Shanghai

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mardi 31 mai 2005

Silk road - Conclusion

La suite et fin du voyage - autrement dit, le retour en avion sur Shanghai - n'ayant que très peu d'intérêt d'un point de vue narratif, j'ai pris le parti de vous livrer un ensemble de photos insolites.

Cet article se présentera donc comme un rapport d'étonnement du voyage.

La sieste

En Chine, la sieste c'est sacré.
Plus qu'un moment de repos, la sieste semble être un devoir quotidien tant elle est respectée.

Il n'est vraiment pas rare de voir des marchands endormis sur leur tiroir caisse, ou encore des oisifs transformer le siège de leur scooter en matelas bultex.

Le vedette de cette photo est un chinois qui a élu domicile sous une statue de lion pour accomplir son devoir quotidien de sieste.


La position de la crotte

Au même titre que la sieste, la position dite "de la crotte" est monnaie courante en Chine.

Qu'il s'agisse de boire un thé, fumer une cigarette, ou tailler une bavette, nul besoin d'un fauteuil, il suffit juste d'un bonne paire de guitares repliées et ecartées à 90 degrés et hop.


Le marketing en Chine

Je devrais plutôt dire, le MARKETING en Chine.
Loin de moi l'idée de donner ici dans l'énonciation de généralités, cela serait mal venu.

Sur la photo Emilie tient entre ses mains une paire de caleçons.

Afin de bien convaincre l'hypothétique consommateur de cette paire de caleçons, une photo figure en gros sur la pochette. Sur cette photo, on peut apercevoir un mannequin, ou plutôt l'énorme bidon d'un mannequin (un Bier Bauch comme on dit en Allemagne), ayant probablement pour effet de démontrer la robustesse du matériau utilisé pour tisser la pièce.

Ca donne envie d'acheter, non ?


Le confort des hôtels chinois

Dans tous les hôtels que nous avons eu l'occasion de voir (classieux ou pas du tout), le dénominateur commun était la génialissime paire de pantoufles individuelles à usage unique.

Ces pantoufles constituées d'une fine lamelle de mousseline, permettent de traverser des salles de bains parfois bien hostiles, ou de se balader sans complexe sur des moquettes louches.

Notez que les sorties dans la rue avec sont à proscrire !


Le thé aux fleurs

Amateurs de paquerettes à l'âme sensible, abstenez vous de lire cette rubrique :o)

Plus sérieusement, nous avons découvert le thé aux fleurs dans les provinces du Nord de la Chine (le Ninxia et le Gansu).

Absolument tous les restaurants déversent dans les verres de leurs clients de pichets de thé dans lequel trempent des paquerettes.

De retour à Shanghai nous avons trouvé un concept similaire à base de fleurs de rose séchées.


ISO 9001

En Chine, tout est ISO 9001 !

Toute Clinique de chirurgie esthétique, salon de coiffure, ou encore marchand de nouilles qui se respecte est homologué ISO 9001.

Au passage, je me permet de vous faire remarquer que mon article est homologué ISO 9001.


Le sport

La Chine, c'est vraiment un chouette pays pour les sportifs.
Les parcours de santé sont nombreux, et ici pas de discrimination sur l'âge.
Papys, mamies, enfants, peu importe.
Tous veulent viennent se dépenser sans compter sur la machine à courir sur place, sur l'élastique, ou encore sur le pont de singe.

dimanche 29 mai 2005

Silk road - Le 18 mai 2005

Objectif de la journée : explorer l'hostile désert du Tengri

Aujourd'hui fini les chinois déguisés en Mickey, fini le grand huit, et les barbes à papa.

Mercredi c'est "désert du Tengri" !

En réalité, Tengri ne se prononce pas comme cela s'écrit.
Cela fait partie des nombreuses subtilités de la langue chinoise.
Le "ri", se prononce "jeuuu" avec une patate chaude dans la bouche.

Nous avons assez peu d'informations sur ce désert du Tengri...
Tous les guides touristiques que nous avons en notre possession sont formels sur la question et s'accordent à dire que ce désert est une étendue désertique, point à la ligne.
On croit savoir que la grande muraille de Chine passe dans le coin, mais aucune certitude sur ce point.
Impossible d'en savoir plus, nous n'avons donc aucune idée de ce qui nous attend.

Nous partons avec quelques bouteilles d'eau histoire de ne pas avoir à sucer des caillous si nous nous perdons.

Pour accéder au désert du Tengri, il faut d'abord traverser une sorte de fleuve.

Un pont qui se présente à nous, very well, nous l'empruntons.

Quelques mètres avant l'arrivée sur l'autre rive, une barrière équipée d'une pancarte nous se met en travers de notre route, et semble nous expliquer que nous n'avons pas le droit de passer.

Je dis bien "semble", car les caractères chinois écrits en rouge sur blanc ont l'air assez menaçants.

Nous arrêtons des touristes chinois pour leur demander de nous expliquer de qui il en retourne.
Manque de pot, ils sont analphabètes, et ne pigent pas grand chose de plus que nous.

Nous passons donc la marche arrière pour faire le trajet en hors-bord.
Nous expliquons aux loueurs de bâteaux que nous souhaitons passer l'après-midi sur la rive d'en face (donc dans le désert).
Ils semblent de tomber de haut.
J'imagine que les touristes chinois ne doivent pas s'attarder aussi longtemps dans le désert...
Nous parvenons quand même à négocier de nous faire déposer dans le désert pour une durée de quatre heures tout en nous faisant délester de quelques billets.
Peu importe, nous voilà dans le bâteau pour traverser le désert, gilets de sauvetage oranges par la pluie : attention à vos chapeau de cowboys, et vroom !

Surprise ! A l'arrivée du "côté désert" de la rive, nous tombons nez à nez avec le château de la belle au bois dormant avec moultes antennes satellites sur son toit.
Sans doute un milliardaire chinois s'est délesté d'une partie de sa fortune pour faire ériger le château de ses rêves, ou bien s'agit t'il d'un centre de contre espionnage des services secrets chinois....
Nous ne le saurons probablement jamais.

A l'arrivée on nous propose de louer des buggies.
Nous refusons cette proposition malhonnête, et c'est ainsi que commence notre longue marche en direction du morceau de grande muraille de Chine.
"En direction" est un bien grand mot, car nous n'avons aucune @%#! d'idée d'où se trouve celle-ci.


En résumé, nous marchons, marchons, et marchons encore.
Nous montons des dunes, nous en descendons aussi, et à chaque nouveau sommet franchi nous pensons nous rapprocher du saint Graal.
Les nombreux bisous à nos pendentifs bouddha ne font pas vaciller l'aiguille du côté "chance", et nous finissons par nous dire qu'il est temps de rentrer.
Nous nous résignons... Cette muraille a du passer par ici, elle ne repassera pas par là.

Peu importe au final, nous profitons de ce paysage époustouflant qui s'apparente à l'idée que nous avions du désert (si l'on fait abstraction du kiosque chinois jonché en haut d'une dune).

A défaut de rencontrer des scorpions, nous rencontrons un troupeau de chèvres accompagné d'un berger, ainsi que quelques lézards et scarabées inoffensifs.

Nous profitons au passage du fait que le désert est désert pour faire des bonds de géant dans les dunes avant de reprendre le hors bord dans le sens inverse.
On peut résumer la suite et fin de cette journée par la courte phrase suivante : retour en bus à Zhongwei dans notre hôtel de luxe pour une nuit bien méritée.

Conclusion de la journée : nous n'aurons pas vu un seul mirage, le désert ce n'est plus ce que c'était à l'époque de Tintin et les 40 voleurs.

vendredi 27 mai 2005

Silk road - Le 17 mai 2005

Objectif de la journée : Initiation désertique

Ce matin nous filons en direction du désert qui se trouve en bordure de la ville de Zhongwei.

Nous rejoignons en minibus le parc de Shapotou.
Ce parc s'apparente à une sorte de Disneyland chinois pensé et conçu pour une clientèle chinoise.

Nous nous trouvons en dehors de la période des vacances nationales donc nous nous sentons très vite à l'aise et achetons des chapeaux de cowboys texans.
Entre parenthèses, il faut vraiment avoir une schkoumoune à décorner un troupeau de boeufs pour tomber pendant la période de vacances nationales. Celles-ci s'étalent en effet sur deux semaines dans l'année (1 semaine en octobre, et 1 semaine en mai).

Le parc semble regorger de ressources à exploitables pour les grands enfants que nous sommes, nous décidons donc de passer la nuit sur place.

Pour le logement, plusieurs options s'offrent à nous : des yourthes (yahourts cremoso 0% entièrement en béton), ou l'unique hôtel.
Sans trop tergiverser nous optons pour l'hôtel juste au bord du fleuve qui nous sépare du vrai désert.

Le temps de manger la n+1ème (n tendant vers l'infini) soupe épicée du voyage, nous voilà déjà en direction des attractions.

Nous nous jetons sur la première attraction : la tyrolienne !

Le principe est assez simple, il suffit de monter en haut d'une dune, d'enfiler un harnais monté sur des roulettes, et de descendre à fond les melons de l'autre côté du fleuve le long d'un cable en priant pour que le harnais ne pète pas en vol.
L'arrivée est assez sportive.
Inutile de faire un schéma : ce n'est pas une mince affaire d'arrêter un tas de barbaque portant un harnais à roulettes et lancé à pleine vitesse.


Nous rinçons le cornet et passons acheter les accessoires manquants à nos panoplies de beaufs (bouddhas boussoles, et autres pendentifs) avant de filer à la deuxième attraction : le tour en chameau des sables !

Bien évidemment, je me retrouve avec un bidet de chameau.
Mes pieds trainent par terre...
Peu importe, comme le dit le dicton : "L'important ce n'est pas la taille du chameau, mais la façon dont on s'en sert".

Nous enchaînons sur la dernière attraction de la journée, la descente en luge.

Pour le coup, le principe est vraiment débile : une luge équipée + une paire de freins + une pente = une attraction épatante.

En bon texans que nous sommes, nous décidons d'en rester là et nous partons arroser le cornet avant de dîner encore et toujours les mêmes soupes, le même riz sauté, etc...

J'en profite pour préciser que le pékinois qui était enlaissé autour de l'arbre à côté du cuistot le midi même, est toujours présent le soir (et en bonne santé).
Il n'est donc pas dans nos écuelles, tout va bien !

Pour le plaisir, je vous livre un petit bonus : quelques échantillons des panneaux signalitiques affichés dans le parc.

Pour mémoire, le parc a été conçu pour une clientèle chinoise. Cependant quelques efforts ont été fait pour d'éventuels westener tourists (les texans).
Les pancartes ont donc été traduites en anglais, cela dit, il faut parfois de l'imagination pour en saisir le sens.

Be dangerous autrement dit Soyez dangereux !
Grrrr

Love yourself don't pass ce qui donne Aime toi toi même, ne passe pas

Ca me rappelle vaguement la maxime des Antilles : Tue toi toi même à propos du petit punch)

Là on ne voit pas très bien ce qui est écrit sur la pancarte, mais cela dit Don't take a yacht after drinking, soit en français Ne prenez pas le volant de votre yacht après avoir arrosé le cornet.

jeudi 26 mai 2005

Silk road - Le 16 mai 2005

Objectif de la journée : Comprendre comment la ville de Zhongwei est câblée

Nous coupons notre nuit en deux afin de pouvoir profiter du petit déjeuner compris avec la chambre de l'hôtel.
Schéma somme toute assez classique.

A huit heures pétantes nous voilà donc dans le restaurant de l'hôtel prêts à avaler des croissants, pains aux raisins et autres viennoiseries.
Manque de pot, le palace dans lequel nous résidons ne sert que des petits déjeuners chinois : raviolis, soupes épicées, blablabla....
En conséquence, nous repartons nous recoucher sans traîner, pour nous lever à midi.

Nous échouons dans un modeste petit restaurant dont la carte est elle aussi entièrement en chinois.
L'aubergiste nous épargne une lecture difficile de celle-ci en nous proposant de façon cordiale mais insistante de manger du chien.
Nous acceptons sans trop réflechir, et nous voilà deux minutes plus tard avec un toutou en sauce sur la table.


Le plat est assez épicé, donc nous ne sentons aucun goût particulier. Nous avons cependant une certitude, le caniche que nous mangeons ne devait pas être sportif, et devait plutôt être grassouillet. Un bon chienchien à sa mémère en somme.

Nous passons l'après midi dans un temple bouddhique en face de notre hôtel.

A écouter les explications de certains moines, il semble exister plusieurs types de bouddhas.

Chaque bouddha semble avoir des pouvoirs spéciaux. Le chef des bouddhas (de loin le plus connu) est un bon gros bonhomme rondouillard jovial à souhait.

Comble du kitsch, nous découvrons un manoir hanté amménagé dans le sous-sol de ce monument historique.

La journée file à vive allure, et nous choisissons de dîner dans un restaurant qui a la particularité de proposer à ses clients de dîner dans des salles privatives.
Nous prenons place dans une salle - vraisemblablement la meilleure du restaurant - équipée d'une sono et d'une guitare (à quoi cela peut il servir ?).

Rebelote, la carte est en chinois.
Cette fois-ci, je décide de prendre les choses en main, et je consulte avec beaucoup d'assurance la carte en espérant identifier un caractère connu et comestible : viande, ou bien du poisson, ou encore de la crevette... Bref je ne suis pas difficile.
Je parcoure les deux premières pages en entier : impossible de trouver le moindre caractère intelligible correspondant à une chose comestible.
Après quelques secondes de silence, je finis par briser la glace en pointant du doigt un plat au hasard pour demander à partir de quels ingrédients il est constitué.
Là le serveur m'explique que je suis à la page des cigarettes, et du thé : kleuk !
Je finis par commander en mode vocal random : je veux du boeuf, des crevettes, et du riz :)

A chaque nouveau plat, le serveur frappe très poliment à la porte avant d'entrer !
Nous ne manquons pas de commander une bouteille de Baijiu afin de trinquer avec l'aubergiste visiblement très ému de nous recevoir dans son échoppe à tel point qu'il nous offre son paquet de cigarettes et son briquet.

mercredi 25 mai 2005

Silk road - 15 mai 2005

Objectif de la journée : S'occuper dans une ville apparemment sans grandes ressources touristiques

6 heures du matin, nous arrivons dans la petite ville de Lanzhou (enfin petite, petite, elle fait la taille de Paris en nombre d'habitants).
D'après le guide, il ne semble pas y avoir à première vue beaucoup de choses à visiter à part le parc de la pagode blanche.
Je me permet de préciser que le train que l'on doit prendre part à 19h30.
En résumé, nous n'avons plus que 12 heures à patienter.

Nous commençons la journée par un solide petit déjeuner à la mode chinoise dans une petite gargotte.
En Chine, pas de toast, croissant et choco pops pour le petit dèj !
L'autochtone est plutôt friand de raviolis à la vapeur, de soupe, et de riz bouilli version poridge pas sucré...

Nous voilà donc embarqués dans un sino petit déjeuner sans concessions.

Nous terminons la matinée dans un cyber café...
La première fois dans un cyber café chinois est toujours déroutante, dans la mesure où windows est en chinois.
En conséquence, le novice a tendance à cliquer un peu n'importe en s'en remettant à sa bonne étoile.

Des chinois curieux comme la pluie viennent observer discretement par dessus nos épaules comment nous nous en sortons et comment nous nous servons du clavier et de la souris.
Ils semblent également s'intéresser aux sites que l'on regarde.
Cela n'est pas vraiment génant dans la mesure où ils ne doivent pas comprendre grand chose à ce que l'on peut écrire ou consulter.

Un chinois accoutré d'un T-shirt Kurt Cobain finit par venir mettre un terme à la platitude de notre matinée en venant me voir pour me demander poliment qui est le guignol imprimé sur son T-shirt.

Nous partons ensuite au restaurant, et nous atterrissons dans une sorte de 3 étoiles local avec tables tournantes, salles privatives et compagnie.
Bien entendu, la carte est totalement en chinois, et comme le groupe en a ras le bol de riz de manger du poulet à la cacahuète et du riz sauté (les plats dont je maîtrise parfaitement la prononciation en mandarin), nous passons en mode random dans le choix des plats en gardant bien à l'esprit que choisir un plat contenant le signe du poisson peut se terminer par une dégustation de tête de poisson.
Nous faisons fi du danger et commandons tout de même un plat qui semble contenir du poisson.
Oh, surprise !
Le serveur m'apporte un sac plastique contenant le poisson en vie afin que je puisse voir à quoi il ressemble vivant.
Beau bestiau, tope là, j'accepte.

Nous décidons d'un commun accord avec nous même de terminer notre journée au parc de la pagode blanche.
C'est dimanche, du coup les chinois sont de sortie et jouent au Mah Jong dans le parc.

Sur le chemin du retour en traversant un pont, nous nous faisons accoster par une jeune fille chinoise.
Elle nous raconte avec des tremollos dans la voix qu'elle n'a encore jamais vu un seul étranger dans sa ville de Lanzhou.
Elle ne pouvait pas mieux tomber : nous sommes un convoi de six étrangers.
Au fur et à mesure de la conversation, une foule compacte se forme autour de nous, à tel point qu'un policier vient essayer de comprendre ce qui peut réunir autant de badauds sur un si petit pont.


19h30 finit par arriver : heure à laquelle nous devons quitter à regret cette ville étonnante de par la capacité de sa population à nous tripper dessus.
Nous partons donc en train pour arriver à 2 heures du matin à Zhongwei, une autre ville tout aussi étonnante.

Zhongwei est une sorte de village à la chinoise construit au milieu de nulle part.
Pourtant on y trouve un grand nombre d'hôtels 4 étoiles, dont l'utilité semble limitée...
Nos pas nous guident dans un de ces palaces dans lequel nous négocions sans aucune difficulté des chambres à 100 yuans (10 euros). En effet, la période des vacances étant passée, l'hôtel doit être vide. Carnavalch !

Nos chambres se trouvent au 4ème étage, et pourtant au lieu de porter les numéro 421, 415, et 413, elles portent les numéros 8421, 8415, 8413. En chinois, ou plutôt en cantonnais, le 8 signifie "richesse" (carnaval !), alors que le 4 signifie "mort". Moralité, si vous vous trouvez au 4ème étage, ou bien si votre anniversaire est le 4 avril, n'oubliez pas de composer l'indicatif 8, votre vie n'en sera que meilleure.

Silk Road - 14 mai 2005

Objectif de la journée : Faire quelque chose de notre courte journée

Cette journée du 14 mai a commencé à 18 heures du soir en raison de notre nuit pédestre.

Nous en avons profité pour visiter le quartier musulman et la mosquée de Xi'an.

Fort sympathique.

Si l'on fait abstraction de la population asiatique, on peut se croire assez facilement en Arabie !

Pour l'anecdote, nous avons trouvé des Rolex et des stylos Mont Blanc à des prix défiant tout concurrence dans le marché du quartier musulman : drôle d'endroit pour acheter un stylo ou une montre suisse !

Une heure plus tard le temps de repasser chercher les bagages à l'hôtel, de filer à la gare et d'acheter du schlouk( pour le cornet), et nous voilà dans un train de nuit pour aller à Lanzhou.

Dans le train nous nous mettons à l'heure locale en buvant des rasades de thé dans des théières dont la forme est proche de celle d'un bocal à confiture. Nous adoptons également la position typique chinoise (dite "position de la crotte") qui consiste à se tenir assis sur ses guitares en position accroupie.

Un vieux sage chinois un poil à l'ouest passe devant nous cigarette à l'envers.
J'essaie de lui faire comprendre en chinois qu'il risque de fumer un mauvais coton en allumant sa cigarette du côté du filtre.
Rien n'y fait.

Première nuit dans le train, nous dormons comme des lapins.

Parenthèse culturelle (puisque cette journée est d'une platitude assez plate).
En Chine, lorsque l'on prend le train, on peut choisir entre quatres classes pour voyager.

D'un côté il y a les couchettes différenciées en deux catégories : couchettes dures, et couchettes molles.
A l'époque des westerns et des chevaliers, les couchettes dures devaient être vraiment très dures.
De nos jours, celles-ci sont aussi molles que celles des trains de nuit français.
Les couchettes sont livrées avec des couettes bien épaisses, un oreiller de qualité variable, ainsi que d'une serviette de toilette !

De l'autre côté, il y a les places assises : assis dur et assis mou.
C'est le même principe que pour les couchettes, sauf que c'est moins sympa quand le sommeil vient :)

mardi 24 mai 2005

Silk road - 13 mai 2005

Objectif de la journée : Escalader à mains nues la face Nord de la montagne sacrée de Huashan

Nous prenons un car en direction du village de Huashan sans nous douter que nous allions vivre le jour le plus long de notre voyage.

Pas question pour le chauffeur de partir avant d'avoir blindé son car.

Nous nous retrouvons ainsi à côté de sacs poubelles remplis de piments.

Dans la rangée du milieu de petits tabourets sont installés afin d'accueillir des voyageurs : dernier arrivé, dernier servi.

Nous arrivons sains et saufs au village de Huashan, point de départ de l'excursion.

Il est décidé en mode conseil de guerre que nous emprunterons le téléphérique afin de ne pas marcher toute la nuit, et que nous dormirons dans une auberge située non loin du sommet de la montagne afin de pouvoir observer le lever du soleil vers 5h du matin.

Nous partons donc avec entrain à la recherche du téléphérique. Les caissières à l'entrée nous assurent qu'on le trouvera en marchant un peu (enfin c'est ce qu'on croit comprendre).

Au bout d'une heure de marche, nous commençons à nous dire que le téléphérique est bigrement loin, mais nous ne perdons pas espoir et continuons main dans la main en chantant.

Au bout de deux heures de marche, on se dit que ces satanées caissières sont gonflées de ne pas nous avoir prévenu que c'était aussi loin.

Au bout de trois de marche, nous finissons par perdre franchement patience, d'autant que la nuit tombe, qu'il pleut et que ces #%!@!!! de caissières nous ont assuré que le téléphérique était au bout du chemin.

Une auberge finit par se jeter sur notre route.

Enfin quand je dis auberge, je mens un peu.
Disons plutôt une maisonnette au bord du chemin dans laquelle les propriétaires des lieux nous proposent de passer la nuit pour la modique somme de 300 yuans pour nous 6 (30 euros, un peu cher pour ce que c'est).
La nuit sera placée sous le signe d'un retour aux valeurs fondamentales, sachant que dans la chambre commune les lits sont faits de draps recouvrant des planches, que le sol est en terre battue, et que les toilettes se trouvent potentiellement partout dehors !

Nous dînons tranquillement dans cette auberge - au passage, ce n'est pas parce que le propriétaire a l'air pauvre, et qu'il vit dans une maison sans toilettes au milieu de nulle part - qu'il n'est pas équipé d'un lecteur de DVD et d'un téléphone portable.

Nous rencontrons un groupe d'une quarantaine d'étudiants chinois qui nous grignotent le cerveau pour qu'on les suive et que l'on escalade toute la nuit avec eux sans se reposer.
Nous acceptons sur un coup de tête, et nous laissons notre super chambre à qui voudra bien la prendre... A priori personne ce soir là.
Pas le droit de flancher, il nous faut tenir jusqu'au lever du soleil le lendemain matin.

Nous suivons donc nos chinois - gentils commes des pandas - qui se comportent en véritables anges gardiens avec nous.

Moultes pauses, moultes photos, et moultes cigarettes offertes plus tard, nous voilà en haut de la montagne prêts à attendre le lever du soleil.

J'enjolive un peu l'histoire.
Comme le dit si bien Jean Claude Düss dans les bronzés font du ski "Dormir c'est mourir".
En bref nous en avons bavé des bons gros ronds de chapeau à attendre emmitouflés dans de gros manteaux de l'armée chinoise loués sur le chemin un lever de soleil qui n'en pouvait plus de ne pas pointer le bout de son nez.

5h00 du matin, le résultat est à la hauteur.
Nous découvrons un paysage stupéfiant fait de falaises dont la capacité à donner le vertige à un aveugle n'est pas à démontrer.
Finalement ce n'est pas un mal d'avoir effectué la montée dans le noir le plus total.


Comme par miracle nous trouvons sans aucun souci le fameux téléphérique que nous n'avions jamais trouvé la veille.

Bien évidemment, nous l'empruntons sans trop hésiter pour redescendre au village de Huashan.

Au village de Huashan, comme le veut la coutume, nous attendons 1h30 que le bus parte (pas de départ tant qu'il n'est pas plein), et arrivons vers midi à Xi'An (la case départ).
Dans le bus, Greg s'endort sur ses voisins - des papys chinois fumant stoïquement des schloppes de mâle - pendant que Niko physiquement au bout du rouleau se retrouve à côté d'un jeune chinois désireux de converser des sujets profonds tels que la politique, ou encore tels que le pouvoir de boudha en mode confucéen.

Dépouillés par la fatigue, nous nous rendons mécaniquement à notre hôtel de départ afin de louer une chambre à l'heure histoire de se reposer un peu avant de reprendre un train de nuit le soir même.

Conclusion de la journée : ça peut servir à des fins totalement pacifistes de louer ces chambres à l'heure !

lundi 23 mai 2005

Silk road - Le 12 mai 2005

Objectif de la journée : Visiter l'armée des guerriers enterrés

Réveil en fanfare, suivi d'un conseil de guerre. Des têtes tombent, et des décisions sont prises : aujourd'hui ce sera l'armée des douze singes enterrés.

En bons américains que nous sommes, nous nous rendons au Macdo où nous faisons la connaissance d'une mini chinoise (normal elle doit avoir 3-4 ans) avec laquelle nous sympathisons assez rapidement.


Arrivent les parents qui nous demandent de poser avec elle autour de Ronald Macdonald.
On s'exécute sans trop se faire prier.
Ca nous permet au passage de photographier ce petit bout de chou sans demander la permission. Gilles trouve le moyen de faire pleurer l'enfant en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire.

Nous prenons ensuite un petit bus local dans lequel tout mâle chinois de 7 à 77 ans met un point d'honneur à fumer des cigarettes bien tassées.

Au passage le bus se paie le luxe de d'emprunter un passage qui ressemble de façon honteuse à un escalier !

Aux dires de certains, l'armée enterrée, ce n'est pas génial génial, et aux dires d'autres, c'est sensationnel.
Personnellement j'ai trouvé cela plutôt impressionnant, d'autant plus que c'est l'oeuvre d'un roi ou d'un vieil empereur assez marbré (à tel point qu'on l'appelait Papy Brossard) qui avait décidé de se faire enterrer avec des soldats en terre cuite !....
Ca vous la coupe.

Gilles ne manque pas de se faire refourguer une cargaison de figurines représentant les guerriers enterrés et leurs poneys à prix d'usine. Au retour, on retrouve les mêmes soldats chez un épicier à côté de la gare à un prix environ deux fois moins élevé. Comment les épiciers font ils pour faire leur marge ?

On termine l'après-midi par une visite de la ville et de sa muraille. On n'oublie pas de prendre plein de photos de la muraille de Xi'an afin de pouvoir raconter au retour que l'on a vu la grande muraille de Chine. En effet, prononcé rapidement, "Xi'an" ressemble pas mal à "Chine".
Pour accéder en haut de l'édifice, il faut emprunter une sorte d'échelle présentant une pente assez dure en affaires sur une vingtaine de mètres : "Y'a moyen de mourir dans ce coupe gorge" dit Niko.

On dîne ensuite dans un sushi bar avec les plats posés sur de petits rails tournant dans tout le restaurant.
Sushi bar, sushi bof : nous sommes installés côte à côte, ce qui limite les occurences de conversations, et on s'aperçoit rapidement que les personnes installées en amont mangent les meilleurs plats, et qu'il ne reste que les arêtes de poisson à ceux placés en bout de file.

Silk road - 11 mai 2005

Objectif de la journée : Partir à tout prix.

Milouze, Niko, Grec et Legi - des amis de Téléphone Paris - sont venus nous rendre visite afin de découvrir en notre compagnie la Chine de l'intérieur.

La journée s'annonce tendue sachant qu'on nous n'avons ni billets de train, ni billets d'avion, ni même de pousse pousse, et que pour ne rien arranger nous avons roupillé jusqu'à midi.

Nous nous rendons quand même à l'agence de voyage la plus proche en croisant bien fort les doigts des deux mains. Nous y rencontrons John, que l'on appelle aussi Mickael et qui nous invite à le suivre dans une salle de réunion afin de prendre en compte tous les paramètres du voyage : date de début (le soir même), et date de retour (dix jours plus tard).

Quelques minutes plus tard, John (ou Mickael, c'est la même chose) nous dégote n+1 billets d'avion, et 2n billets de train avec n ne tendant pas vers -1.

Une chose est sûre, nous partons le soir même pour Xi'an en avion.

Les billets d'avion en main, il nous reste environ 1h30 pour faire les bagages et prendre le bus.

Chrono à la main on part dévaliser le marché du faux pour s'acheter pantalons, sac à dos, chaussettes, slopes Calvin Klein et compagnie !

Evidemment nous n'oublions pas de fourrer une bouteille de rhum dans notre sac à dos en prévision d'une pénurie d'eau potable.

Lors de l'embarquement, nous apprenons à nos dépens qu'il est formellement interdit d'avoir de l'alcool (y compris lyophilisé) dans ses effets personnels en cabine.
On laisse donc à regret la bouteille de whum à la raie aux porcs. Au passage les contrôleurs nous promettent qu'on pourra venir la rechercher (vide) à notre retour.

Pendant le vol, Gilles qui s'intéresse de très près à tout ce qui touche à la culture chinoise apprend à dire "J'ai la dhiarrée" (la duzi en vrai) en chinois et ne manque pas de répéter cette phrase à qui veut bien l'écouter.
Quelques centaines de "la duzi" plus tard, nous voilà arrivés à Xi'an, sacs à dos sur l'épaule.

On suit une rabatteuse de taxi qui nous propose de nous accompagner en ville. Avant d'arriver à sa voiture, on croise une estafette de gendarmes locaux qui fait fuir la rabatteuse.
On finit par s'apercevoir qu'il y a des bus qui permettent de se rendre en ville pour environ 200 fois moins cher.

Arrivés au centre ville, on accepte de loger dans des chambres qui, selon l'avis objectif du rabatteur qui nous les a louées, sont situées dans le meilleur quartier de la ville. Sur le bout de papier qu'il nous tend, elles ont l'air tellement clean qu'on mangerait volontiers par terre.
Dans la réalité, si l'on fait abstraction du fait qu'il est possible de louer des chambres à l'heure (les chinois très fatigués ont bien le droit de faire une sieste d'une heure ou deux), et qu'on reçoit des coups de fils pour se faire masser en plein milieu de la nuit, l'hôtel est globalement sympa.

Je suis tout de même un peu dur, l'auberge est modeste, pas forcement nickel dans les coins, mais on y dort confortablement.

samedi 21 mai 2005

Le pyjama, la suite

Chose promise, chose due, j'ai emmené mon pyjama en pilou tressé faire un tour en ville.

Certains chinois ont manifesté de l'hilarité, alors que d'autres sont restés pleinement indifférents à mon accoutrement.

Quoiqu'il en soit, j'interprète tous les sourires bonhommes par la jalousie, et je suis prêt à prendre le pari que tous auraient vendu père et mère pour posséder pareil monument de bon goût !

Etape suivante : fini de rigoler, je vais apprendre à jouer aux dominos chinois afin de rentrer en vibration avec l'autochtone.


dimanche 8 mai 2005

Le pyjama

Je ne resiste pas à l'envie de vous montrer ma dernière acquisition.
Comme le titre l'indique, j'ai acheté un pyjama chinois.

En effet, tout chinois "dans le coup" sort faire ses courses ou dîner en ville équipé de son pyjama et de sa théière.

Le pyjama étant l'unique pièce manquante à mon attirail, j'ai décidé de prendre les choses en main..

Remarque : J'ai déjà la théière en forme de bocal à confiture, ainsi que les chaussures de sangoku

Je me suis ainsi rendu au marché afin de trouver un pyjama de bonne facture pour un usage quotidien.

Une fois le pyjama de mes rêves identifié, il a fallu procéder à l'essayage afin de m'assurer de la qualité de la marchandise.

- Keyi shi yi shi ma ? (Puis-je essayer ?)
- Keyi (oui)

C'est ainsi que je me suis retrouvé en caleçon au milieu de moultes chinois hilares. Mais peu importe...

Le pyjama correspondant en tous points à mes attentes, je suis passé sans faire de chichis en phase 2 : la négociation.

La vendeuse, dure en affaires comme pas deux m'a débité un argumentaire irréfutable et a justifié le prix élévé de la marchandise en me faisant remarquer que l'option braguette était présente sur le modèle sélectionné.

Soit.

Next step ?
Le dîner en ville of course :)

samedi 7 mai 2005

Resto japo



Aujourd'hui, visite du grand marché de l'électronique.

Sur la photo, le marché se trouve dans la grosse boule de verre (légèrement à gauche en partant du milieu)

Dans cette caverne de mimi cracra, plein de stands sur quatre étages où l'on peut acheter des clés USB, des ordinateurs, du baijiu en branches (c'était pour voir si vous suiviez), des micros pour faire du karaoké...

Curieusement les règlements en liquide sont les bienvenus :)

J'aurais pu embrayer sans transition sur le fait qu'Hélène (d'Hélène et les garçons d'AB prod.) passait en fond musical et vous expliquer combien c'est une star ici, mais je serais sorti de piste.

Revenons à nos bols de riz : le restaurant japonais du marché de l'électronique.

La procédure est carrée mais expéditive.

1. Nous prenons place autour d'une plaque chauffante équipée d'un cuisinier armé d'une truelle dans chaque main.
2. Prise de commande. Cette phase est toujours délicate car il faut expliquer que nous préfèrons l'option soja en accompagnement plutôt que l'option laitue bouillie.
3. Execution immédiate de la commande par le cuisinier, véritable dieu vivant de la truelle. Ce genre d'homme est capable de dégainer sa truelle et de transformer un cochon en bradwurzt en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire.
4. Dégustation : ça glisse tout seul tant qu'on n'a pas commandé une tête de poisson.

Sinophile

Un nouvel energumène a rejoint aujourd'hui notre boat people du 1350 Fuxing Zhong Lu.

Son prénom ? C'est Julien.

Son plat favori ? Les pattes de poulet sans hésitation !

Son truc ? La contrebande de Baijiu de bonne facture.

Sa compréhension de la Chine ? Il n'a rien contre sortir pour dîner en pyjama chinois, et n'hésite pas à s'adresser à la population en Shanghaien.

mercredi 4 mai 2005

Mes pantoufles



Coming out

Voilà... Il m'arrive de porter des pantoufles nounours.

Cela dit, ce ne sont pas les miennes, je les ai trouvées dans un petit placard de notre appartement.
Sans doute appartiennent elles au propriétaire des lieux....

So what comme on dit dans le milieu ?
Next step : trouver un pyjama chinois pour me balader avec dans les rues de Shanghai.

mardi 3 mai 2005

Fusion acquisition de panda

Aujourd'hui il sera question de Pierre notre colocataire.

Jacky moumoute en privé comme en public, c'est en quelque sorte le tatayet du 1350 Fuxing Zhong Lu.

Fin limier, il apprécie la bonne littérature et Télérama. N'allez pas lui dire que vous avez apprécié Flash ou que vous lisez Télé 7 jours, il vous pendra par les pieds.
Amateur de peintures rupestres, il a fait la guerre du Sichuan.

Arrivé à Piépié par la Chine il y a un peu plus d'un mois, il en a très rapidement saisi les us et coutumes.

Un bac franco allemand en poche (wunderbar !), Pierre est à la recherche d'un poste d'agent immobilier sur Shanghai, et si jamais ce plan venait à tomber à l'eau, il serait éventuellement prêt à examiner des propositions pour des jobs en IT.

Au jour le jour, Pierre n'est pas du genre difficile à vivre.

Sa passion ? Rencontrer des gens et leur fourguer sa carte de visite.

Sa musique favorite ? Le motown.

Il est du signe du singe, mais je le compare volontiers à un panda du Sichuan.

Baijiu par ci, baijiu par là, la nuit venue, il rejoint son confortable panier en osier.

lundi 2 mai 2005

Chouette, du courrier !

Ce matin une lettre en papier de riz nous attendait dans la boîte aux lettres.

Sympa, quelqu'un a pensé à nous.

La lettre est assez cochonne car écrite dans le dialecte local (en chinois quoi).

Peut être avons-nous gagné un voyage à Ningbo, ou one million dollars de yuans, malheureusement nous ne le saurons jamais.

Ainsi s'achève l'épisode de la lettre.

dimanche 1 mai 2005

Le chinois facile en 2h

Tous les expatriés s'accordent sur le point suivant : "Au début, le chinois c'est incompréhensible, tu nages pendant des mois. Un matin tu te réveilles, et tu as tout compris à la vie".

Nous avons choisi de tricher un peu en prenant des leçons particulières avec une chinoise de Chine (Tiffany, parce que Ge Ruiying - son vrai nom - c'est un peu galère à prononcer pour des novices).
Certes dans la biographie cela sera moins clinquant que de raconter qu'on a appris le shanghaien dans un boat people ou le cantonais dans une geôle de la province du GuangXi...

Ainsi, en ce jour de fête du travail 2005, nous avons subi notre premier cours de chinois.

Le chinois est une langue faite de très peu de sonorités.
Or comme il y a autant de mots que dans une autre langue, ces sonorités sont accentuées.
Prenons par exemple le mot "Ma". Selon le contexte et l'accentuation il peut aussi bien signifier mère, chanvre, avoir des fourmis, injurier... en j'en passe ! (Srouce : 10.000 mots usuels - Dictionnaire Chinois-Français).
Bref, tout cela pour dire que l'on peut se retrouver à poil si l'on connaît le mot sans l'accentuation (le ton en vrai) qui va avec.

Ajourd'hui, pour notre première leçon, je m'imaginais déjà discuter de la pensée confucéenne avec notre prof de chinois.
Que nenni, j'ai passé une heure et demi avec elle à ré-apprendre les tons, et donc à prononcer des syllabes ridicules : ma, ba, bu, you, mian, blablabla.

Voici un petit aperçu du cours en images.

Le 2eme ton
Amélie pédale dans la semoule avec ce thon :)
Le ton est montant, cela signifie qu'il faut lever la voix, ou quelque chose dans le style.
Amélie me fait signe en régie que cela se prononce comme si l'on posait une question. Soit....

Le 4eme ton
Notre ton préféré ! (Au saumon, mes préférés !)
Le ton est descendant. Il faut en conséquence baisser la voix, tout en restant ferme sur ses appuis.

Le 1er ton
Le ton plat.
Je ne rafolle pas du ton plat.
Il faut être insignifiant au possible dans la prononciation, et éviter de montrer une quelconque émotion.
Bref, le mot d'ordre avec ce ton, c'est la P-L-A-T-I-T-U-D-E.

Le 3ème ton
Le ton descendant et montant.

Il vaut mieux éviter les mots contenant ce ton :)