Shanghai

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dimanche 30 octobre 2005

Mes amis les pandas

Le WE dernier, cap sur Chengdu.

Objectif ?
Sourcing de fabriques de pandas en compagnie des parents d’Amélie venus nous rendre visite (à pieds s’il vous plait) par la Chine.


La Fiat Panda est un animal aussi complexe qu'attachant.

Le panda, ce doryphore à roulettes, ne pense qu'à deux choses au cours de sa vie : manger des bambous et glander.
Contrairement à l'âne en ruth, le concept d'assurer sa descendance lui passe franchement au dessus de la casquette.
Ainsi pour une pandette les fenêtres d'opportunités en matière de maternité sont assez étroites.

Pour ne rien arranger les pandettes n'ont absolument aucun instinct maternel.
Lorsque par le plus grand des hasards un mini panda vient au monde, il est préférable de l'éloigner de sa mère au plus vite car celle-ci a tendance à lui mettre des coups de paluche pleine de griffes plutôt qu'à lui faire des bisous sur le museau. La maman panda c'est loin d'être un bisounours.

Bref, le centre de recherche sur le panda de Chengdu a pour vocation de remédier à tous ces comportements déviants qui nuisent à l’espèce des pandas.
Afin de bien comprendre en quoi consiste le travail des chercheurs au quotidien, le centre de recherche diffuse un petit film très instructif pour qui veut bien le regarder.

Une partie de leur travail consiste à inciter le panda à se mélanger pour in fine assurer la descendance.

Ainsi les chercheurs se retrouvent à organiser des séances de rencontres entre pandas célibataires. Le schéma est simple, ils enferment un mâle et une femelle ensemble.
Généralement, cela n’a pas trop de conséquences puisque le panda n’est pas vraiment ce que l’on peut appeler un obsédé sexuel.
Lorsque cela se termine par une séance d’insémination artificielle, cela veut dire échec.

Ensuite une fois le mini panda venu au monde, étant donné que les mamans pandettes ne sont pas trop portées sur les bisous et les câlins, des chercheuses du centre doivent venir jouer au ballon et donner le biberon aux mini pandas.

En conclusion le panda c’est plutôt un père tranquille qui aime tricoter au coin du feu, et le bambou c’est une plante pas franchement bourrée de vitamine C.

Pfff, vivement les vacances...

samedi 22 octobre 2005

Leçons de planeur en Savoie


Voici un message que mon ami Patrock a rédigé à mon intention hier soir.

Jules tu me rends ouf avec tes leçons de planeur en savoie.
Regarde donc le mal que tu fais aux écoles de planeur savoyardes.




Après vérification, effectivement lorsque l'on saisit les mots-clés "Leçon de planeur en Savoie" sur le moteur de recherche Google, mon site apparaît en premier !

Industrie du planeur en Savoie, si tu m'entends, je tiens à m'excuser pour tout le mal que je te fais sans le vouloir.

vendredi 21 octobre 2005

Riche comme Confucius !

Ceci est ma fortune personnelle.

Je vais enfin pouvoir me payer des leçons de planeur en Savoie ou alors une manufacture de Savanes de Papy Brossard rien qu'à moi.


Quelle est la solidité financière du Jules, a t'il les reins solides ?
La réponse sur 3615 VERIF ou alors plus simplement dans les commentaires.

Au passage, j'adore les deux zigottos représentés sur ces billets.
Ils me font tellement penser à des aztèques que je pense qu'il est envisageable de confectionner des flûtes de pan en les roulant.

jeudi 20 octobre 2005

Petit doigt chinois

Tiens ça mousse ?
Aujourd'hui j'ai envie de vous parler de mon petit doigt.

Pour une raison X ou Y, une remarquable proportion de mâles chinois se fait pousser l'ongle du petit doigt de la main gauche.

J'ai un peu demandé autour de moi à quoi cela pouvait bien servir de se laisser pousser un machtar au bout du petit doigt de sa main gauche.
Bien entendu je n'ai récolté qu'un pont levis d'explications vaseuses.

Des autochtones m'ont raconté que c'était tout simplement pratique.
Ah oui, c'est Patrick pour quoi ? Lorsque l'on n'a pas son tournevis sur soi et qu'il faut changer le pneu de sa Santana, ou bien lorsqu'il faut faire crisser de l'ardoise à l'école ?
Amélie pour sa part m'a dit qu'elle avait lu dans un bouquin que c'était un signe de distinction des mafiosi de Hong Kong...

Venons en au fait.
Il y a deux semaines Gaetan m'a proposé de relever le défi au détour d'un commentaire posté sur ce bogue.
Le principe est simple. Le premier de nous deux qui craque et se coupe l'ongle a perdu et paie sa tournée de cornet.

Me voila donc depuis deux semaines avec l'ongle du petit doigt qui pousse.
Je prends soin de lui, je lui parle, je l'astique et je le regarde grandir.

AvantAprès

Je commence à trouver une utilité à ce bougre d'andouille d'ongle.
En plus du cornet que Gaetan va me payer pour avoir craqué avant moi, cela devrait m'apporter plus de crédibilité à terme lorsque je me baladerai en pyjos dans la rue. N'est pas chinois qui veut mon bon monsieur !
Inutile de préciser également que d'ici deux à trois semaines je pourrai atteindre l'intégralité des touches de mon clavier sans effort.

Julien, mafioso de HK en devenir et en direct de Shanghouze pour vous servir !

PS : en regardant à nouveau les photos de mon ongle je me dis qu'elles ne le mettent pas correctement en valeur. Bref croyez moi ou non il a l'air scandaleusement plus long dans la vraie vie.
PS2 : Gaetan, si tu m'entends là où tu te trouves j'espère que tu n'as pas craqué. Si tel est le cas tu connais la sentence.

mercredi 19 octobre 2005

Siestus maximus

L'immeuble en face de chez nous est en plein ravalement de façade façon révision des 5000.
Echaffaudages en bambou accrochés avec des bouts de ficelle, ouvriers avec des chapeaux chinois, ... Un peu plus et on se croirait en Chine voire à Shanghouze.

Saurez-vous trouver les cinq ouvriers qui se sont discrètement échappés du chantier pour piquer un petit roupillon ?
Je vous livre juste un indice, ne perdez pas votre temps à chercher des ouvriers assoupis en mode "position de la crotte".


La réponse est dans les commentaires.
L'image originale en grand format ici.

dimanche 16 octobre 2005

Taxi driver



Vous ai-je déjà parlé de la fois où j'étais monté dans la voiture d'un chauffeur de taxi aveugle ?
Non ?
C'est peut être parce que cela ne m'est jamais arrivé alors.

Hier soir en prenant le taxi je me suis dit que tous les chauffeurs de taxis avaient un chromosome en commun avec Papy Brossard.
Prendre le taxi en Chine je dirais que c'est comme acheter des leçons de planeur en Savoie.

J'ai consacré pas mal de temps à l'étude de l'espèce des chauffeurs de taxis de Shanghouze ces derniers mois.
Je pourrais d'ailleurs écrire une thèse en trois volumes sur le sujet mais je vais plutôt essayer de vous la faire en condensé.

Pour commencer, vous avez deux types de chauffeurs.
D'un côté il y a les prolixes qui sont d'authentiques moulins à paroles vous déroulant des tapis de trips sur des kilomètres, et de l'autre, il y a les ténébreux avec lesquels il est plus compliqué de rentrer en vibration.

Pour ceux d'entre vous qui voudraient conduire un taxi à Shanghai, je me permet de préciser qu'il faut avoir une licence.
Cette licence est tamponnée de N+1 étoiles, N variant entre -1 et 2.
C'est un peu comme au ski, sauf qu'il n'y a pas le niveau flocon d'argent ni même le niveau chamois de bronze.
Tous les chauffeurs sont unanimes sur la question des étoiles : il faut sérieusement tremper le maillot pour les décrocher.
Ainsi pour pouvoir papatiser avec 3 étoiles sur sa licence, plusieurs années d'études validées par des contrôles sur table sont nécessaires.
Apparemment il semblerait qu'il faille apprendre l'anglais pour avoir sa troisième étoile. Ceci étant dit les examinateurs doivent pas mal fermer les yeux sur l'examen d'anglais, car sorti du "OK" et du "Bye bye" j'ai rarement vu des chauffeurs qui refont le monde dans la langue de Shakespeare.

Licence en poche, le chauffeur doit ensuite louer sa voiture à une société spécialisée.
Ce n'est pas compliqué, il a le choix entre une Jetta Volkswagen Santana et... une Jetta Volkswagen Santana.
Il lui en coûte la somme de 380 yuans (38 euros) par jour.

La plupart des chauffeurs qui s'installent sur le divan du père Jules lui racontent qu'ils travaillent un jour sur deux pendant vingt heures d'affilée pour gagner en moyenne 3000 yuans par mois (300 euros).
Pas la peine de préciser qu'il vaut mieux rentrer en planche à roulettes qu'être le dernier client de la journée.

Il n'est pas rare quand vous montez dans un taxi d'avoir du mal à faire comprendre l'endroit où vous souhaitez vous rendre.
En effet les français sont génétiquement programmés pour prononcer comme des patates certains noms de rues parmi lesqelles figurent Juirin road, Julu road, Xiang Yang road, ou encore Tongren road.

Si jamais vous n'avez pas le choix et que vous devez quand même vous rendre dans l'une de ces rues, il faut réessayer sans vous décourager et en prononçant différemment le nom du lieu où vous comptez vous rendre.

Passager- Tongren Lu
Chauffeur- ???
Passager- TongREN Lu alors
Chauffeur- ???
Passager- TONGren Lu (version excessive), T.O.N.G.R.E.N L.U (version rappeur), Rentong Lu (version verlan), Tongtong Lu (version créative), @#!&@##! (version scalpage du chauffeur)
Chauffeur- Ah, Tongren Lu ! Fallait le dire plus tôt !

Parfois répéter ne sert à rien.
Il faut savoir accepter la défaite et envisager le repli stratégique.
Le métro c'est aussi un chouette moyen de transport.

Une fois que vous avez réussi à faire comprendre votre destination, il arrive que le chauffeur commence à sortir son plan ou appelle un collègue pour lui demander où se trouve l'endroit où vous voulez vous rendre.
Inutile de préciser que ce n'est pas bon signe, et mieux vaut avoir du temps devant soi.
Une fois toutes ces épreuves passées, vous pouvez vous détendre et commencer à parler météo avec le chauffeur.

Il faut savoir que 100% des taxis driver sont de grands fans de foot, et quand ils apprennent que vous êtes français, c'est 齐达内 par ci et 齐达内 par là.
齐达内 c'est Tsitani autrement dit Zidane.
Il m'arrive parfois de tomber sur des chauffeurs qui fonctionnent en mode Encyclopedia Universalis.
Ceux-ci sont capables de citer des noms de présidents allant de 杰克 希拉克 (Tsiékeu Silakeu / Jacques Chirac) à 戴高乐 (Daille Gaoleu / De Gaulle) ou encore des ministres français tels 拉法兰 (Lafalanne / Raffarin) ou bien 德维尔潘 (Deu Weilleurpanne / De Villepin).
Tiens, je ne serais pas choqué que l'on me sorte un jour l'histoire des mérovingiens ou les dates de règne de Charles le Chauve.

Julien dans sa Jetta Volkswagen Santana en direct de Shanghai pour vous conduire à Tongren Lu, euh pardon TONGren Lu (voire tongREN Lu).

mercredi 12 octobre 2005

Shenzhou 6

Ce matin je découvre en regardant les news chinoises en ligne que le deuxième vol spatial chinois est sur le point de mettre les voiles.

Cela faisait depuis plusieurs jours que l'on en entendait parler, mais je n'avais jamais réussi à mettre la main sur la date précise du décollage.
De la même façon l'identité des deux taïkonautes (航天员) faisant partie de l'aventure a été révélée entre hier et aujourd'hui, soit très peu de temps avant le décollage.

Ce matin, à 9 heures 0 minutes et 0 secondes heure de Beijing, Shenzhou 6 (神舟六号) a quitté la base de Jiuquan (酒泉) en Mongolie intérieure.

Pour l'anecdote Jiuquan est l'association des mots alcool et printemps source... Alcool du printemps Source d'alcool ? (merci Raf)... Allez comprendre.

Une demi-heure après le décollage nos deux taïkonautes ont l'air de bien se porter.
Les voilà dans leur capsule en train de lire le journal cigare au bec façon chroniqueurs mondains.


Détail assez marrant, les vidéos du décollage n'arrivent que maintenant, soit après les vidéos des taïkonautes dans l'espace et le discours de félicitations du président de la présipauté Hu Jintao fier comme bar tabac.
Je vous laisse interpréter librement !

Pour un approfondissement en règle sur le sujet, consulter l'article d'Olivier ici.

Julien, en direct de Shanghai dans sa capsule spatiale pour vous servir.

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Le 14 octobre 2005
Mea culpatch, il semblerait que la diffusion des images du décollage se soit bien faite en live (et pas en différé comme je l'ai cru et raconté).
C'est moi qui suis arrivé à la bourre et j'ai par conséquent assisté au replays du décollage.
Je vous laisse quand même interpréter librement !

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dimanche 9 octobre 2005

Forrealbeauty.com.cn

En ce moment je me délecte de l'adaptation chinoise de la célèbre campagne de publicité 'Pour toutes les beautés" de la marque Dove.

Le principe est efficace et l'adaptation chinoise particulièrement intéressante.
Plutôt que de faire appel à des mannequins, la marque joue la carte de la proximité avec ses consommatrices en présentant des femmes exceptionnellement normales et réelles tout en mettant en avant des particularités physiques culturellement considérées comme des défauts.

La version chinoise de cette campagne de publicité révèle au grand jour les complexes des femmes chinoises.
Voici un échantillon.

Source http://www.forrealbeauty.com.cn

Quel est le défaut de cette femme ?
Réponse, elle aurait les yeux excessivement bridés... Allons bon, elles sont torturées du bulbe les chinoises.

Le texte à côté de la photo delivre un message dans l'esprit "Les yeux bridés peuvent ils aussi servir à être belle ? Yeux bridés, ou beauté à l'orientale ?"

Source http://www.forrealbeauty.com.cn

Pour celle-ci le message est assez brut de décoffrage : "Piste d'atterrissage ou penderie ?".
Comme pour la précédente, le premier choix souligne le soit disant défaut de façon plutôt péjorative, et le second choix met en valeur ce que l'on pense être un défaut.
"Piste d'atterrissage" en synonyme de "Planche à pain" ça me parle, par contre, "Penderie" ça ne me dit rien, mais alors rien du tout...
Si cela éveille quelque chose chez quelqu'un, qu'il éclaire ma lanterne !


vendredi 7 octobre 2005

Dentiste

"One article a day, keeps the doctor away"


Voici une photo prise il y a un an aux alentours du marché aux criquets de Shanghai.
Disons plutôt "marché aux sauterelles" de Shanghai afin de ne pas froisser les puristes.

A l'époque c'est surtout le cybercafé bien rustaud à droite qui avait motivé une sortie du polaroïd au grand air.
A vrai dire je n'avais même pas remarqué l'ombre d'un instant la petite échoppe attenante à gauche.

Il y a quelques jours, en ressortant cette photo poussiéreuse de nos cartons, j'ai remarqué un détail inédit (Mitchell) qui avait complètement échappé à mon attention à l'époque et qui aujourd'hui me fait rêver bien plus haut que toutes les montagnes de l'Emeishan réunies.

En effet, les caractères rouges 牙科 que l'on peut apercevoir sur la panneau blanc trônant en haut de la devanture du magasin à gauche signifient "Dentiste".
Non, vous n'avez pas la berlue, je parle bien du petit magasin qui fait 1 mètre de large et qui communique par l'intermédiaire d'une porte ouverte avec le cybercafé.

Je vous invite à chercher les éléments suivants sur cette photo :
- le seau pour cracher ses molaires en fin de consultation
- le prothésiste qui fait la sieste
- l'anésthésiste et ses produits anesthésiants
- de l'hygiène sous une forme quelconque

Julien envoyé spécial à Shanghouze pour arracher des ratiches.

jeudi 6 octobre 2005

Mamies chinoises



Comment dire Mamie (Nova) en chinois ?
Cela s'écrit 外婆 et cela se prononce waipo.
外 signifie "extérieur" et 婆 signifie "vieille dame".

Je vais vous livrer mon petit secret pour vous aider à retenir ce mot infiniment utile.
Il suffit de prononcer "Vieille peau" sans trop forcer sur l'articulation et normalement (sauf cas particulier) votre interlocuteur devrait entendre "waipo" dans son oreillette.

Mandarin, tu n'en finis plus de m'estonner !

lundi 3 octobre 2005

Relâchée© et Sifoné©

Aujourd'hui séance de courses au Parkson (百盛) histoire de nous refaire en roquefort, pâtes et paquets de Pim's.

Le Parkson, c'est un peu comme le magasin des frères Tang de Paris version expatriés.
On y trouve de tout : du déo, du schlouk pour le cornet, des kits pour fabriquer soi-même ses fajitas, des cornichons allemands, du coulant bien baraqué...

Le Parkson et le ternet permettent de raccourcir les distances avec la Gaule.
Il ne manquerait plus que les chinois se mettent à parler français, à porter des longs nez (高鼻子) et à construire des arcs de triomphe pour que l'on se croie en France.

Quand bien même la globalisation galopante tue l'exotisme de la Chine à coup de gourdins à épines, il est encore possible de se croire à 12000 kilomètres de chez soi.
Le rayon "cosmétiques" du Parkson est un exemple en la matière.
On y trouve les crèmes au lait de la marque Relâchée© qui doivent servir à transformer les fesses raplaplas en authentiques peaux de tamtams, et la crème capillaire Sifoné© permettant probablement de traiter les troubles du comportement.


Ni une ni deux, je me sens investi d'une mission et je sors le polaroïd de son étui en moumoute.

Première photo, un flash scandaleux illumine le magasin façon feu d'artifice du 14 juillet.
Flûte, je me suis fait remarquer.
Je sens bien que j'agace les hôtesses représentant la marque Relâchée©, mais elles ne semblent pas suffisamment sûres d'elles en anglais pour m'assaisonner.
La brèche étant ouverte, je continue sur ma lancée et pars mitrailler le stand Sifoné©.
Là je crois que je fais déborder la carafe, et on m'explique qu'il faut que j'arrête de prendre des photos.
Si je continue l'agent de sécurité va venir en personne me coller une paire de claques.

Chez Relâchée©, on se serre les coudes avec Sifoné©.
Pris la main dans le sac, je me sens obligé d'expliquer combien il est étrange d'appeler sa crème Sifoné© car en France "siphonné" signifie dérangé de la cafetière.
Au passage, une des mes inquisitrices croit que je lui explique qu'elle est débile. Complètement hors sujet celle-là.
Elles finissent par saisir là où je veux en venir, et me retournent en échange l'étymologie du nom chinois de Sifoné©.
Le nom chinois de Sifoné© c'est 诗芬© (shifen) ce qui veut dire "Fragrance poétique" : tout un programme !

Bel échange culturel au final.
J'imagine déjà mes petites vendeuses se bidonner en coeur lorsqu'elles vanteront les vertus de la crème Sifoné© à leur prochaine cliente.

Si les noms de marques bien hors sujet vous font planer, je vous recommande d'aller consulter l'article de Cris' qui présente de façon intelligente et sensible la marque chinoise "Fion©".

samedi 1 octobre 2005

Vacances nationales

Depuis hier soir les chinois sont gais comme des pinsons.
En effet, comme tous les ans à la même époque, une semaine de vacances s'abat sur le pays entier.

Du coup, hier soir tout Shanghai s'était donné rendez-vous dans notre quartier pour fêter ça.
Kermesse à base de pattes poulets, queues de crapauds et gencives de poulpes pour remplacer merguez et barbes de papas.


N'ayant pas été alerté de façon officielle que cette petite sauterie se déroulait dans notre quartier, j'ai correctement halluciné en sortant hier soir.
Vif comme l'antilope, j'ai assez vite remarqué que n+1 bachibouzouks se baladaient armés de gourdins et d'ailes d'anges gonflables. Il se trouve qu'hier soir n n'était pas d'humeur à tendre vers -1.

A quoi servent ces gourdins ?
A se savater entre amis naturellement.

On ne sait jamais, les Shanghayoos pourraient décider de casser du blanc bec à coups de tatanes sur la calebasse.
En conséquence, je n'ai pas hésité un seul instant avant de me procurer un attirail d'auto-défense.
J'ai opté pour un gourdin violet, et je n'ai pas lésiné sur les options, j'ai pris celui avec des épines.


Un soir comme celui-là, montrer que l'on possède un bourrier pareil, c'est annoncer à la populace que l'on est prêt à distribuer des coups de gourdin en cas de problème.
Faut pas me chercher !

Soit, je réécris un peu l'histoire.
La principale raison de mon acquisition a en réalité été motivée par l'irresistible envie de vivre l'expérience de parader dans la foule, gourdin sur l'épaule tel un australopithèque des temps modernes.

Si j'ai eu l'air d'un plouc avec mon gourdin cactus d'un mètre de long ?
Je veux ouais !
Je dois bien avouer que j'ai compris que j'avais fait une mauvaise affaire lorsque j'ai aperçu quelques centaines de mètres plus loin un vendeur de haches gonflables géantes. Elles étaient sensiblement plus hautes que leur vendeur... Elles devaient bien mesurer 1 mètre 50.

Les combats de haches gonflables se sont prolongés jusque tard dans la nuit, et aujourd'hui les guerriers urbains semblent avoir rendu les armes.

Je vais terminer sur ces quelques paroles empruntées à Jack Dutronc qui avait tout compris avant tout le monde.
Pour radio gourdin, Julien en costume à épines pour vous servir.

Il est 5 heures,
Shanghai s'éveille,

Les gourdins à épines sont dégonflés,
Les shanghayoos sont savatés,
Kaiser va se raser,
La clim de la Zhejiang Lu va se rallumer,

Il est 5 heures,
gling gling, tralala, shanashan !

PS : le premier qui sort une blague graveleuse sur les gourdins dans les commentaires aura le privilège de faire connaissance avec le mien.