurs de tortue les plus sérieux de Shanghai - et quelques heures plus tard nous étions confortablement installés à bord d'un avion en direction Taiwan.


Une petite escale à Taipei histoire d'aller saluer la Taipei 101 - tour la plus haute du world tout entier - et nous avons mis les voiles en direction de l'île verte.


Figurez vous que la vie sur l'île verte est loin d'être une promenade de santé, ça chauffe correctement sous les sombreros.

Quelques chèvres en liberté, ...


... des scooters pour faire régner la terreur sur les routes, ...


... des fonds marins fabriqués à partir d'un corail volcanique de bonne facture, ...


... des sources naturelles d'eau chaude pour le teint, ...


... du poisson frais qui se dore la pilule au soleil, ...


..., il n'en faut guère plus pour recharger les batteries.

Nom d'une pipe, qu'il est bon de vivre comme un aborigène.

Pour terminer, je tiens particulièrement à remercier Hesiem, grand Taiwanologue de son état, pour l'ensemble de ses conseils avisés.


Julien D.
Aborigène à temps partiel

mardi 13 juin 2006

Michaelangelo

Ca c'est fait.

A force d'en parler, cela devait bien finir par m'arriver.
Voilà qu'Olivier et Anna - disons plutôt Anna et Olivier - m'ont offert une coquille équipée d'un cou et de quatre pattes palmées.


Sympa.

Elle, ou plutôt il - j'ai décidé qu'il en serait ainsi - s'appelle Michaelangelo en mémoire du chef des Tortues Ninja (*).

Il nous a très vite fait comprendre que son bocal était trop étroit pour son épanouissement personnel.
J'ai su rester ferme sur mes appuis... Croyez moi, je ne me suis pas laissé embobiner, et j'ai plutôt bien négocié le tournant.

D'un commun accord avec moi-même je l'ai raisonné pour finalement mieux lui céder la baignoire de notre chambre. De ce fait, nous utilisons désormais notre deuxième salle de bains. Oui, celle qui est traditionnellement réservée à nos hôtes de passage à Shanghai.

A l'image de son maître Michaelangelo est un sacré sportif.
J'invite d'ailleurs les plus sceptiques d'entre vous à visionner le document vidéo ci-dessous.


Tiens en parlant de piquer une tête, je ne voudrais pas passer pour un touriste, mais ça fleure bon les holidays ici !


Mise à jour du 14 juin 2006.
En vrai Michelangelo n'est pas tout le chef des Tortues Ninja. Il est néanmoins considéré comme un sacré un papa parmi les siens.

mardi 6 juin 2006

Leçons de planeur en Corée

Par la barbe du prophète !
La Corée vient de me livrer une remarquable leçon de planeur en format collector qu'il faut que je partage avec vous de toute urgence.

Je vous présente E-Pak-Sa, auteur compositeur Coréegraphe chorégraphe de son état (et croyez moi, c'est peu dire).
Comme vous pourrez le voir sur la vidéo ci-dessous, E-Pak-Sa apprécie le travail bien fait.
Dans le genre "je ne doute vraiment de rien", il place la barre relativement haut.


Je vous laisse, on m'attend au Karaoké pour une répète.

Amicalement,
J-Pak-Sa