Shanghai

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jeudi 30 mars 2006

Comment s’occuper le samedi soir ?

Les soirées les plus hypes de Shanghai par Amélie & Amélie

Pendant que Jules se la coule douce en Gaule, la vie continue à Shanghai, et nous en profitons pour vivre des “expériences”.

Ce samedi avait commencé (tôt !) par une visite de la nouvelle maison, pour ensuite écumer tous les magasins de meubles de la ville. Enfin tous les magasins, disons tous ceux de la même chaîne, aux 4 coins de Shanghai !
Nous cherchions l’indispensable pour pouvoir survivre dans une nouvelle maison, nous avons donc commencé par une table basse et 2 chaises de bureau, logique non ?


Thomas, un charmant collègue de Gabriel qui parle à la fois chinois (mandarin), shanghaien (mieux pour négocier à Shanghai), français et anglais nous avait gentiment accompagnés pour nous aider dans les négociations ardues.

Il donne à Gab 2 places de concert pour le soir même, qu‘Amélie D range sagement dans son sac sans poser plus de questions. Elle tente quand même de savoir de quoi il s’agit mais Gab n’en savait visiblement pas beaucoup plus.

Bref, arrive la fin de journée, nous voilà dans un taxi pour aller dîner. Thomas nous dit alors qu’il a une place aussi pour Amélie F. Cool.

Et là il nous explique un peu le concept : nous allons assister aux victoires de la musique chinoise.
L’idée nous plaît trop !!! Surtout quand une fois arrivé sur place on se rend compte qu’on est les seuls Lao Wai (blancs) de l’assistance. Nous allons donc vivre une expérience quasi unique.

Et surtout nous allons rendre Julien terriblement jaloux de ne pas avoir assisté au spectacle.

On rentre dans une salle comble et déjà effervescente en ayant au préalable pris un gros paquet de pop corn :-)! On vire 3 personnes de nos places et nous voilà installer pour … 3 heures de spectacle.


La première heure nous étions euphoriques : des chanteurs pop au look improbable, plein de midinettes hurlant des prénoms au mégaphone et brandissant des panneaux lumineux avec le nom de « l’artiste », de la grande musique ! Bref de l’ambiance.

Faut bien avouer qu’on ne captait pas grand-chose de ce qui se passait. On a seulement remarqué que l’animatrice avait 2 robes qu’elle changeait alternativement entre chaque chanson. Etrange. On a même pu chanter un peu de KTV (karaoké) sur les paroles d’une chanson, les paroles étant : « dadidadidadidadi ». Mais le voisin de Gab était définitivement plus fort que nous.


Bref au bout d’une heure trente on avait tout vu. Mais comme nous étions invités, nous n’osions pas trop partir. C’est là qu’Amélie D a eu l’idée du siècle : se baisser pour fouiller dans le sac en papier qui traînait par terre et là, elle a trouvé l’arme fatale : les ballons qui font du bruit quand on les cogne l’un contre l’autre (la description paraît tout de suite très très nulle mais si, ça marche super bien et ça a vite remis les Amélie dans l’ambiance).


En effet, notre voisin de derrière, a eu pitié de nous et nous en a donné une autre paire, nous voilà donc reparti pour 1h à taper dans nos ballons, à exploser l’oreille de nos voisins (là nous nous vengions de la voisine qui nous avait pas mal cassé les oreilles pendant le début du spectacle).

Gab est remis dans l’ambiance et rigole de nous voir taper comme des malades dans nos ballons.

On tient encore une heure, mais à 22h30, on n’en pouvait plus ! Vite trouver une excuse pour pouvoir partir sans vexer Thomas : on lui dit que ça serait bien de ne pas sortir en même temps que tout le monde afin de choper un taxi facilement. On le remercie et on sort…puis on rentre en métro.

On espère y retourner l’année prochaine.

Quelques vidéos pour vous laisser apprécier le spectacle.




lundi 27 mars 2006

Décollage horaire

Lorsque l'on revient en Chine après un séjour en Gaule, la punition est toujours la même. Soit il est difficile de terminer sa journée la tête haute, soit il est difficile de la commencer.

Hier matin, retour de Lutèce, capitale de la Gaule.
Comme tout gémeau ascendant hibou qui se respecte, je n'échappe pas à la règle.
Vlan, panne de sommeil en cours de nuit.
Il est quatre heures du matin, et voilà que je me retrouve en carafe au bord de mon lit.

Je me sens alors investi d'une mission de la plus haute importance.
C'est décidé, je vais aller photographier la Place du Peuple au lever du soleil.

Bien entendu, je n'ai pas d'idée très précise sur l'heure exacte du lever du soleil.
Cependant de mémoire je crois me souvenir que le soleil fait son apparition dans le ciel aux alentours de quatre heures et demie.

Le temps de tomber mes chaussons fourrés et de troquer mon pyjama contre une moumoute d'ours polaire, et me voilà devant les portes de l'ascenseur.
Il est 4 heures 37 minutes, je salue brièvement les gardiens de la résidence en train de piquer un roupillon sur le canapé de l'accueil et m'engouffre dans le froid matinal.

"Je vais punir de la pellicule photo ce matin" me dis-je juste avant de constater "qu'il fait quand même bien nuit".
Une chose est sûre, le soleil ne se lève pas aux alentours de 4 heures 30 minutes, ni même aux alentours de "4 heures passées de 37 minutes".


Je ne me laisse pas démonter et pars en recherche du meilleur spot pour admirer le pestacle.
Mis à part deux policiers désoeuvrés vadrouillant sans conviction sur leurs meules tous gyrophares sortis, je croise assez peu de monde.

Je finis par me poser à côté du musée prêt à prendre en chasse toute forme de lever du soleil.
Pendant trente bonnes minutes, j'attends comme un gland dans le noir le plus complet accoudé à une barrière.
J'ai la sensation que le soleil se paie de ma tête.

5 heures passées de 11 minutes, le ciel commence à prendre des couleurs.
Je change de spot et me rapproche du Jardin du Peuple.
Le gardien m'indique que le parc ouvre à six heures pétantes.

J'attends patiemment.
Dans la semi pénombre je distingue une mamie qui fait une partie de badminton avec elle-même. Original...
A côté, un jeune homme - spadassins aux pieds - s'étire et balance des coups de savate en l'air.


Les minutes passent, le ciel s'éclaircit et je découvre que je ne suis pas seul dehors.
Des régiments de lève tôt se pressent devant les grilles du parc.
A six heures précises, les portes du jardin s'ouvrent enfin et je m'y engouffre aux côtés de mes compagnons shanghaïens également tombés du lit.

Je m'isole afin de prendre quelques photos du paysage et de ne déranger personne.
Un petit papy se pointe tout sourire derrière moi.
Pas de doute, il a envie de papoter.

"Il faut faire de l'exercice" me lance t'il avant d'exécuter une danse endiablée façon oulahop.
"Regarde bien, tout mon corps bouge, y compris mon cou, et ma tête reste immobile".
"Viens donc par ici, je vais te montrer".


En moins de temps qu'il ne faut pour le dire, je me retrouve face à lui en position pour effectuer un premier exercice consistant à se tenir droit les guitares légèrement écartées tout en scrutant l'horizon façon sioux observant des signaux de fumée.
J'essaie d'avoir l'air aussi spirituel que possible.
En retour, il me fait vite comprendre que je me tiens comme une patate.

"Rentre ton bide."
"Baisse moi ces épaules"
"Regarde tout droit bon sang !"

Tandis que le vieil homme se lance dans l'exécution d'une session d'enchaînements dont la technicité me dépasse, je décide de m'écarter discrètement pour me placer en position d'observateur.
Quelques petits coups de savate par ci, quelques manchettes par là, il n'en faut pas moins pour me fasciner.

- "Quel âge me donnes tu ?" me demande t'il à la fin de son exercice

J'essaie généralement d'éviter ce genre de situation. En effet, j'ai le don pour répondre à côté de la plaque par rapport aux attentes de mon interlocuteur.

- "Euh, 60 ans"
- "Plus"
- "61 ?"
- "Beaucoup plus"

L'homme a en réalité quatre-vingts deux printemps et me révèle que si il tient aussi bien la route c'est en grande partie parce qu'il pratique le tai-chi depuis quarante ans.

"A demain alors ?"


mardi 7 mars 2006

Plaque de cador

Récemment, je suis passé devant une petite échoppe où l'on façonne avec amour des plaques professionnelles et autres panneaux signalétiques.
Curieux comme le castor, j'ai poussé la porte du magasin, et j'ai accompli un vieux rêve.

Il suffit d'indiquer avec précision ce que l'on souhaite, et la commande part en production.

Ce sera quoi pour le monsieur ?
Une étoile de shérif ? Une plaque certifiant l'obtention de la troisième étoile en 1987 ?

Sans tergiverser, j'ai opté pour le module "super papa".

Mettez moi 总经理 (Président Directeur Général) en noir sur fond blanc.

Il est entendu que j'ai refusé catégoriquement qu'ils inscrivent la transcription en anglais.
En cas de faute de frappe - ce n'est pas si rare - on a vite fait de se retrouver avec la mention "General Banager" à la place de "General Manager".


J'ai récupéré le morceau cet après-midi.
Il présente des dimensions plutôt indécentes.
Si je le pose sur mon bureau, plus de place pour caler un clavier d'ordinateur.

Maintenant il va falloir lui trouver une utilité à cette plaque !

vendredi 3 mars 2006

Les aventures de Westalito

Voici l'histoire d'un gringo un brin à l'Ouest.
J. Delerue... Non, ne révélons pas sa véritable identité, appelons le plutôt Julien. D.

Ce midi Julien D. sort déjeuner en ville non loin de Jingan temple.
Le temps est radieux, la vie lui sourit.
Le déjeuner terminé, il retourne en direction de son port d'attache, autrement dit People's Square.

Julien D. s'engouffre tout sourire dans la rame de tromé, et en sort deux stations plus loin comme d'habitude.
Les tourniquets franchis il constate que les couloirs du métro ont été repeints.
De son côté le Pizza Hut semble s'être allongé depuis son dernier passage.
Ceci étant dit, rappelons que la scène se déroule à Shanghai, la capitale du pyjama... Alors que la structure du Pizza Hut de la station People's Square soit légèrement modifiée... So what ?


Insouciant comme un champ de blés, Julien D. poursuit sa course dans les couloirs du métro à la recherche d'un passeport vers l'air libre.
La station People's Square est immense, si bien qu'il est impossible d'énumérer la liste de ses multiples sorties vers l'extérieur.
Les jours de schkoumoune on a d'ailleurs vite fait de se planter et de ressortir du mauvais côté de People's Square.

"Nom d'une pipe, ça c'est fort de café !" s'exclame t'il interloqué en découvrant au détour d'un couloir de métro l'entrée d'un nouvel hypermarché gigantissimus maximus.

Il s'engouffre tout feu tout flamme dans cet hypermarché inconnu.
Alors qu'il traverse le rayon balayettes il passe un coup de bigot à Amélie F. pour lui faire part de sa découverte sans précédent.

- "C'est ouf, j'ai trouvé un hypermarché gigantissimus maximus camouflé dans la station de métro de People's Square à deux pas de chez nous !"
- "N'hésites surtout pas à acheter un balai et du papier toilette" lui répond elle.

Le papier toilette et le balai réglés à la caisse, le voilà à nouveau parti à la recherche d'une sortie.
Au fond de lui, il sait que plus vite il sera rentré chez lui, et moins longtemps il passera pour un plouc avec son balai et son assortiment de dix rouleaux de papier toilette qu'il ne peut pas camoufler au fond d'une pochette en plastique.


N'en déplaise à l'image de marque du héros de l'histoire, le centre commercial est interminable. Chaque galerie donne naissance à une nouvelle galerie et ainsi de suite.

Aussi improbable que cela puisse paraître, après de longues minutes passées à user les semelles de ses savates, une sortie finit par se présenter sur sa trajectoire.

Le temps d'activer le pas et le voilà enfin à l'extérieur.
Un décor pour le moins inhabituel s'offre à lui.
Des maisons façon tipis mongols ont remplacé les gratte ciels ainsi que les guirlandes de tralalas de People's Square.
Décidemment Shanghai ne tourne pas rond aujourd'hui !
En face des portes du centre commercial il aperçoit même les caractères zhong et shan, zhongshan...

Zhongshan... Zhongshan... Zhongshan...
En voilà une drôle de coïncidence, il y a justement une station de métro qui s'appelle Zhongshan sur la même ligne... mais dans la direction opposée.

- "S’il vous plaît, Monsieur ! La sortie pour People Square c’est où ? C’est pas affiché, là !"
- "Ca m’étonne pas, ici, on est à Zhongshan !"
- "Ben écoutez, j’suis pas fou ! Sur mon billet, tenez, y a écrit People Square, c’est mes yeux ou quoi ?"
- "Je crois que ça doit être vos yeux!"
- "Ah, ouais, c’est mes yeux, ouais !"