Shanghai

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jeudi 30 juin 2005

Pestos chinois

Je viens de découvrir comment écrire des pestos en chinois avec mon téléphone portable.
Barjo le cageot, on peut faire de la calligraphie sans pinceau sur téléphone portable.

Bigre ! Comment faire pour écrire des milliers de caractères avec un clavier composé de 10 touches seulement ?
Je vais vous livrer le secret de fabrication du pesto chinois, tel qu'on se le transmet depuis des millénaires de père en fils dans les tribus ouïgoures.

Un téléphone portable est composé de touches avec des chiffres et des lettres.
Ainsi pour écrire le caractère hao, il suffit de taper H (touche 4) + A (touche 2) + O (touche 6).

Etant donné que la touche 2 permet d'écrire A, B, C, que la touche 4 G, H et I et que la touche 6 M, N, O, le téléphone me propose de choisir entre toutes les combinaisons pouvant correspondre : hao, gan, gao, han.

Il me reste ensuite à sélectionner "hao" dans cette liste, et à choisir le caractère que je veux écrire parmi les 6 propositions affichées.

A quoi cela me sert t'il ?

A peu de choses ma foi !
A part parfois écrire à Wu Lan Ping (ma prof de chinois) des messages contenant des mots que je trouve jolis comme "ronfler" (cf photo à gauche), "panda", etc...

Ceci dit je préfère y aller mollo, car il y a fort à parier que celle-ci pète rapidement un cable à recevoir des pestos faiblement concentrés en philosophie tels que "Ronfler est bon pour la santé" ou encore "Le panda est féru de bambou".

vendredi 24 juin 2005

Mon nouveau criquet

L'expérience du mini criquet s'étant révélée concluante à tous les niveaux, nous avons décidé avec Gaetan de monter un peu en gamme en matière de criquet.

Nous sommes donc retournés sur le marché aux oiseaux de Shanghai pour acheter le criquet version "deluxe" dans sa cage en bois exotique.

Pour vous donner une idée de leur taille, ils ont un volume assez proche du boudin créole que l'on sert en apéro.
Amélie appelle le mien le "monstre".
C'est un peu fort de café.
Il est certes un peu enveloppé, mais il est mimi comme les blés avec ses petites antennes.

Je suis sûr et certain que quand ce zigotto était ado, il sortait avec ses potes - meules tunées, guidons retournés, gros cuirs, pots ninja et compagnie - et allait ravager des champs de maïs, rizières et autres.
Maintenant qu'il est captif, il nous ravage les esgourdes.

Ces criquets sont loins d'être des pop-stars, et quand ils se mettent à chanter, ça me rappelle le son qui sortait de la gratte de Yannack quand il débutait et qu'il taquinait le manche.
Une chose est sûre, ces criquets géants en ont sous le capot niveau sono.
Dès qu'il s'agit de nous réveiller tôt le matin ou de chanter plus fort que l'aspirateur, cet aztèque répond toujours présent.

Pour le moment je n'ai pas réussi à élucider si il valait mieux lui parler en chinois, en anglais ou bien en krishnou...

Depuis peu, je lui donner un peu plus de libertés, et je le fais sortir de sa cage de temps à autres pour qu'il se dégourdisse les pattes.
Il est 4*4 - je devrais plutôt dire 6*6 - et escalade toute surface horizontale ou verticale, à l'endroit comme à l'envers.
Contre toute attente, il utilise le saut avec modération et seulement quand il est stressé.
Il ne saute qu'en cas d'urgence extrême.

Je l'emmène aussi parfois au resto, et dans certains bars.
Un criquet, c'est un peu comme un labrador, ça permet de sympathiser avec pas mal de monde.
Dans un bar, une serveuse est venue apporter un bretzel au criquet de Gaetan, et nous a taillé une bavette de 3 kilomètres en oubliant qu'elle avait du boulot.
Un peu plus tard, dans un restaurant de fondues chinoises, un serveur lui a apporté un mini verre à pied pour qu'il puisse trinquer avec nous.

Tous les chinois sont formels là dessus : le criquet c'est un truc de papy.
"Le Criquet" en Chine, c'est un peu comme Loft Story en France, personne n'y touche, mais tout le monde connaît par coeur les différentes sortes, et tous sont capables de faire un cours magistral sur le sujet.

Au niveau cullinaire, j'ai vraiment du mal à comprendre mon criquet.
Je crois que je suis tombé sur un gros difficile, et dans le style perrier rondelle / petit doigt en l'air, il excelle.
Alors que le criquet de Gaetan vendrait père et mère pour un bout de couenne de jambon, le mien daigne à peine regarder les morceaux de melon, les cerises et frites que je place dans son écuelle.

La saison des combats de criquets devrait bientôt commencer.
Je reste à l'affut, prêt à payer mon compte-rendu.

Julien,
Envoyé spécial en costume de criquet pour vous servir !

vendredi 17 juin 2005

Visite chez le coiffeur (experience chinese hairdressing)

L'été approchant à grands pas, j'ai décidé ce matin d'aller me faire rafraichir la choucroute chez un coiffeur bien local.

On peut repérer les salons de coiffure chinois grâce aux rouleaux à rayures plantés devant leurs enseignes.

Ces salons sont généralement ouverts jusqu'à pas d'heure à tel point qu'il est possible de se faire coiffer en rentrant de soirée.

Après une courte étude comparative de la dizaine de salons de coiffure se trouvant en bas de chez nous, j'ai opté pour celui qui propose la coupe à 28 RMB.

Pour mémoire, avec 28 RMB on se paie à peine une moitié de bombe de déo "Vertical Limit".

En poussant la porte de ce petit coiffeur de quartier j'ai tout de suite senti que j'étais sur le point de lui acheter du trip en branches en tarif happy hour.

A l'intérieur, musique chinoise à fond les melons et coiffeurs excités du bulbe.

Ces derniers m'accueillent avec un grand "Rhalloooo" (Hello quoi), banane en travers du visage.

Ils m'installent dans un confortable fauteuil en me faisant le signe "Twix, deux doigts coupe faim" pour me demander si je suis bien là pour me faire coiffer.
"Euuuuh, oui c'est bien cela !".

Je ne patiente pas longtemps avant qu'une coiffeuse arrive la main pleine de shampoing pour me l'appliquer à sec sur la cafetière.
Sympa...
Voix off : "Dis donc, t'es gonflée toi ! Tu as vu qu'il y avait des fauteuils montés sur lavabos à 5 mètres ?".
Etant donné que je ne suis pas là pour leur apprendre leur métier mais plutôt pour vivre une expérience sensationnelle - quitte à me faire poser des bigoudis ou encore à me faire épiler les sourcils - je la laisse faire en silence.
Le massage de crâne dure un peu - ce qui n'est pas désagréable - et puis la coiffeuse m'invite à aller rejoindre ces fameux fauteuils montés sur lavabo pour me rincer le crâne plein de mousse.

Je reviens ensuite à la case départ et me rassois sur mon confortable fauteuil.
Je découvre à ce moment là que le menu à 28 RMB est assorti d'un bonus sous forme de massage des épaules.
Braaaaazil, carnaval et compagnie !
Belle opération financière cette prise de participation à hauteur de 28 RMB !

Arrive enfin la star, le Coiffeur.
Dans le style néo marbré, "A coiffeur is born".
Il s'agit d'un chevelu assez gratiné - très gentil au demeurant - exhibant une grosse pince jaune bonbon dans les cheveux, et vétu d'un marcel rose orné d'une tête de mort.

Il use du "body language" pour me demander comment je veux être coupé.
Réponse en body language.

Il trippe avec ses potes coiffeurs sur ma barbe naissante, et se paie le luxe de tenir ses ciseaux comme des baguettes à riz et à l'envers.
Les coups de ciseau s'enchainent, un petit coup de tondeuse par ci, un petit coup de sèche cheveux par là et hop, voilà ma perruque au poil pour la révision des 5000.

A la fin, le coiffeur - en véritable esthète qu'il est - me renvoie quand même faire un tour au niveau des fauteuils / lavabos pour voir si il y est, et accessoirement pour me remettre un dernier coup de shampoing pour la route.
Docile comme un panda, je me fais resaucer la tête, et cette fois-ci pour mon plus grand bonheur le shampoing est comboïsé avec un bonus "massage des tempes".

En conclusion, si vous n'avez pas peur de repartir avec une pince jaune bonbon dans les cheveux, je vous recommande chaleureusement l'expérience.

mercredi 15 juin 2005

Les cours de chinois

Le matin providentiel dont tous les expatriés parlent - celui où l'on se lève et on réalise que l'on a tout pigé au chinois - ne m'est pas encore tombé dessus.
Il reste encore quelques zones d'ombres à eclaircir.

Ceci dit, je progresse en travaillant (et pas en dormant).
Je peux tailler de plus en plus de bavettes avec l'autochtone.
J'élargis au fur et à mesure mon panel de sujets de conversations à tel point que cela commence à devenir plus intéressant pour un chinois pas trop cultivé de converser avec moi plutôt que de converser avec ses pompes en croco.

Voilà où j'en suis (n+1) cours de chinois après celui sur la prononciation (n n'étant pas loin de tendre vers l'infini).

J'ai enfin un nom en chinois.

Mon nom complet est "Zhu Li An", et il faut le prononcer "Djou li âne".

En complément des ressemblances non fortuites dans la prononciation avec mon prénom français, ce nom a une signification.

"Zhu" ne veut rien dire, c'est une particule que l'on met devant le nom pour faire joli.
En somme le Zhu fait de la figuration.

"Li" veut dire "Strong" soit "Fort" en français.

"An" signifie "calme, tranquille, sûr".

Pour l'anecdote, le caractère "An" est représenté par l'association des caractères "Femme" + "toit".
"Femme sous toit" = "Tranquillité" !

Attention au contresens, le "strong" ("Li" dans "Zhu Li An") ne signifie pas "gros biscottos, épinards, testostérone et compagnie" m'a expliqué ma prof de chinois.
Non, non, c'est bien plus spirituel que ça.

Ici, le strong signifie "fort" pour faire plein de choses.

Cette dernière m'a donné quelques exemples pour que je saisisse bien le concept : "Ta TV est cassée ? Tu sais la réparer en 3 secondes tellement tu es fort".
Cela s'applique aux réparations de TV cassées, mais aussi au jardinage, à la menuiserie fine, au tricot...
Je passe in fine du statut de Popeye à celui d'homme à tout faire, bon soit, pourquoi pas...

Amélie a elle aussi un nom chinois.
Son nom complet c'est "Aï Mei Li", à prononcer "Aïe Mais Lis !".

Le "Aï" ne veut rien dire non plus, et "Mei Li" veut dire "Beautiful".

Là contrairement à mon "Strong" il s'agit d'un vrai "Beautiful" ! (en réalité, un "Beautiful dopé à la vitamine")

Nos noms chinois nous servent pour faire tout un tas de choses impossibles à faire avec nos noms de chez nous (prénom + nom de famille).

En particulier, ils nous sont d'un bon secours au téléphone.

En effet les chinois ont du mal avec "Julien", ça ne leur parle pas trop dans leur référentiel géocentrique.
Et comme ils ont plus d'affinités avec les caractères chinois qu'avec notre alphabet, il est assez périlleux de vouloir épeler son nom tout en se faisant comprendre.

La Chine c'est génial, lorsque je veux reserver par téléphone une table dans un restaurant, je la réserve au nom de Julien ("Djou li âne").
Pareil si je dois signer un contrat : il suffit d'écrire "Julien" et l'affaire est dans le torchon.

A part ça, je deviens un vrai papa sur les animaux et les outils de jardinage.

Je sais enfin dire panda géant, perroquet, criquet, dorade, sécateur, rateau, pelle à sable...

Bref, je deviens performant en vocabulaire de la vie de tous les jours :)

dimanche 12 juin 2005

MP3

En surfant un peu sur le web chinois, je suis tombé Baidu, le plus gros moteur de recherche chinois.
Afin de planter le décor, je précise que sur le ternet chinois, Google n'est pas autant le roi du camping que sur notre ternet à nous.

Tout comme Google, Baidu offre la possibilité de rechercher des pages internet, des images, des news à partir de mots clefs.
En revanche Baidu pousse le concept beaucoup plus loin que Google en permettant de rechercher sur le web de la musique et des films sur internet.
Au passage, les morceaux musicaux et les films que l'on peut trouver sur Baidu ne sont pas forcément tous libres de droits.

Chose frappante, Baidu ne se cache pas une seule seconde de proposer à ses visiteurs un moteur de recherche conçu pour rechercher - et in fine télécharger gratuitement - de la musique en ligne.
Il faut vraiment avoir nettoyé ses lunettes avec une tranche de jambon pour ne pas apercevoir la mention MP3 en police 150 sur la page d'accueil juste en dessous du logo du site.

Aucune mention apparente ne semble indiquer qu'il est illégal de rechercher et de télécharger gratuitement de la musique en ligne.
Cerise sur le Savane de Papy Brossard : en allant survoler les mentions légales du site, on découvre que Baidu est une entreprise avec pignon sur rue à Pékin, et que le site est parfaitement en règle au regard de la législation chinoise.
Allons bon :)


TOP 500

Afin de faciliter le travail de l'internaute désireux de mettre à jour sa collection de MP3 tout en restant dans le coup, Baidu propose une page récapitulative des 500 des titres les plus téléchargés.

Contrairement à ce que j'avais imaginé, le TOP 500 est majoritairement constitué de titres chinois parfaitement inconnus du grand public français.
On n'y trouve qu'une trentaine de titres étrangers, dont la plupart doivent être presque libres de droits du fait de leur ancienneté (attention plaisanterie !).
Par exemple : "Say you say me" (460ème), "With or without you" (443ème), "I belive I can fly" (420ème), "I will always love you" (367ème), "My heart will go on" (298ème).

Cela signifie donc que :
1. Les 80 millions d'internautes chinois sont de vrais lovers quand il est question de télécharger gratuitement de la musique sur internet.
2. L'internaute chinois ne représente pas encore une réelle menace pour les marges des maisons de disques occidentales.


Recherche de morceaux

Non content d'avoir pu consulter le TOP 500 des morceaux les plus téléchargés par les internautes chinois, j'ai essayé de lancer quelques recherches afin de ne pas mourir idiot !

Pour chaque titre trouvé, Baidu propose des options assez bien pensées :
- Ecoute du morceau
- Taille du morceau
- Rapidité du téléchargement histoire de ne pas se galérer à télécharger un morceau pendant des heures
- Format dans lequel il est disponible (si on préfère les .MP3 aux .WAV)


Et Google dans tout ça ?

Google est en train d'arriver en Chine.
Cependant, il va falloir rivaliser avec Baidu...

Que va faire Google ?
Proposer à son tour une fonctionnalité recherche de MP3 ?
L'avenir le dira !


Conclusion

Il est interdit de télécharger gratuitement de la musique non libre de droits en France.
Ne vous risquez donc pas à utiliser Baidu en France !

Allez ouste, débarrassez moi le plancher ! :)

vendredi 10 juin 2005

Le déo

Quand on débarque dans un pays du bout du monde tel que la Chine, on s'attend à rencontrer quelques difficultés pour trouver certains produits de consommation courante.

Que nenni.
J'ai assez vite trouvé du camembert Président bien coulant, des pizzas, des frosties, des mikados, des baguettes de pain de mauvaise facture, etc...
Bref, jusqu'à il y a peu de temps on peut dire que je n'ai manqué de rien, si ce n'est de jus de citron vert (pour faire de la margharita).

Cependant, hier la température a commencé à grimper de façon assez cochonne.
Les chinois sans doute moins velus que nous autres occidentaux n'ont pas besoin de déo pour vivre en communauté.
Vers 18 heures, dans le métro les ouvriers n'hésitent pas à se cramponner des deux mains aux barres en hauteur, et dans les vestiaires des équipes de foot ça sent le thé au jasmin.
Par voie de fait, il ne doit exister aucun distributeur assez marbré pour lancer du déo à destination du marché chinois.
J'ai cependant entendu dire que l'on trouvait depuis 3 mois des dealers de déo à Shanghai.

Hier, jour de grande chaleur, mon maillot de corps a commencé à tirer sévèrement la tronche.
Les multiples douches assorties de shampooignage de choucroute n'y ont rien fait.
J'ai en conséquence organisé une réunion de crise avec moi-même afin de solutionner cet épineux problème.

Que faire ?
Piquer discrètement le déo d'Amélie ?
Me vider la bombe de Harpic dessus ?
Mamahuhu (bof bof en chinois).
Je me suis donc mis à la recherche d'une échoppe assez barrée pour vendre du déo dans un pays où les gens ne sentent pas mauvais en transpirant.

J'ai fini par trouver une enseigne, plutôt réservée à une population féminine, qui proposait moultes moultes produits de beauté : le Watson (élémentaire mon cher Watson).
Faisant fi de toute inhibition, j'ai poussé la porte de cette échoppe.

Après quelques tours de rayon, je suis enfin tombé sur la bombe magique - la seule du magasin - contenant le Saint Grâal dont toutes les aisselles de mâles rêvent : un déo masculin bien viril.

Le "Vertical Limit" qu'il s'appelle.

Les codes couleurs et la mention 24h semblent indiquer qu'il s'agit d'un produit costaud spécial grosses canicules.

Parfait, voilà ce qu'il me faut.

Cela dit, je n'ai pas trop le choix, je prends le seul modèle en rayon.

Dans la queue pour arriver à la caisse, je darke un peu car je suis entouré de chinoises qui ne doivent pas comprendre pourquoi ça sent le rustaud autour d'elles.
Je cache l'article que j'ai pris soin de sélectionner (parmi aucun autre car encore une fois c'était le seul en rayon), tout en évitant de trop décoller mes bras du long de mon corps.

Une fois arrivé à la caisse, je me fais détrousser de 55 RMB, soit l'équivalent de six DVD, dix CDs, .... Se reporter à l'article le R'n'B pour mieux comprendre combien d'empires on peut bâtir avec cette somme.
Je me décharge donc de ces 55 RMB, et file à l'anglaise.

De retour à la maison, j'ouvre sans ménagement le déo pour m'en badigeonner copieusement.
Horreur ! Avec ce déo sur la couenne je sens la poule à plein nez !

Avec un peu de recul, je pars du principe qu'il vaut mieux sentir la poule que le "vieux pané".
Ce WE, je tenterai une expédition au Carrouf' pour essayer de trouver un truc plus viril.

La morale de cette histoire est que si vous venez me voir, n'hésitez pas à mettre dans vos bagages quelques bidons de déo à côté des bouteilles de rouge.

PS : promis c'est la dernière fois que j'aborde ce sujet :)

mercredi 8 juin 2005

Le R'n'B

En Chine, et particulièrement à Shanghai, le roi du camping c'est le RMB.
Le RMB est la contraction de "Renmin Bi" ce qui signifie "La monnaie du peuple".

C'est le RMB qui dirige le monde,
c'est le RMB qui dirige la terre,
et qu'on le veuille ou non, c'est comme ça on ne peut rien y faire.
"Neg' Marrons - 1996"


Les chinois et le R'n'B

Ici, tout se paie en liquide.
La carte bancaire ne sert qu'à retirer des sioux.
Cela explique le fait que les chinois se baladent souvent avec des liasses de billets dont l'épaisseur dépasse les bornes de l'indécence.
Le plus hallucinant c'est qu'ils n'hésitent pas à sortir leur paquets de biftons pour les recompter en pleine rue.

Je m'explique ces comportement par un rapport à l'argent complètement différent du notre.

1. Public.
En Chine tout est public.
Les chinois sont extrêment curieux et veulent toujours savoir combien nous avons sur notre compte, combien nous payons notre loyer, combien coûte ma game boy...

2. Tabou
L'argent ne semble pas être un sujet tabou en Chine. Je dirais au contraire que c'est plutôt bien vu de gagner de l'argent et même beaucoup.
Je pense que c'est un peu comme aux US, travailler gros et gagner gros choque moins qu'en France.

3. La flambe
A Las Vegas, les plus gros flambeurs sont chinois.
Shanghai est la ville où il se vend le plus de Ferraris au monde. Il n'est pas rare d'apercevoir des Jaguars, des Porsches, des Hummers.
Il y a peu de chinois riches, mais ceux qui le sont, le sont immensement, et n'hésitent pas à le montrer.


Les occidentaux et le R'n'B

Je pense que l'on peut dire sans trop se tromper que le pouvoir d'achat d'un occidental est cinq fois plus élevé ici que chez lui.

Voici quelques exemples de prix :
Un repas = 20 à 30 RMB (2 à 3 euros)
Lecteur de DVD = 300 RMB (30 euros)
DVD = 7 à 25 RMB (0,7 à 2 euros)
Jeu video = 50 RMB (5 euros)
Ordinateur fixe = 3000 RMB (300 euros)
Course de taxi = 15 à 30 RMB (1,5 à 3 euros)
Expresso = 20 RMB (2 euros)
Pizza = 20 à 40 RMB (2 à 4 euros)
Menu Big Mac = 20 RMB (2 euros)
Paquet de cigarettes = 2 à 10 RMB (0,2 à 1 euro)
CD = 2 à 4 RMB (0,2 à 0,4 euros)
Ticket de métro = 2 à 4 RMB (0,2 à 0,4 euros)
ADSL 1 mois = 130 RMB (13 euros)
1 criquet = 5 RMB (0,5 euros)
Verre dans un bar = 50 RMB (5 euros)
1 heure de massage = 50 RMB (5 euros)
Coiffeur = 10 RMB (1 euro)
Canapé chez Ikea = 700 RMB (70 euros)
1 heure de cours de chinois = 40 RMB (4 euros)
1 baguette de pain = 8 RMB (0,8 euros)
1 bouteille de Porto = 170 RMB (17 euros)
1 bouteille de Baijiu = 5 RMB (0,5 euros)
1 camenbert président = 60 RMB (6 euros)

Les produits de consommation courante (pour les chinois) s'achètent à des tarifs très abordables.
Par contre les produits que les chinois n'ont pas l'habitude de consommer (les verres dans les bars, les pizzas, le pain...), sont hors de prix.
D'ailleurs il est assez chic pour un chinois d'aller boire des verres dans des bars occidentaux, de manger des pizzas, de faire du shopping...
Le mode de vie occidental a la côte.

mardi 7 juin 2005

Nouvel appartement

Depuis le 1er juin nous avons emmenagé dans un confortable appartement sur People Square.
People Square est un quartier de Shanghai, et pour le décrire, je dirais que c'est un mélange de Châtelet, New York et Las Vegas.

  • Châtelet parce qu'absolument toutes les lignes de métro de Shanghai se croisent ici. Bon OK, il n'y a que deux lignes de métro.
  • New York parce que ce quartier est fait de tours, et qu'il est largement cosmopolite.
  • Las Vegas car derrière chez nous il y a une rue qui s'appelle Nanjing Lu qui brille de mille néons la nuit venue. Limite, Vegas à côté c'est du pipi de chat.

Nous n'habitons donc plus au 1350 Fuxing Zhong Lu.
J'en profite pour préciser que "Lu = route, rue" en chinois, et qu'apparemment Fuxing Lu veut dire "La rue qui n'en finit plus de recommencer, again and again".
Nous habitons maintenant dans une sorte de rue qui n'est pas vraiment une rue : elle n'a pas de nom.
Je ne connais donc pas notre nouvelle adresse. Pourtant nous avons une boîte aux lettres.
A suivre...

Nous habitons au 13ème étage d'une tour.
Au début c'est flippant de se pencher à la rambarde du balcon pour regarder en bas.
Cela dit, on s'habitue vite, et je pense que d'ici quelques mois je ferai de l'équilibrisme sur le fil à linge de mes voisins en chantant la rirette.

Notre appartement est ultra moderne : prises internet haut débit dans toutes les pièces, climatisation centralisée, trois téléviseurs...!
Il a de plus la particularité de présenter une surface intéressante, ce qui n'est pas négligeable sachant qu'avec nos amis nous sommes fans des parties de cache-cache et de chat perché.
En résumé nous sommes logés comme des ministres.

Les pièces de l'appartement


L'entrée / Salon / Salle à manger
Cette pièce, c'est le brontonsaure de l'appartement. Il est préférable de la traverser en trotinette :)

Fiche technique, et caractéristiques

  • Table de la salle à manger se transforme en table de jeu (tapis vert, portes gobelets, et porte jetons) lorsqu'on la retourne.
  • Spotlights nightclub
  • Fausses plantes qui perdent leurs feuilles en plastique. Merci l'entretien !
  • n+1 paires de pantoufles fourrées livrées avec l'appartement pour recevoir ses amis sans salir ni rayer le parquet
  • Rangements creusés dans les murs et scientifiquement éclairés pour exposer nos trophées en ivoire, bouddhas en or et autres colifichets


Le balcon
Il est d'une taille intéressante.
Pour donner un ordre d'idée, on peut y diner à quatre sans problème.

Fiche technique, et caractéristiques

  • Lavabo (bidet peut être) se trouvant installé à une extrêmité du balcon. Quelle en est l'utilité ? Pffff.... Je ne sais pas
  • Vue démurgique sur la ville by night



La chambre / salle de bain privative
Rien de bien fantastique dans la chambre, si ce n'est qu'elle nous a été livrée avec une salle de bain privative de série, et qu'on peut regarder la TV au lit.

Fiche technique, et caractéristiques

  • Spotlights nightclub
  • Baignoire + Lumières chauffantes (peut être bronzantes...qui sait)
  • Moumoutes et serviettes livrées avec la salle de bain : une salle de bain prête à l'emploi
  • Bouton rouge à presser en cas d'urgence pour appeler le service de sécurité de l'immeuble


La chambre d'amigos

Idem : elle est équipée d'une TV.
Elle me sert accessoirement de bureau et de boudoir lorsque nous ne recevons personne.


La cuisine
C'est une belle mécanique.
Quand je la vois, il me prend des envies d'enfiler une toque et de cuisiner des plats complètement dingos.
C'est aussi le lieu de villégiature de mon criquet.


La deuxième salle de bains
Nous avons une douche immense dans cette pièce.
Si l'on ouvre la fenêtre attenante à la douche, on a une vue assez impressionnante sur le vide.
Attention à ne pas faire tomber un gel douche sur un zoulou se baladant 50 mètres en dessous !


Le pallier
Nous avons un pallier privatif.
C'est ici que me criquet passe la majeure partie de ses nuits : une porte blindée entre ses mandibules et mes oreilles n'est pas trop. Nous pensons aussi placer ici nos fausses plantes vertes dans un avenir très proche :)

vendredi 3 juin 2005

Mon criquet

Dimanche dernier, nous sommes allés visiter la veille ville de Shanghai en compagnie de Gaetan.
Sur le chemin du retour, il a tenu à nous faire visiter le marché aux oiseaux.

Sur ce marché aux oiseaux l'offre rencontre la demande en matière de perruches bilingues anglais/chinois, de pigeons voyageurs, de mini-chiens, et j'en passe...
Mais les chinois viennent surtout dans cet endroit pour acheter et vendre des criquets.
En bref, le marché aux oiseaux, c'est un peu le Wall Street du criquet.

Pour l'anecdote, on y trouve principalement deux sortes de criquets.
Les criquets lutteurs, spécialement dressés pour des combats clandestins, et les criquets chanteurs spécialement dressés pour l'entertainment.

Lorsque les chinois viennent sur ce marché pour faire l'acquisition d'un criquet lutteur, ils mettent un point d'honneur à dénicher la perle rare, à savoir le criquet qui sera la terreur de tous les rings.
Plusieurs stratégies s'offrent à l'acquéreur d'un criquet modèle sport.
La première, de loin la plus courageuse, consiste à choisir son criquet dans le berceau et à l'entraîner à la mano pendant des mois.
La seconde, moins péchue mais plus onéreuse, consiste à faire l'acquisition d'un criquet en pleine force de l'âge, tout en prenant soin d'éviter de choisir une mule apathique.

De la même façon, lorsque l'on choisit son criquet chanteur, il faut savoir faire la différence entre les casseroles et les artistes.

Depuis longtemps nous fantasmons avec Gaetan sur le concept de posséder nos propres criquets.
Ce dimanche, restera gravé dans les tablettes comme le jour où nous avons franchi le pas.

Nous optons pour des criquets artistes.
Ces modèles de criquets peuvent vivre jusqu'à 5 mois si l'on en prend bien soin nous assure la vendeuse.
Il suffit de leur donner un grain de riz bouilli humidifié de temps en temps.
Bien repu le criquet artiste peut chanter plusieurs heures de suite.
Nous voilà repartis du marché avec nos criquets, la tête pleine de belles théories.

Nous n'en restons pas là, et nous convenons de quelques règles simples entre nous :
1. Toujours avoir son criquet sur soi. Si jamais l'un surprend l'autre sans son criquet, il lui doit un pot.
2. Le premier criquet des deux qui se met à chanter fait gagner un pot à son propriétaire.
3. Le premier criquet qui rend l'âme fait perdre un pot à son propriétaire.

La pression est donc maximale entre nous, et dès le premier soir, je traite mon criquet en Prince.
Sur les conseils de la vendeuse, je place donc un grain de riz bouilli dans son écuelle.
L'heure tourne, mais celui-ci, sans doute dans une phase de déprime entame une grève de la faim, et n'oublie pas de rester muet.
J'apprends le lendemain matin que le criquet de Gaetan a vite pris la confiance et qu'il a chanté pendant la nuit.
Kleuk, je viens de perdre un pot.

Lundi, je change de stratégie.
Mon criquet a besoin de vitamines pour l'inspiration.
Je lui donne donc un mini morceau de brugnon.
La journée s'écoule, et pas le moindre son ne sort de sa petite cage.
Pendant ce temps, Gaetan qui a pris la confiance aussi vite que son criquet, me n'oublie pas de me faire remarquer que le sien chante comme en boucle.
Allons bon, me serais-je fait refiler un criquet muet ou timide ?

La schkoumoune s'abat sur moi, et je sors le soir même avec Gaetan dans un restaurant cantonnais en oubliant de prendre mon criquet avec moi.
Et hop ! Deux pots pour ma poire.

Youpi, dans la nuit de lundi à mardi, mon criquet se met enfin à pousser la chansonnette pendant quelques instants avant de se faire sortir sans ménagement de la chambre.
Ce soir là, fin de période de schkoumoune pour moi.
Gaetan en voulant faire sortir son criquet lui fait tomber une mini-planche sur le ciboulot.
Malheureusement pour lui, son criquet rend l'âme dans la nuit, et la course s'arrête pour lui :)

De mon côté, les jours passent et mon criquet (malgré sa petite taille) descend bananes, melons, et tomates cerises par cageots tout en chantant de plus en plus fort, de plus en plus tard, et surtout de plus en plus longtemps.

Je commence à comprendre son mode de pensée, et je comprends aussi que ce qu'il préfère par dessus tout, c'est sortir les amplis 300,000 Watts à 2 ou 3 heures du matin pour chanter à pleins tubes.

Le déplacer dans une autre pièce ne suffit plus, et je suis maintenant obligé de le sortir la nuit venue sur le pallier de l'appartement.