Tralala.
Nous voici revenus après un peu plus de deux semaines de vacances en France.
Croyez moi ou non, cela n'a pas été facile tous les jours.
Durant ces quinze jours, nous avons subi des assauts scandaleux et répétés de la part d'andouillettes, de foies gras, de cuissots de sangliers sauvages, de coulants bien baraqués ainsi que de baguettes de pains croustillantes à souhait.
Bref, nous sommes repartis dodus - ou presque - comme des porcelets de chez cochonou.
Dans la dernière ligne droite de notre périple j'ai d'ailleurs failli trépasser de façon assez ridicule en m'attaquant à un dossier tiramisu peut être un peu trop ambitieux.
Je vais vous conter comment un tiramisu a failli me mettre à terre le samedi 3 septembre 2005.
Juste avant de prendre notre avion pour rentrer à Shanghai, nous avons décidé de nous mettre un dernier morceau de barbaque bien sanglant dans le tiroir caisse.
Nous avons donc procédé à une visite de courtoisie dans un resto grill de Roissy. Nous l'appelerons par la suite le "Bison Grill".
Le repas se déroule comme un papyrus jusqu'au moment du dessert où je commets le pêché de gourmandise en commandant tiramisu qui sur le papier a l'air bien sous tous rapports.
J'enfourne une première cuillerée pour papa et m'apprête à enfourner une deuxième cuillerée pour maman lorsqu'un gros morceau de sucre façon bonbon La Vosgienne croque sous ma molaire.
Curieuse idée que de fourrer un tiramisu avec des bonbons La Vosgienne...
Encore plus curieux, il est difficile à croquer ce fichu bonbon La Vosgienne.
Je finis par extraire de ma bouche le minerai récalcitrant et découvre qu'il s'agit en réalité d'un vulgaire tesson de verre.
Allons bon, je ne savais pas que le verre sous forme de tessons entrait dans la composition du tiramisu....
Le concept de ressembler à Frankenstein de l'intérieur me faisant moyennement vibrer j'opte finalement pour un renvoi du dessert en cuisine avant même d'en avaler une deuxième cuillerée.
La note finit par arriver avec le susdit tiramisu trônant fièrement au niveau de la dernière ligne de l'addition.
Il n'y a pas à dire ils sont réglos chez "Bison Grill", les tessons de verre en accompagnement du tiramisu sont gracieusement offerts par la maison.
Mettons de côté cette fâcheuse histoire de tiramisu, je suis encore en vie c'est le principal.
Afin de passer un hiver cosy et franchouillard, nous avons camouflé des sauciflards dans les doublures de nos manteaux et avons pris soin de cacher du rouge dans nos valises à double fond en plomb.
Futés les bisons.
Nous avons ainsi passé de cette façon l'ensemble des contrôles douaniers, ainsi que l'épreuve des rayons X, les détecteurs de mensonges, les tests anti-dopage, etc...
Tout le monde ne peut pas en dire autant.
A l'aller, alors que nous patientions dans la queue devant la porte d'embarquement, nous avons aperçu un homme - manifestement chinois et manifestement très courroucé - sortir des sachets de son bagage à main pour les flanquer violemment dans une poubelle spécialement conçue pour recevoir des déchets organiques.
Le pauvre homme avait l'air vraiment affecté par la perte de ses sachets plastiques renfermant on ne sait quoi.
"Qu'est ce que ce saltimbanque nous fabrique ?"
Arrivés à sa hauteur, une odeur de crevette soutenue a commencé à nous piquer les narines.
Nous avons alors compris qu'il s'était fait attraper par le chef de cabine avec de la crevette de contrebande dans les poches.
Il a pourtant bien essayé d'expliquer que c'était pour sa consommation personnelle...
Rien à faire, le personnel navigant est resté ferme sur ses appuis.
Aujourd'hui, lorsque je repense à cette triste histoire je me dis rétrospectivement que ce n'est peut être pas plus mal que les choses se soient ainsi déroulées.
Les temps sont durs.